‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 407 sur 457 · AREUS CONTRE LES ÉTOLIENS [IV · texte numérisé non relu

AREUS CONTRE LES ÉTOLIENS [IV

neurs furent décernés aux vaillants éphfebesqui avaient gardé pendant l'année précédente le poste important du Musée, ainsi qu'à leurs officiers * : il était visible que Topinion s'échauffait à Athènes. C'est à ce moment qu'Areus, roi des Spartiates, se mit en campagne avec une armée assez considérable. Il en voulait aux Étoliens, les alliés d'Antigone; un arrêt des Amphictyons contre les Étoliens, qui s'étaient emparés par force du territoire sacré de Cirrha et l'avaient profané par la culture*, était le prétexte de cette guerre. Areus marcha contre Cirrha, détruisit les semailles, pilla la ville, brûla ce qu'il ne pouvait emporter. Lorsque les bergers de la montagne virent cette exécution, ils se rassemblèrent au nombre d'environ 500, tombèrent sur les ennemis dispersés, qui, ne connaissant pas le nombre des assaillants et saisis d'effroi parce que la fumée qui montait autour d'eux dans les airs les empêchait de voir au loin, commencèrent à fuir: 9,000, dit-on, furent massacrés, les autres dispersés. Lorsque, après cette étrange défaite^, les Spartiates firent un appel pour recommencer la guerre, beaucoup de villes refusèrent leur concours, persuadés que les Spartiates avaient pour but non la liberté de la Grèce, mais l'extension de leur puissance. Toute cette entreprise qui, dans l'état des choses, aurait pu avoir du succès, échoua par l'inintelligence de cet orgueilleux roi Spartiate, qui étalait sa magnificence et tenait une cour comme les puissants monarques de nom macédonien. Quelque lourde que semblât l'oppression aux tenants de la liberté, qui voyaient les créatures d'Antigone dominer dans leurs cités sous le nom d'administrateurs, phrourarques, tyrans, les oligarques de Sparte ne surent pas exciter leur enthousiasme; au lieu d'obtenir l'alliance des Étoliens, fût-ce au prix de quelques sacrifices, ils attaquèrent la Ligue, qui, à partir de cette époque, ne cessa d'être l'ennemie du Péloponnèse.

^) CI. Attic, II, n* 316. Le document est daté de l'archontat deNicias d'Otryne, qui doit correspondre, suivant le calcul de Dittenberqer, à 01. CXXIV, 3 (282/1).

*) Justin (XXIV, 1, 4), qui est seul à raconter cette expédition, parle des Étoliens; mais il est évident qu'il veut dire les Locriens Ozoles habitant la région.

') Cette absurdité se trouve dans Justin (XXIV, 1, 6), qui a dû la prendre non plus dans Douris, mais dans un auteur encore moins consciencieux.

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