‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 392 sur 457 · OL. cxxiii, 1] agathoclès contre démétrios · texte numérisé non relu

OL. cxxiii, 1] agathoclès contre démétrios

priété*. Démétrios, en sa qualité d'ennemi du roi d'Egypte, trouva le meilleur accueil ; il célébra ses noces avec Ptolémaïs*. Delà, il parcourut la Lydie et la Carie; beaucoup de villes se soumirent volontairement, d'autres furent prises de force. Il était évident que le gouvernement de Lysimaque était profondément détesté dans ces régions; plusieurs même de ses stratèges, qui avaient là leurs commandements, passèrent à Démétrios et lui amenèrent de l'or et des troupes : chaque jour voyait croître ses forces. Sardes aussi, la capitale de la Lydie, fut prise '.

Ce n'est que dans le premier moment que l'Asie-Mineurc se trouva sans défense. Lysimaque avait assez de forces pour envoyer en Asie une armée considérable, sous le commandement de son fils Agathoclès. Démétrios n'osa pas marcher au devant de lui; bientôt il ne crut plus être en sûreté en Lydie et en Carie, et il se retira vers la Phrygie. D est difficile de comprendre pourquoi, ayant une flotte qui devait être considérable, il s'éloigna de la côte: il aurait dû, à ce que l'on pourrait penser, renoncer à tout plutôt qu'à la mer; en tout état do cause, il lui serait ainsi resté la vaste mer, un rocher quelque part dans ses eaux et une couple de camarades fidèles avec lesquels il aurait pu mener la vie de corsaire. Mais il se leurrait de plans fantastiques: il voulait s'ouvrir, avec sa petite armée, un chemin jusqu'en Arménie ; de là il espérait révolutionner la Médie, s'établir solidement dans les provinces supérieures, et, en cas de besoin, trouver dans les rochers assez de nids d'aigle qui lui offriraient un refuge assuré. Il négligea de s'occuper des dangers les plus pressants. Il ne pouvait déjà plus choisir le chemin le plus court à travers la Phrygie ; les

*) Pour qu'elle pût accueillir Démétrios, il fallait qu'elle eût le droit de disposer de la ville. Sans doute Ptolémée lui avait fait donation de Milet, genre de libéralité dont on rencontre plusieurs exemples. Mais à quelle époque Milet avait-elle bien pu être au pouvoir du Lagide ? Est-ce qu'après la bataille d'Ipsos Lysimaque n'aurait pris possession du littoral que jusqu'au Latmos ? La ville fut-elle adjugée à l'Egypte plus tard, par le traité passé entre Ptolémée et Démétrios, le traité pour lequel Pyrrhos servit d'otage?

*) C'est de Ptolémaïs que Démétrios eut Démétrios dit le Beau (Pllt. Demetr, 53). '

3) Plut., Dcmetr. 46,

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mouvcmeuls d'Agathoclès le forcèrent à se tourner vers le sud. Arrivé au versant oriental du Tmolos, il pénétra dans Tintérieur du pays, et Agathoclès le suivit de plus en plus près; d'heui*euses escarmouches firent gagner quelque avance à Démétrios, mais Agathoclès couvrit tout le pays d'alentour de ses troupes légères et empêcha complètement son ennemi de fouri'ager. Déjà Tarmée de Démétrios commençait à manquer de subsistances, et le soupçon se répandait parmi les troupes qu'on allait les conduire en Arménie. En proie à une détresse croissante, elles franchirent le Méandre et s'avancèrent vers le Lycos. La proximité de l'ennemi qui les poursuivait les obligeait à se hâter; elles manquèrent le gué: à l'endroit où il fallut passer le fleuve, le courant était très violent et assez profond. Aussitôt Démétrios fit avancer dans le fleuve les cavaliers qui avaient des chevaux grands et forts et les disposa sur quatre rangées pour amortir le courant; à l'abri de cet étrange rempart, qui brisait jusqu'à un certain point la force du courant, il fit passer son infanterie, mais avec de grandes pertes*. L'armée continua sa route, constamment suivie par l'ennemi, au milieu d'une détresse croissante, souffrant de l'humidité et du froid de l'automne, précoce dans ces régipns montagneuses ; la privation persistante d'une noiuriture convenable engendra une cruelle épidémie qui enleva 8000 hommes. Il n'y avait, plus d'espoir d'arriver en Arménie ; il n'était ni possible ni prudent de revenir en arrière, depuis qu'Éphèse, le dernier point de la côte qui tenait encore, avec l'aide du pirate iËnétos, le général de Démétrios, avait été prise en trahison par Lycos, stratège de Lysimaque». Démétrios était sur le versant septentrional du Taurus, où une rencontre avec Agathoclès l'aurait absolument anéanti ; il ne lui restait d'autre ressource que de franchir le Taurus et la frontière de Cilicie. Il marcha en toute hâte sur Tarse en Cilicie ; il aurait bien voulu éviter de fournir

*) Plut., Ikmelr. 46. Poly^x., IV, 7, 12. César indique le même moyen avec son vim fluminis equitatu refrinyere. Dans l'écrit de Lucien intitulé Le Navire ou les SoufuiUsy Samippos trace un plan d'opérations contre TAsie qui parait imité de Fexpédition de Démétrios.

') PoLY.«N., V, 19. Frontin (1(1, 3, 7) cite l'archi-pirate Mandron, et fait remarquer qu'Éphèse était Tentrepôt où les pirates écoulaient leur butin.

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