OL. cxxi, 4] l'hellénisme en syrie
avec Stratonice comme reine ; il espérait que son fils, qui lui était soumis et fidèle en toutes choses, n'aurait pas d'objections à faire à cette union ; que si la reine répugnait à ce changement extraordinaire, il priait les amis de la persuader que ce qui est juste et beau, c'est ce qui est utile au bien général. »
Telle est la tradition *. Il est bien possible que cette conduite de Séleucos lui ait été dictée en partie par des considérations se rapportant au père de la reine ; il venait justement d'incorporer la Cilicie à son empire, et ce n'est certainement pas sans son aveu que Ptolémée avait occupé Cypre. Ce partage de Tempire ne devait pas en briser l'unité. Pourtant il semble qu'il y ait eu des différences essentielles dans les institutions et ràdministration des deux moitiés : il est remai*quable de voir le grand nombre de villes hellénistiques qui s'élevèrent dans la partie inférieure de l'empire; les différentes provinces, avec des dénominations tirées de la patrie macédonienne, semblaient constituer une sorte de Macédoine asiatique ; la civilisation hellénistique se répandit peut-être plus vite encore et plus profondément en Syrie que dans le pays du Nil, et, avec elle, la prospérité du pays et le culte de l'art et de la science se développèrent davantage et avec une plus grande activité.
Pendant que Tempire des Lagides et celui des Séleucides commençaient ainsi à se fonder solidement et à se développer, le troisième des grands empires, celui de Lysimaque, n'avait pas encore poussé de racines aussi profondes dans le sol qui lui était assigné ; une série de villes helléniques sur la côte, surtout Byzance du côté de l'Europe, Cyzique du côtéde l'Asie, se maintenaient dans une complète indépendance ; la Pentapole de Thrace, entre THaemos et l'embouchure du Danube,
*) Appien {6yr. 54) fait de TEuphrate la limite de partage : cette assertion paraît erronée. D'après Julien {Misopog. p. 348), Antiochos n'aurait épousé sa belle-mère qu'après la mort de son père. Les sources principales à consuU ter pour ce récit, qui ne doit pas venir de Douris, sont, outre Appien et Plutarque, Técrit bizarre de Lucien sur la Déesse syiienne: une foule d'allusions à cette histoire se trouvent dispersées çà et là. Plutarque la donne comme contemporaine de la prise de possession de la Macédoine par Démétrios. Le fils aîné issu de ce mariage, Antiochos II, né vers 292, mourut vers 247 à Tàge de 44 ans (voy. ci-dessous, tome III).