‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 396 sur 457 · S94 DÉMÉTRIOS SE UEND [IV · texte numérisé non relu

S94 DÉMÉTRIOS SE UEND [IV

dit-il, de suivre plus longtemps ce chef de brigands affamé, lorsqu'ils peuvent entrer au service d un roi opulent, qui possède un royaume et n'a pas à le conquérir; ils doivent bien voir que, s'il avait voulu, ils seraient depuis longtemps domptés ; lui seul les a arrachés à la mort par la famine ; s'il les a épargnés jusqu'ici, ce n'est pas pour Taniour de Démétrios, mais parce qu'il avait espéré voir revenir à la réflexion des hommes aussi vaillants, qu'il désire sauver à tout prix: qu'ils viennent à lui, et ils seront sauvés ». Les soldats poussèrent des cris d'approbation, jetèrent leurs armes et saluèrent Séleucos comme leur ^oi^

C'est à grand'peine que Démétrios, avec un petit nombre d'amis et de compagnons, put se sauver et s'enfuit vers les passages de l'Amanos : caché dans un bois, il attendit la nuit; il voulait de là se réfugier en Carie, à Caunos, où il espérait trouver sa flotte. Lorsqu'il sut qu'il n'y avait pas de vivres même pour un jour, il modifia son plan et se tourna au nord vers le Taurus ; Sosigène, l'un des amis^ ofl'rit au roi les quatre cents pièces d'or qu'il avait encore sur lui ; avec cette somme, on pourrait peut-être parvenir à gagner la mer. On partit avant la fin de la nuit^ en reprenant la direction du sud, pour atteindre le port le plus voisin. Cependant Séleucos, pour empêcher Démétrios de gagner la Syrie, avait fait occuper les monts Âmaniens par un corps considérable sous les ordres de Lysias, avec ordre d'allumer partout des feux sur les contreforts de la montagne*. Lorsque Démétrios aperçut ces feux, il retourna aux lieux qu'il venait de quitter: ce fut une nuit pleine de terreurs ; du petit nombre de compagnons qui l'entouraient encore, plusieurs le quittèrent secrètement, les autres renonçaient à tout espoir. L'un d'eux osa dire qu'il fallait se rendre. Démétrios tira son épée pour le tuer; les amis l'en empêchèrent, le calmèrent, mais lui avouèrent qu'il ne restait pas d'autre issue : il envoya alors quelques amis à Séleucos pour lui annoncer qu'il se rendait à sa discrétion.

Séleucos les accueillit avec bienveillance. « Ce n'est pas, dit-

M Pllt., DeineU\ \9. Poly.en., IV, 9, 3. ») Plut., ibid. Poly*.v., IV, 9, 5.

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