OL. cxxv, 1] apollodoros a cassandria
ronne. Il n'était pas capable de sauver le pays : les Macédoniens le détrônèrent deux mois après, et, comme il n'y avait pas d'autre héritier du sang royal, ils proclamèrent roi Anlipater, le neveu du roi Cassandre. Ce n'était pas non plus rhonime de la situation. Sosthène, un noble Macédonien, le força à renoncera la couronne; il appela aux armes tous ceux qui étaient propres au service; il combattit avec un courage infatigable contre les hordes dispersées pour piller ; il les repoussa de plus en plus loin et délivra le pays : lorsque l'armée le salua du nom de roi, il refusa de prendre une couronne aussi trompeuse qu'enviée et se contenta du litre de stratège des Macédoniens *.
Dans ces temps de détresse, alors que chaque ville était réduite à elle-même, Apollodoros avait à Cassandria le gouvernement de la ville : le péril général le mil à même de s'arroger un pouvoir absolu ; accusé de tendre à la tyrannie, il s'abaissa aux plus humbles prières. Une fois acquitté, il joua le rôle de protecteur de la liberté et feignit une haine profonde pour les tyrans ; il proposa une loi pour chasser de la ville Lacharès, l'ancien tyran d'Athènes, qui, après la mort de Lysimaque, fuyant de pays en pays, était venu se réfugier là : il Taccusait d'avoir conclu avec le roi Anliochos une alliance dirigée contre la liberté de la ville. Comme un de ses partisans proposait de lui donner une garde du corps, il s'y opposa luimême ; il institua une fête en mémoire de la reine Eurydice, qui avait proclamé la liberté de Cassandria, et il obtint que la garnison que Plolémée Céraunos avait placée dans la citadelle sortit librement pour aller à Pallène et que des terres lui fussent assignées dans cette presqu'île. Lorsqu'il crut avoir conquis suffisamment la confiance des citoyens, il se mit à l'œuvre ; il fit, au dire des auteurs, tuer un jeune garçon, mêler son sang au vin et rôtir sa chair ; il servit dans un repas à ses amis de cette chair et de ce vin, afin d'être assuré de leur fidélité par leur participation à ce forfait mystérieux et épouvantable.
*} Unus de pnncipibus Macedonum (Justin., XXIV, 5). — Swaôivr,; v.; Tûv ôYjiioTtxcbv (El'seb., I, p. 236 éd Schœne). A nlipater est appelé fils de Lysinaaque dans la liste des Tketaliomm Reges (Euseb. Arm., I, p 243 éd. Schœne), ailleurs {ihid. p. 236), neveu de Cassandre et fils de Philippe.
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C'est avec ces complices qu'il s*empara de la tyrannie et qu'il Texerça : en fait de cruautés et d'horreurs, il dépassa tout ce qu'on avait fait avant lui. Il prit à sa solde des Celtes, qui, par leur barbarie, étaient aptes à devenir les ministres sanguinaires de sa cruauté. Les concussions, les exécutions, les débauches les plus abominables purent s'abriter en toute sécurité sous leur protection ; la populace, gorgée et flattée par le tyran, voyait avec plaisir l'oppression et l'arrogance qu'il faisait peser sur les riches ; un Sicéliote, Calliphon, qui avait appris les procédés du despotisme à la cour des tyrans de Sicile, était son conseiller : c'était pour eux un plaisir de tuer, de mettre à la torture des femmes et des vieillards, pour leur faire découvrir la cachette où ils avaient déposé leur or et leur argent ; Télévation de la -solde attirait des Celtes de plus] en plus nombreux , qui, avec la populace assauvagie, étaient les suppôts du tyran \ C'est là tout au moins un exemple de ce qu'était la situation de la Macédoine un an après l'invasion des Celtes.
Les Celtes, qui en 279 étaient sortis de chez eux non pour chercher une nouvelle patrie, mais pour conquérir du butin *, s'étaient retirés en grande partie après avoir dévasté et pillé la Macédoine; également Brennos et Acichorios avaient quitté la Péonie : Céréthrios, dont l'expédition avait été dirigée sur la Thrace, semble avoir fait de même. On profita du repos de l'hiver pour préparer de nouvelles incursions ; Brennos était dévoré d'envie en voyant que Bolgios avait rapporté de Macédoine un butin plus riche que le sien ; il ne cessait de recommander, dans les assemblées du peuple et dans les conseils tenus avec les chefs, une expédition dans les pays grecs qui n'avaient pas encore été piljés. Il amena, dit-on, dans l'assemblée des^ prisonniers grecs de petite taille, misérablement vêtus, avec les cheveux coupés ras, puis il fit placer à côté d'eux des Celtes de haute taille couverts de leurs armes : il
«) *Aito>>.ooa)po;ô KotTffivopou (PoLY^N., VI, 7) doit se lire à Ka<r<Tav ôptO; (DiODOR., XXII, 5 et 6),
*) On trouve dans Memnon (c. M) une assertion qui surprend : il dit des envahisseurs de la Macédoine: raV.atixoO jAspou; tîj; «aip-oo; |«Txva«iâvTo; 5 ta ).'.(iôv.