‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 399 sur 457 · OL. cxxHi^ 4] lysIiMaque prend uÉRACLEt · texte numérisé non relu

OL. cxxHi^ 4] lysIiMaque prend uÉRACLEt

Après que Ly3imat[ue fui devenu le maître unique de la Macédoine, il avait tout d'abord commencé une guerre nouvelle contre la Thrace ; nous n'avons pas de détails sur cette guerre * : ensuite il avait marché contre Héraclée. Nous avons déjà mentionné l'assassinat d'Amastris par ses deux (ils Cléarchos et Oxathrès. On dit que Lysimaque trouva ce meurtre si affreux et si abominable qu'il ne crut pas devoir le laisser impuni. Il cacha pourtant soigneusement sa résolution et fit semblant de ne pas enlever à Cléarchos sa vieille et tendre affection: il réussit à lui ôler toute espèce de souci, puis il lui annonça sa visite, prétextant d'avoir à s'entretenir avec lui du bien public. Il fut introduit dans Héraclée; là il parla aux deux frères avec l'autorité d'un père et les fît ensuite mettre à nu)rt, l'un d'abord, l'autre ensuite. Il plaça la ville sous son autorité, pilla les richesses que les tyrans avaient amassées depuis de longues années ; puis il permit aux citoyens d'établir une démocratie comme ils le désiraient. Il retourna ensuite en Thrace 2.

A son retour, Lysimaque ne tarissait pas en racontant de quelle manière admirable Amastris avait administré Héraclée, comment elle avait accru la prospérité de la ville, comment, par la fondation d'Amastris, elle avait ranimé et poussé à une nouvelle activité de vieilles localités en décadence, comme tout était admirable et vraiment royal à Héraclée. Ses louanges irritèrent la reine Arsinoé; elle le pria de lui faire don de la ville. D'abord Lysimaque s'y refusa: c'était, disait-il, un cadeau trop précieux; ne possédait-elle pas déjà la belle Cassan-

*) Jlïstix., XVI, 3, 3. C'est dans cel ordre que^Jusliii énumère les faits : Victor Lysimachus pulso Pyrrho Macedoniam occupaveraty inde Thractw ac deinceps Uei^adeœ hélium intulemt. On arrive à d'autres dates en suivant les indications de Diodore sur la durée des règnes des quatre tvrans d'Héraclée, dont il place le début en 01. CIV, 1, 364/3 (Diodor., XV, 81, 4. XVI, 36, 3 : 88, 5. XX, 77, i). Il leur attribue 76 ans, .et, d'après le témoignage de Memnon, Héraclée avait eu 84 ans de tyrannie à la mort de Lysimaque {été 281). Le régime aurait commencé par conséquent en 365, et les 76 ans de Diodore donnent la date de 289. Néanmoins, il ne faut pas trop faire fond sur le calcul de Diodore, attendu qu'il laisse de côté Satyros, lequel d'après Memnon (c. 2, 5), à détenu la tyrannie pendant sept ans.

-} Memko.n, c. 6.

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dria en Macédoine ? du reste, il avait promis à la ville sa liberté. Mais la reine savait le mener, et elle n'eut de cesse qu'il ne se rendît à ses prières. C'est ainsi qu'Héraclée, avec Amastris et Dion, devint la propriété d'Arsinoé. Elle y envoya le Kyméen Héraclide , pour administrer la ville en son nom: c'était un homme tout dévoué à la reine , très dur et très tyrannique ; il opprima de la façon la plus dure les citoyens, qui avaient commencé à jouir de leur liberté recouvrée, en fit mettre un grand nombre à mort et confisqua leurs biens *.

Le fils aîné de Lysimaquc, à qui revenait l'héritage du trône , était Agathoclès, le même qui avait conduit avecautant de courage que d'habileté la campagne contre Démé trios, un prince noble et chevaleresque, extrêmement aimé à la cour, à l'armée, surtout en Asie-Mineure, où il avait sans doutecommandé pendant plusieui*s années ; on se réjouissait de voir en lui et en ses enfants les héritiers du trône. Seule, Arsinoé voyait tout cela avec envie et amertume. Ses enfants, les enfants d'une fille de roi, devront-ils donc céder la place à ce fils d'une Odryse? Ils vivront donc un jour par la faveur d' Agathoclès et de ses enfants? Elle-même cédera alors son rang à cette Lysandra^ sa belle-sœur, qu'elle méprisait déjà dans la maison paternelle, et elle devra se contenter de ces maigres douaires d'Héraclée et de Cassandria? Ses enfants approchaient de la majorité; il était temps d'agir, si elle voulait leur assurer le trône de Thrace. Peut-être s'est-il passé dans son âme quelque drame plus intime encore. Agathoclès était beau et chevaleresque; de quoi servait à la reine de partager la couche d'un vieillard ? Lysandra était la plus heureuse. On se racontait que la reine avait cherché à faire la conquête du jeune prince, mais ce der» nier aimait son épouse ; il se déroba à la faveur équivoque de sa belle-mère et se détourna d'elle avec dédain. Arsinoé ne respira plus que vengeance. Le fugitif Ptolémée Céraunos étant venu a Lysimachia, elle forgea des plans avec lui. Elle commença par circonvenir Lysimaque : elle ne pouvait, disait-elle, assez le remercier d'avoir voulu lui donner dans lléraclée un asile dont elle aurait grand besoin bientôt. Elle

') Memnon, c. 7, 3.

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