LA GUERRE SUR MER [I
décidé d'armer 40 vaisseaux à quatre rangs de rames et 200 trirèmes, tandis que Clitos ne pouvait alors mettre en mer que 110 b&timents. Même en distrayant de ces 240 navires un nombre considérable de vaisseaux pour protéger la côte et les ports athéniens, la flotte active eût été bien supérieure encore à celle des ennemis , si Ton avait mis toute la diligence nécessaire aux armements. Qu*Antipater, retiré à Lamia quand la défection de la Thessalie était déjà consommée, ait pu faire ses approvisionnements de vivres et de matériel par Phalara et la mer, cela prouve que la flotte athénienne n'avait pas encore commencé son action en août, ni même en septembre. D'autre part, si la flotte macédonienne, qui au début de la guerre n'é~ tait que de 110 vaisseaux, s'est élevée à 240, les renforts n'ont pu lui arriver que de Cypre, de la Phénicie et de la Cilicie. Du reste, Alexandre lui-même, peu de temps avant sa mort, en apprenant que la Grèce commençait à remuer, avait donné Tordre de tenir tout prêts 1,000 vaisseaux de guerre*.
A Athènes aussi on devait savoir que Clitos attendait ces renforts importants. Cette considération explique pourquoi Ton mit à la mer un nombre si considérable de vaisseaux, pour écraser Qitos avant qu'il n'eût reçu ses renforts, ou du moins pour barrer le passage à la flotte auxiliaire et l'arrêter aussi loin que possible à Test. On pouvait peut-être espérer dans ce cas que les Rhodiens, qui avaient déjà chassé de chez eux leur garnison macédonienne, réuniraient leurs vaisseaux à ceux des Athéniens.
Depuis que Lamia étroitement assiégée était coupée du port de Phalara, la flotte macédonienne n'avait plus rien à faire dans les eaux étroites du golfe Maliaque ; eUe n'aurait doîic eu aucun motif de livrer deux batailles navales, comme on veut le faire dire à Diodore, si même deux victoires complètes n'avaient dû apporter aucun soulagement à l'armée de Lamia. Le navarque Clitos devait avant tout rallier ces ren-
*) En tout cas, Léonnatos n*a pas dû avoir de flotte sérieuse à sa disposition. Quod cum nuncialum Alexandro erat, mille naves longas sociis imperari prxceperat, quibus in ocddente hélium gereret excursurusqtie cum valida manu fuerat ad Athenas delendas (JusTiif., XIII, 5, 7). II y a bien quelque exagération dans ce renseignement.