OL. cxxiv, 1| mokt d'agatuoclès
sentcndit à pousser au comble les inquiétudes el les soupçons du vieillard. Le tremblement de terre qui venait de détruire presque la capitale n'était-il pas un signe trop clair du ciel? Il serait bien douloureusement affecté d'apprendre qu'il avait assez vécu au gré de quelqu'un qu'il aimait plus que qui que ce fût au monde : on vivait dans un temps de forfaits abominables ! Enfin, elle prononça le nom d'Agathoclès et s*en référa au témoignage de Ptolémée, qui méritait certainement d*ètre cru, puisque l'épouse d'Agathoclès était sa sœur légitime : ce dernier, inquiet pour la vie de son noble protecteur, lui avait tout révélé à elle. Le roi crut à la calomnie ; il s'empressa de prévenir un crime dont Agathoclës n'aurait pas été capable. Le fils pressentait les intrigues delà reine ; lorsqu'on lui présenta à la table de son père des mets empoisonnés^ il prit du contre-poison et sauva sa vie. Il fut alors jeté en prison ; Ptolémée se chargea de l'assassiner'.
A présent, Lysimaque devait se sentir en sécurité. Du moins, comme s'il n'avait plus rien à craindre, il osa tous les crimes et toutes les violences pour agrandir son domaine. C'est dans ce temps que dut mourir Audoléon, le vieux prince des Péoniens, peut-être dans une insurrection que doit avoir provoquée un membre de sa famille. Lysimaque ramena le fils d' Audoléon, le jeune Ariston, dans l'héritage paternel, comme s'il avait tenu à la faveur des Péoniens. Mais lorsqu'aprës le sacre, qui consistait dans un bain dans le fleuve Astacos, on se fut assis au festin royal, sur un signe de Lysimaque, on vit paraître des hommes armés pour assassiner le jeune prince : celui-ci réussit à grand' peine à sortir et à s'élancer sur un cheval ; il se réfugia sur le territoire voisin, chez les Dardaniens^. Lysimaque occupa le pays; un des
') D'après le témoignage exprès de Memnon, c'est bien Plolémée Céraunos qui fut le meurtrier. Ses relations avec Arsinoé, bien qu'elle fût la propre sœur de Philadelphe, sont confirmées par le fait qu'il l'épousa plus tard (MsyNON, c. 14, 1). Lucien (Icaromen, 15) affirme qu'Agatboclès était en rapports avec Séleucos, et avait eu dessein de détrôner son père.
*) Le décret honorifique inséré dans le C* L Attic, II, no 314 montre qu'Audoléon était encore au pouvoir dans le mois Boédromion de l'archonlat d'Euthios, que l'on fait correspondre avec une certitude suffisante à 01. CXXIV, 1 (284/3). Polyœnos (IV, 12, 3), qui est seul à parler de févéne-
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fidèles d'Audoléon lui montra, dans le fleuve Sargentios, Tendroit où lui-même il avait immergé les trésors du roi \ Ces agrandissements de territoire, ces trésors et les décrels de gratitude et d'honneur que les Athéniens ne cessaient de rendre en sa faveur *, durent donner au vieux roi Ja confiance que tout allait bien.
Mais la fin d'Agathoclès avait fait dans le pays et au loin une profonde impression. Alexandre, le frère de la victime, sa veuve avec ses enfants s'enfuirent en Asie auprès de Séleucos ; la désapprobation générale de cet acte horrible éclata tout haut. Lysimaque chercha, par les mesures les plus sévères, à maîtriser Topinion ; beaucoup des amis d'Agathoclès furent arrêtés et exécutés. Il ne fut pas si facile de faire taire les stratèges et les troupes en Asie-Mineure ; beaucoup passèrent à Séleucos ; Philélaeros de Tios, qui avait à Pergame la garde du Trésor royal, un des plus fidèles partisans d'Agathoclès, se détacha de Lysimaque, envoya un héraut à Séleucos et se rendit à lui avec le Trésor de 9,000 talents. Lysimaque n'avait sans doute pas prévu de telles conséquences ; alors lui vinrent les preuves convaincantes qu'Agathoclès avait été complètement innocent : il n'en vit qu'avec plus d'inquiétudes les orages qui commençaient à gronder autour de lui. Il avait donné assez de motifs de plaintes à la cour de
ment rapporté ci-dessus, dit : 'ApîaTwva tôv AvîoXéovro; irpbç llaiovacèn'iTtiv icaTpcdttv paviXEiav xaTfjysv, iva^vwpiaavTE; to paaiXtxbv (utpàxiov itpoffoîvro 91X0çp6vw; avT/jv. Si tout était en ordre dans le pays des Péoniens, on n'avait pas besoin de l'intervention de Lysimaque pour introniser Théritier légitime. Peut-être ce jeune Ariston porte-il le nom de celui qui commandait les Péoniens dans Tannée d'Alexandre; ce pouvait être son neveu ou petitneveu.
*) DiODOR., XXI, 13 (passage extrait de Tzelzès). Le confident d'Audoléon s'appelle Xermodigestos, un nom intéressant au point de vue linguistique.
*) Tel est, par exemple, le décret en l'honneur d'un persoîinage èiiiii<rc£i xa\ çtXîa (ov xoO padiXéco; Avaifjisxou (G. I. Attic, II, n« 319) ; un autre {itid. no 320), en l'honneur de Bithys de Lysimachia, plus quelques passages du décret en l'honneur de Philippide {ibid, n<»314). U s'agit généralement de dons en argent, et l'on sait, du reste, que l'État athénien gérait alors ses finances avec beaucoup de prévoyance el d'économie. Dans le décret vot»'^ pour honorer la mémoire de Démocharès, un le loue : w; xaxy,>.0£v sni Aiox/io; ap/ovTo; Onb xoO ôrj|ioy dyaxsîXavTt ty|V oiotxy;<Tiv TiptôxM xxi çîtffajJilvw twv vnxp»- /ôvxoiv etc.