COMBATS DEV\NT LES THERMOPYLES [IV
temple d'Athèna, situé sur le sommet de la montagne, promettai^t un butin satisfaisant , mais le général d'Antiochos, Télésaiclios, défendit le chemin avec le plus grand courage : il tomba, mais les Celtes durent reculer. Ces inutiles efforts les fatiguaient ; du reste, tout le pays d'alcntonr était épuisé. Brennos savait que lejs Étoliens formaient la partie la plus nombreuse de l'armée ennemie; s'il pouvait les foixer à rentrer dans leur pays, la prise des Therntopyles était à peu près certaine. Il envoya 40,000 hommes en arrière, sous Orestorios et Comboutis, pour franchir le Sperchios et envahir TEtolie par k Thessalie. Ils pénétrèrent jusqu'au bourg étolien de Callion, où ils commirent des atrocités inouïes : le meurtre, rincendie, le viol, furent exercés avec une fureur sauvage; on dit même qu'ils burent le sang des victimes; ils se répandirent, pillant et incendiant, dans les vallées du pays. A cette nouvelle, les Etoliens qui se trouvaient aux Thermopyles rentrèrent au plus vite dans leur pays; les citoyens de Patrae vinrent de TAchaieà leur secours; femmes, vieillards, enfants prirent les armes; on occupait les chemins creux par où les Celtes étaient obligés de passer ; on tombait sur eux avec une fureur toujours nouvelle : on dit que la moitié des ennemis périt pendant la retraite.
Cependant Tannée principale des Celtes était toujours devant les Thermopyles: les Héracléotes et les /Enianes, pour se débarrasser des Barbares, s'offrirent alors à leur montrer un chemin pour franchir TŒta ; c'était le même qu Ephialte . avait montré aux Perses deux cents ans auparavant. Favorisé par le brouillard, Brennos, accompagné d'une troupe choisie, commença à escalader la montagne: la masse principale, sous Acichorios, resta en arrière sur le territoire des^^nianes. Les Phocidiens, qui occupaient le chemin, ne virent l'ennemi que quand il fut tout près d'eux. Leur résistance fut courageuse (l'Athénien Cydias tomba ici en combattant vaillamment au premier rang), mais elle fut inutile; les Celtes descendirent la montagne comme un torrent furieux, et les Grecs, complètement tournés dans le défilé, n'eurent d'autre ressource que de se sauver sur les trirèmes athéniennes: les troupes helléniques se dispersèrent pour aller défendre leur propre pays.