FIN DU DEUXIÈME VOLUME
DÉCRET DES XASIOTES EX LHOXNELR
DE THERSIPPOS'.
Déji clans le C. L Grxc, (II, Append. n«2166 c;se trouve inséré un décret pn l'honneur de Thersippos, donné comme provenant de Mitylène; mais le texte en est si fautif, qu'on avait de la peine à en deviner le contenu, si important cependant. Nous en possédons aujourd'hui une copie exacte, publiée à Smyrne et accompagnée d'un excellent commentaire par Earinos, dans le MoyaEîov xa\ PiSXioÔtqxyj -rr,; t'jayyt'kixri^i «x'/o^^Ç» èv Sjjtupvai, 1876). On
voit que le décret a été rendu par le Conseil et le peuple des Nasiotes (Hécatonnêsos, sur la côte en face de Mitylène). On ne reproduit ci-dessous que la face antérieure de l'inscription, en l'état où elle se trouve; ce qui est gravé sur les côtés étroits n*a trait qu'à certains détails des honneurs décernées et n'offre aucun intérêt pour le dessein qui nous préoccupe.
Dalle de pierre blanche, de 1", 13 de haut sur O"», 50 de large et 0"», Il d'épaisseur, trouvée il y a bien des années près de la ville de Nésos.
[ (iaiiAsù?] 'A>,£^avopo[;]
[ [*/]t^pa; ta TTÔXi xaft]
f . OTs] 'A>i$avopo; 5tàX-
[Xa^ev Tov 2$otvOp(»>7:]o>v ptov, «l'iXiTiiro; oï
l) Ou s'est clTorcé, dans la nouvelle édition remaniée de l'Histoire dWlcxandre, drs DiadogtœSj et dt-s Èp'njoneHj d'utiliser au poijit de vue hislori(|ue U\s lua- Irriaux «''piffraphiqurs, dont k; nombre s'est atMTU d'une façou exlraordinairo depuis la première édition. Les inscriptions attiques sont Jusqu'ici les seules qui aient été réunies et ordonnées en un ensemble commode à consulter : parmi les textes épars dans des relations de voyance, des programmes, des Revues, allemandes et autres, — sans compter les reeueils bien connus de Ranr.ABK, Lebas-Wai»i>ixotox, etc., — il sr peut que plus d'un niait échappé. Il m'a paru opportun de réunir dans ces /l;»penrfioe.ç (cf. Uist. d'Alexandre, p. 772-787) quelques inscriptions tout récemment découvertes, auxquelles j'ai dû faire allusion en maint endroit, d'autant plus qu'il n'en est pour ainsi dire pas une qui soit déjà catalo^u^e dans les recueils épigraphiques mis à la portée du public.
5 [6 <tiXtii7ca) xoti] 'AXsÇavôpoc ô 'AXc^ivopaï t-
[à(i6a9tXE(aJv icapIXaSov, Blpmicnoç Sf(i>v
[toU ^OL(ii]\r^t(T<Ti çtXo; xott toÎ; arpox-
[ayoïffi xa\] Totc aXXoidi MaxeSoveaotv
[ic6XX(ov àya]dû)v atrto; ylyovc tx ic6Xi • *A- 10 [vTticfltTpa) YJQip èictTdt^avToc ^pi^f&aTa elc
[Tb(Aic6Xe(Alov elerçépYjv icàvxeov tfiiv âXXco*
[v £iff9£p]<SvT(i>v 0£p<Tticico; icapaY(v6(ievo*
[ç icpb; To\]ç paatXYjac xa\ *Avt(itaTpov èx-
[o^5çl(^e Tà]iJL7t6Xiv • eitpaÇe ti xa\ icpbç KXe- 15 [txov icepi] tac et; Kûicpov orpaTsîac xai
[oux oXiya]; Saicàvac cl; piixpby auvdlyay
[e xp^vov] • 6 Bï xai iicp\ toiv (nxoSeiav ovi^-
[X(i>9ev w;] xa\ itàp xwv aa^paic&v tîdaywYa-
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[ffou; r^TJTQfft xwyxaxeffraxôvxMV • fi[6]a(do)tj
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[îov xa\] To\c aXXot;x[o\]; èir[i] xtvwM T£Ta-
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[xbv 8â]|io.v icavxa* 5£56ff6ac auxô àxlXefia]* 30 [v içâvxa)]v xb(iitavxa xpovov xat aùxû xa[\ ÊJ-
[xy6v]oiai, oxSiaat 8à aùxto xa\ £ix6va xf*^]*
[xTjv], S£$Ô90at Bï xa\ aix/jaiv è|iicpoxav[£]-
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[S6](70fa> 0£pai'icic(i) xa\ xôv £xy6vei>v àt xfi)y[y]- 35 [u]xàTa>» xoXyjaOai Bï xa\ £tc icpo£8p(av.
