‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 411 sur 457 · INVASION DES CELTES [IV · texte numérisé non relu

INVASION DES CELTES [IV

truction de la prospérité primitive de l'Italie. Au bout des dix premières aonées de Tépoque des Diadoques, les tribus orientales des Celtes semblent être revenues à leur agitation; poussés par elles, paraît-il, les Autariates abandonnèrent leur territoire, qui avait appartenu autrefois aux Triballes, sur la Morava, et Cassandre les établit dans les monts Orbélos*. Mais lorsqu'on Italie, après de longues luttes, les Sennones et lesBoïens eurent été défaits par les Romains dans une grande bataille en 284 et dans une seconde Tannée suivante, comme la puissance de ces derniers et leurs établissements s'avançaient irrésistiblement au-delà de l'Apennin jusqu'à l'Adriatique, des masses de plus en plus compactes paraissent avoir quitté l'Italie et s'être déversées dans les régions illyriennes. Les principautés d'Illyrie et de Thrace, les Autariates, Dardaniens et Triballes au premier rang, derrière eux les Péoniens, les Agrianes et les Gètes, ne furent pas assez fortes pour arrêter l'inondation ; un afflux venu des pays parcourus et dévastés ne fit qu'augmenter la violence de cet effroyable déluge, La rapide décadence du royaume de Macédoine après le Poliorcète, les guerres de Pyrrhos, d'Antigone, deLysiniaquepour sa possession, les luttes de Lysimaque d'abord contre les Gètes, ensuite contre Séleucos, la terrible fin de ce dernier, ébranlèrent complètement le boulevard qui défendait lé monde hellénique et hellénistique contre les Barbares du Nord.

Les Celtes n'ont sans doute pas tardé à connaître cet état de choses. Leur première grande expédition de brigandage fut dirigée, non pas vers le sud, dans le royaume de Pyrrhos',

') Cassandre aussi a combattu contre les Celtes: c'est ce qui résulte d'un témoignage de Théophraste recueilli par Sénèque (Quœst, nat, III, i*)' fuit aliquando aquarum inops HxmuSy sed cum Gallorum gens a Cassandro obscssa in illum se contulisset et sUvas cecidisset, ingens aquarum copia ap|W' mit. Pline (XXXI, § 30) donne le même renseignement, et il y ajoute: cw» valu gratia sikas eecidisset. Ce n'est pas dans le domaine de Lysimaque que Cassandre a dû guerroyer contre les Celtes. D'après Hérodote (IV, 49), [6 Cios (Isker), descendant du Rhodope, fait brèche dans l'Hœmos ; c'est jusqua cet endroit probablement (environs de Sofia) que s'étendait le territoire des Agrianes, qui en politique étaient du côté de la Macédoine.

*) Justin (XXIV, 4) dit : tantum Gallici nominis terror, uletiam regesnon laccssiti ullro pacem ingenti pcr.unia mercarenlur. Ceci paraît s'appliq^^^ aux petits princes, par exemple au prince illyrien (Bardylis ?), au Dardanien Monounios, au Gète Dromichaîtès.

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mais vers l'est, contre la Thracc. Cambaulës enti*a dans la vallée de THèbre ; mais là il apprit combien les Grecs étaient forts et puissants, et, comme ses bandes n'étaient pas assez nombreuses, il n'osa pas pénétrer plus loin *.

Crest alors que commença ce temps d'épouvantable confusion, la lutte de Céraunos contre Antigonc et contre Antiochos, la levée de boucliers d'Areus de Sparte, le passage de PyiThos en Italie; mais ce qui dut agir davantage encore, ce sont les récits de ceux qui étaient partis avec Cambaulès : c'était merveille de voir la richesse de ces pays des Grecs, des oruenients d'or dans les temples, de riches mobiliers dans les maisons privées, de belles femmes partout. Un peuple innombrable accourut pour de nouvelles incursions ^ Divisés en trois bandes, ils partirent de leur pays en 279 : l'une, sous Céréthrios, se dirigea vers Test, contre le pays des Triballes et des Thraces; une seconde, sous Brennos et Acichorios^ contre la Péonie ; une troisième enfin, sous Bolgios, contre riUvrie et la Macédoine.

Il eût fallu toutes les forces de la Macédoine pour leur barrer le chemin *. Mais Ptolémée Céraunos avait envoyé une partie de ses troupes avec Pyrrhos en Italie ; avec ce qui lui restait, il était en campagne contre Monounios, auprès duquel Ptolémée, fils de Lysimaquc, avait trouvé un asile. Lorsque

*) oXiyoi xat oC/. à^iofiaxoi xar àptOi^ôv "EXÀr^^nv (Pausan., X, 19, 5).

*) afjta TOic KeXto'i; *lXXuptiov ol Sxopoî<ixoi (lâXiaxa xat Malooi xai Aâpoavoi Tr,v Maxsôovtav eitéSpaiAov o(xoO xat rriv *EXXdoaxat itoXXà tûv Uptov xat to AsXçixbv s<ruXr,<Tav (Appian., HÏ, 5).

3) Un examen réitéré des traditions relatives aux invasions des Celtes m'a amené à cette conviction, que Justin puise à une autre source que Pausanias et Diodore et que ces deux derniers auteurs prennent pour guide Hiéronyme, tandis que le récit fabuleux de Justin pourrait rementer à Timée, Le nom de Brennos peut bien être un titre princier: mais nos sources distinguent d'un façon trop précise entre le Brennos de cette expédition et Acichorios, pour qu'on puisse considérer ces deux chefs comme étant une seule et même personne.

*) U y a dans Polybe (IX, 35) un mot caractéristique de l'Acarnanien Lyciscos au sujet des services rendus par les Macédoniens : oi tôv TrXetwToO pi'ou '/(^ç^ô'to'^ o'JuauovTai ôtaywviZJôiuvoi npbç toÙ; pap6apouc ùitàp tti; twv 'EXXv vu)v àvçaXetac, oti ykp aei icox av ev {uyaloiç t^v xcvSuvot; xà xatà toù; "EXXy^va;. si lAYl MaxsSova; ei/oiiiv wpiS^payiia. Lyciscos rappelle ensuite le souvenir de Ptolémée Céraunos, et de ce qui s'est passé après sa mort dans la bataille livrée aux Celtes.

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