‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 401 sur 457 · ôL. cxxiv, \] lysimaque et l'égypte · texte numérisé non relu

ôL. cxxiv, \] lysimaque et l'égypte

Syrie; qu'arriverail-il si maintenant Séleucos allart franchir le Taurus et demander satisfaction ? La cour des Lagides avait reçu aussi une insulte : la veuve du prince assassiné était la sœur du jeune roi Ptolémée, et ce dernier ne pouvait voir dun œil tranquille que Céraunos, à qui la couronne d'Egypte avait été arrachée à son profit, prit une si grande influence à la cour de Thracc. Lysimaque avait à craindre que Séleucos et Ptolémée ne se liguassent contre lui, et Agathoclès, qui aurait combattu pour lui, n'était plus. Il fallait au moins prévenir l'alliance des deux rois. Lysimaque se hâta d'envoyer au jeune roi Ptolémée sa fille Arsinoé, dont on avait demandé la main à Alexandrie ; Ptolémée aura vu dans ce fait la garantie que son frère consanguin, qui n'avait nullement renoncé à la pensée de devenir le maître de l'Egypte, avait perdu son influence redoutée sur la cour de Thrace.

Céraunos n'avait plus de raison de prolonger son séjour à Lysimachia ; lui aussi s'enfuit, maintenant que la Thrace était devenue à peu près l'alliée de l'Egypte, auprès de celui contre lequel celte alliance était dirigée, auprès de Séleucos*. Celui-ci l'accueillit amicalement, comme étant le fils d'un ami et la victime d'une grave injustice; Séleucos lui promit d'avoir soin, après la mort de son père, qu'il recouvrât le royaume auquel seul il avait droit ^ Lysandra et Alexandre pressaient aussi le roi de commencer la guerre contre Lysimaque; il a pu venir aussi de l'Asie-Mineure de nombreuses prières dans le même sens. Mais le vieux Ptolémée vivait encore : Séleucos semble avoir ajourné encore, par égard pour lui, le commencement des hostilités contre la Thrace.

L'histoire de la guerre qui va suivre est extrêmement obscure. On dit que Lysimaque, à la nouvelle des révoltes survenues en Asie-Mineure, chercha à prendre les devants, qu'il passa en Asie avec une armée et commença les hostilités^;

*) Ttapà Ay<jt{jni-/o^ irap* «utov Çcuvoiv (Paijîan., Î, 10, 2). Vt) autre passage de Pausanias (I, 10, 4) : ot TzipiiWo'v toOtosc riToXspiatov xoLTOLf^vjyo'joij est corrompu. Cf. Pausan., X, 19, 7. Corn. Nep., De regihus, 3.

') Memnon., c. 8, 1. — ofa çîXou iraîoa aTU'/oOvTa OTteSiÇato xa\ jfçspSs (Ap« PIAN., Syr. 62).

') TaOxa iiavta TiuvOavôpiEvoî ëçOrj SiaSà; eU ^V 'A<yi'av xai a&Ça; avTôî «oXsjiou (Palsan , I, 10, 5).

610 SÉLEUCOS S EMPAIIE DE L ASÏE-MINEURE [IV, 2

il tenta certainement de reconquérir les villes et les pays qui avaient fait défection. Nous ne trouvons nulle part d'indication sur Tépoque où Séleucos prit pari à la lutte, ni sur la manière dont il le lit; ce n'est qu'après la morl de Ptolémée Soter, en 283, qu'il semble s'être mis en campagne, avec une armée composée d'Asiatiques et de Macédoniens et un grand nombre d'éléphants. La conquêle de TAsie-Mineure dut lui être assez facile ; il semble presque que Lysimaque, forcé par des insurrections sur sa droite et sur sa gauche, recula devant Séleucos jusqu'à l'Hellespont sans oser livrer bataille. D'un autre côté, Séleucos ne semble pas avoir pris le chemin le plus court pour trouver Lysimaque; il dut parcourir lentement l'Asie-Mineure pour en prendre possession, afin de disputer ensuite à Lysimaque non plus l'Asie-Mineure, mais son royaume d'Europe. Au cours de cette expédition, Séleucos vint aussi à Sardes : Théodotos, qui avait été placé là par le roi de Thrace à la garde du Trésor, tint contre Séleucos dans la citadelle; le roi mit sa tête à prix pour cent talents, et làdessus, Théodotos, pour les gagner lui-même, ouvrit les portes de la citadelle ^ Les villes et iles grecques du littoral, mécontentes du gouvernement de Lysimaque, semblent s'être unies à Séleucos*; partout, dans les villes, le parti des « Séleucisants' » avait la prépondérance : Lysimaque recula jusque dans la Phrygie d'Hellespont. C'est dans la « plaine de Coros » * que les deux rois se rencontrèrent pour la bataille décisive. La défaite de Lysimaque fut complète ; il tomba lui-même sous

') C'est ainsi que les Lemniens (o\ èv At,(xvw xxtotxoOvte; 'AÔYjvatwv, Phy- LARCii., Xr.I, ap. ÂTHBN., VI, p. 255) passent du côlé de Séleucos, comme icixpû; em<rrxTou{&cvot 'jnh Auaijjiaxoy. Il n'est plus possible de savoir à quel moment Lysimaque avait occupé l'île (et probablement aussi Imbros), si c'est en 301, ou par suite de quelque circonstance survenue plus tard.

*) StXeuxîCovxe; (Poly^n., VIIÏ, 57). C'est à cette époque qu'il faut apporter aussi, ce semble, le passage où Polyœnos (VI, 12) raconte comment Alexandre, le fils de Lysimaque, se glisse avec quelques compagnons dans la ville phrygienne de Cotiason, et se donne ensuite à connaître, w; èici

<r(i>ry)pia ttjc ic6Xe(i>; rjxev.

*) tv TTi «cp\ Képou iie5{ov ptat'/ri (PoRPH.ap. EusEB., I, p. 23 éd. Schœne). Appien (Syr, 62) dit: «epV ^puyîav tt|v £9* 'EXXYjffrtôvTwwoXcjiwv. [A. Heinbicii (Zeitschr.f, dsterr. Gymnas. XXXIV [1883] p. iOl-405), identifie K6poy ircôtov avec la « plaine de Cyrus », près de Sardes (Sthaii., XIII, pp. 620. 629), où Cyrus défit les Lydiens, région limitrophe de la Phrygie. Note du Trad.]

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