OL. cxiv, 2] bataille navale d'amorgos
forts expédiés d'Asie, afin d'opérer, en débarquant sur les côtes des ennemis, dos diversions qui rappelleraient leur armée de terre, ou du moins d*empècher par des démonstrations énergiques que les alliés rentrés dans leur foyers pour Thiver^ les Etoliens, par exemple, ne retournassent à Tarmée fédérale en .Thessalie.
Ici se place une anecdote, dont Plutarque parle à plusieurs reprises et d'où Ton peut, ce semble, tirer quelque renseignement. Clitos, dit-il, après avoir détruit à Amorgos deux ou trois vaisseaux helléniques, s'était fait appeler Poséidon et avait pris le trident ^ Il dit encore, à propos de cette bataille navale, qu'à Athènes on se promettait un brillant succès ; qu'un beau jour Stratoclès avait traversé en toute h&te le Céramique, une couronne sur la tète, annonçant que la flotte athénienne avait remporté une grande victoire, et demandant en conséquence qu'on offrit des actions de gr&ces aux dieux et un repas au peuple. Au milieu du banquet, pendant que les citoyens s'abandonnaient à la joie, les débris de la flotte vaincue rentraient au Pirée. Comme les Athéniens voulaient rendre Stratoclès responsable de leur déception, il eut l'impudence de répondre : £h bien ! qu'ai-je fait de mal en vous tenant en joie pendant trois jours'?
Peut-être faut-il voir une conséquence immédiate de cette défaite dans l'incident que Plutarque raconte dans la Vie de Phodony après la nomination d' Antiphilos comme successeur de Léosthène et avant la bataille livrée par Léonnatos en
*) [Plut.] De fort. Alex. y II, 5. Clitos livra une seconde bataille navale en 318» mais dans d'autres parages, et il y fut vaincu et tué. Entre les Cyclades et les Sporades, il y a un large bras de mer non obstrué, route naturelle des navires qui vont de Rhodes à la cdte de TAttique ; c'est sur le bord occidental de cette voie que se trouve Âmorgos, la plus avancée des Cyclades au S.-E.
') Plut., Prœc. reip. gei\ 3. Demosth, 11. A cette bataille, la flotte athénienne était commandée par Ëuétion ; c'est ce qui résulte d'un décret rendu en 302/1 en Thonneur de deux métèques domiciliés à Athènes :... xa\ iià ToO *£XXr,vixoO ico)i|&ov» el; tàç vaO; [tac] iut* EOsItîJwvoç cxicXeuaàaaç etc T« Trjv nptaxriy 8iiî6ja<nv xaXtbc xai çiXortfuo; avv8ii6|uXT^0r,ff[av hntaç] àv cxnXeuffcDatv, xa\ nâXtv ành xr^ç wayj^aLxiioLÇ xaTaJitXtuaaaôv tûv vc&vtyjc... X...
TTjc êç«... (C. I. Attjc, II, n» 270). Plutarque aussi {Phoc. 23) appelle la guerre dite Lamiaque tov 'EXXyjvixov 7t6Xe(Aov.
64 DÉBARQUEMENT A RHAMNONTE [I, 2
Thcssalic. Des vaisseaux macédoniens se seraient montrés à Rhamnonte ; une troupe considérable de Macédoniens et de mercenaires aurait débarqué sous la conduite de Micion, et, poussant au loin ses incursions dévastatrices, aurait ravagé toute la Paralia. Le narrateur retrace avec les couleurs les plus vives l'effet produit à Athènes par cette surprise. Les Athéniens s'attroupent sur la place publique ; chacun donne son avis, Tun, qu'il faut occuper les hauteurs, l'autre, qu'il faut lancer la cavalerie sur le flanc de l'ennemi, si bien que Phocion s'écrie : « Par Héraclès ! combien voilà de stratèges et peu de soldats ! » Il finit par réunir une troupe d'hoplites et marche à leur tête contre l'ennemi : mais à peine les a-t-il rangés en ligne que chacun se lance en avant, l'un plus vite que l'autre, comme s'il allait à lui seul chasser l'ennemi; puis, voyant que l'affaire devient sérieuse, chacun regagne son rang en toute hâte, méritant les reproches amers du stratège qui leur disait : « Vous avez abandonné deux fois votre poste, celui que votre stratège vous avait donné, celui que vous aviez pris vous-mêmes ». Malgré cela, le vieux et brave général réussit à battre les Macédoniens. Beaucoup fm*ent tués, parmi eux Micion * .
A la nouvelle de la défaite d'Amorgos, lapartiede la flotte destinée à protéger la côte de TAttique s'est sans doute concentrée rapidement devant Munychie et le Pirée, pour recueillir les débris de l'Armada vaincue et couvrir les ports. U est probable que Clitos, en les voyant garantis de la sorte, après la tentative infructueuse sur Rhamnonte, n'en fit pas une seconde et se porta du côté où il pouvait rendre le plus de services pour
*) Plut., Phocion, 25. Imméclialement avant, entre l'élection d'Antiphilos et les événements de Rhamnonte, Plutarque rapporte que les Athéniens avaient voulu entreprendre une campagne contre les Béotiens; que Phocion 8*y était opposé, et que, comme toutes ses remontrances n'aboutissaient à rien, il avait ordonné à tous les hommes valides, jusqu'à Tàge de 60 ans, de se pourvoir de vivres pour cinq jours, afin de marcher sur la Béotie. Comme les vieux se lamentaient d'être obligés de partir, il leur avait répondu que, malgré ses 80 ans, il irait avec eux; mais le peuple avait décidé alors d'abandonner ce projet, Polyœnos (IIÎ, 12, 2) raconte la même chose. On pourrait conjecturer que cette expédition en Béotie avait été proposée comme riposte à la marche en avant de Léonnatos.