OL. cxxiii, 2] démétrios et sêlelcos
au roi Séleucos un prétexte à hostilités, et il espérait trouver quelque moyen de sortir de la Cilicie par le nord, mais tous les passages étaient déjà barrés* par Agathoclès. Démétrios était enfermé, son petit corps de troupes dans la plus triste situation, sa position désespérée. Il ne lui restait plus d'autre issue qu^une démarche humiliante auprès de Séleucos; il lui fit dire que la fatalité le poursuivait, qu'il avait tout perdu et qu'il n'avait plus d'espoir que dans la générosité de Séleucos.
Séleucos fut touché sans doute de la triste destinée et des prières d'un homme tombé si bas; il envoya aux stratèges du pays l'ordre de procurer à Démétrios tout ce qui était nécessaire au service royal et de quoi entretenir ses troupes. Mais que faire ensuite? Dans les délibérations qui eurent lieu h ce sujet, Patroclès*, l'un des amis, qui jouissait d'une grande considération auprès du roi, exposa que les frais occasionnés par Démétrios et son armée étaient la moindre des choses, mais que le roi devait faire attention que Démétrios prolongeait de plus en plus son séjour dans le royaume ; que ce prince avait toujours été parmi tous les rois le plus violent et le plus avide de nouveautés, et qu'il était maintenant dans une situation capable de pousser aux résolutions extrêmes même un caractère naturellement pacifique. La prudence exigeait qu'on se préparât à toute éventualité. Séleucos rassembla un corps de troupes considérable et partit à leur tête pour la Cilicie.
Aussitôt que la générosité de Séleucos eut sauvé Démétrios des dangers les plus pressants, ce dernier semble avoir conçu de nouvelles espérances. N'avait-il pas possédé autrefois la Cilicie ? peut-être réussirait-il maintenant à s'y établir et à s'y maintenir* La marche de Séleucos le jeta dans le plus grand trouble: la bienveillance de Séleucos n'avait donc eu pour but que de dissimuler la trahison ; on voulait le cerner et l'enlever. Il se retira sur les points du Taurus les plus faciles à défendre et envoya de nouveau à Séleucos : qu'on lui accorde au moins la liberté de s'éloigner pour aller fonder chez des Barbares lointains un royaume indépendant où il passera tranquillement le reste de ses jours; si Séleucos lui refuse cette liberté,
*) Ce doit être le personnage plusieurs fois mentionne par Strabou.