‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 391 sur 457 · DÉMÉTRIOS EN ASIE-MINEURE [IV · texte numérisé non relu

DÉMÉTRIOS EN ASIE-MINEURE [IV

à la Macédoine ; Pyrrhos le reconnaissait comme maître de la Thessalie et des Étals grecs qu'il possédait à ce moment, ainsi que de Salamine, de Munychie et du Pirée ; quant à Athènes, elle était déclarée par les deux rois libre et indépendante.

Quel que soit le jugement que Ton porte sur Démétrios, il faut reconnaître en lui une élasticité do caractère, un besoin d'agir et d'oser que Ton ne retrouve guère dans n'importe quelle autre figure historique. Il sait combien de fois déjà, dans sa vie agitée, il s'est relevé de la chute la plus profonde pour atteindre de nouveau une haute et puissante situation ; peut-être sa bonne étoile viendra-t-elle encore une fois à son secours. A peine a-t-il reconquis une certaine position en Grèce, que, n'ayant plus rien à espérer en Macédoine, il tourne toutes ses pensées vers la grande entreprise qui a causé sa chute ; il veut atteindre l'Asie, où il espère remporter de grands succès. Il faut convenir que les circonstances sont favorables; Lysimaque est encore occupé dans ses nouvelles conquêtes de Macédoine, et déjà une guerre a failli éclater entre Pyrrhos et lui à propos du partage de la Macédoine ; il faut que Lysimaque soit sur ses gardes en face de ce prince ambitieux et intrépide, qui a eu de la peine à se contenter d'une partie du tout ; il n'aura pas le loisir de défendre l'Asie, où règne partout le plus grand mécontentement contre lui, le plus cupide de tous les Diadoques,et où certainement onse souviendra d'un temps meilleur, le temps d'Antigone et Démétrios. Démétrios déteste ce Lysimaque, ce « trésorier », comme il l'appelle, cet homme insignifiant qui ne sait pas même justifier la réputation de brave soldat dont on l'honore, et à qui une chance imméritée jette les fruits des victoires remportées par d'autres.

Démétrios quitta la Grèce avec sa flotte et une armée qui n'était pas sans importance, en y laissant comme commandant son valeureux fils Antigène. Il arriva à Milet, où il trouva Eurydice, la sœur de Phila; elle avait quitté la coût d'Alexandrie, où elle avait assez longtemps supporté d'être * traitée avec peu d'égards par le roi son époux, et pas seulement par lui; elle vivait à Milet avec sa fille Ptolémaïs, qui en 300 avait été fiancée à Démétrios ; il est possible que là ville lui eût été donnée, selon l'usage du temps, en toute pro-

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