[ax£]9av(oxci> 8e aùxbv à x^P^^^^'^^C ^^ ^ ^^
[u)v] Iv xû) otyfiivt xa\ oyxapuovlxo) àv8pay[a]-
[Otjoic £v£xa xàl eOvoîa; xâç icpbc xbv S&>
[|xov] iva ytv(u9xa)(rt icàvXEç, 5xi 6 d&|io; [i] 40 [Na](7Cfa>x&v xoV; àyaOo\; avfipaç [xa\] eu£p-
[yéx]aic xf({X2]» xa\ awQlvxo; a*jxâ> êox£9[a]-
[vri]ç6pyia£v [à|i]lpa:c xp[l]c xafi] £yayylXi[a]
xa\ acoxT^piot î?[6]'jae xoi 'Kav[ayyp]iv owvà-
yay£ 8ajiox£[X]r|V xa\ vOv x[i|jial 8txd(a>c * oc- 45 vaypcK^^at 8e xo\ç xa(jL(atc xo\; (i£x* *Hpa-
xX£tx(o xb '^i^i<T\LOL £(; (TxaXXav Xi0^va[v]
xà> Ix @ép|jLac X^Oa> xa\ oxâaai oTcica xe 0E[p]
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o^ypaçiQv, ^(iiuvat aùxfi> x&yxcv [ejvcpyc-
XT) xàpiicoXtv
Les renseignements historiques, dont quelques-uns fort importants, que
APPENDICE. I 64 i>
contient ce décret, ont été commentés dans VHistoire d'Alexandre (p. 235, 1. 268,2) et des Diadoques (p. 12, 3. 108, 1. 126, 1. 172, 3. 192, 1). Comme la dernière mention historique concerne ArrhabsBOs, personnage dans lequel on peut reconnaître sans hésiter le satrape de Phrygie appelé ailleurs Arrhidœos, celui qui est connu par son agression contre Cyzique (ci-dessus, p. 191), on ne peut placer le déicret bien longtemps après 319.
Les rapports intimes de Thersîppos avec la cour royale et les grands de Macédoine, rapports sur lesquels on revient avec insistance, laissent supposer que Thersippos a dû fùre déjà partie de Tentourage d'Alexandre. Comme Arrien (II, 14, 4) rapporte qu'Alexandre, recevant la lettre de Darius après la bataille d'issos et déférant au désir du roi qui lui demandait de ic£piicctv tou; xà ictorà XYjrl'oiifvouc xt xa\ ^izïp 'AXe|âv$poi» Se^oovraci renvoya avec l'ambassade qui lui avait remis la lettre un certain Thersippos, porteur de sa réponse (lUst, d'Alexandre, p. 268, 2), on peut bien admettre que ce messager est le Thersippos du décret des Nasiotes.
646 APRENDTCE. II
L'ANM'E DE L ARCHONTE MCIAS
Dans la liste des archontes athéniens, l'année iOt/3 (01. XCIV, 1) est désignée comme dépourvue d'archonte (àvapx'*)» L'année 412/1 (Ol.XCII, 1 s'appelle l'année de Tarchontat de Callias, bien que, comme Kirchuofk (C, L Aflic, I, p. 84) l'infère de l'expression àirb irpuravsia; employée dans un document officiel {ibid. n" 184, lig. 11), les derniers mois de cette année n'entrassent plus dans le compte des prytanies, la nomination des Quatre- Cents ayant mis fin aux pouvoirs dos prytanes du Conseil, et naturellement aussi à ceux dos archontes, attendu que les Quatre-Cents s'installèrent comme a'jToxpdiTopE;. Peut-être y a-t-il une troisième àvap^îa à signaler au temps des Diadoqucs.
Il s'agit d'une inscription (r.f. Aflic, II, n" 299) dont l'interprétation offre plus d'une difficulté. Elle est gravée (rrotxvjSbv, à raison de 27 lettres à la ligne : cependant comme le montre la restitution absolument certaine de KoHKER, on a laissé deux places vides à la fin de la quatrième ligne, et autant à la fin de la cinquième. L'inscription, complétée par Kohler, est conçue comme il suit :
EP INlKlOYAPXONTOIYITEPo vein TH2AKAM«NTI 502 T ET APTHin pu Ta V E I AIHI AvTI X p ATHIKPATI Nou
, , \ z v z t y p OL \L \lA T ETE MOT N I X i w
vOlEKTr, t £71 i 5e KocEBAOMHt xr, ; TiPTTAv £ i a; £ XX AHffI ATOvup 0 e5p wvcPE^r, 9 tCe .. .\P\P ...i
La quatrièm } prytanie de l'archontat de Nicias, indiquée ici, tombe en Munychion, le troisième mois avant la fin de l'année civile. Comme on ne trouve aucun Nicias sur la liste des archontes jusqu'à l'année 302/1 avant notre ère (01. CXIX, 3), il est très probable que l'inscription appartient au temps des douze tribus, — tr.s probable seulement, car on pourrait supposer aussi qu'il y a eu avant 307/6 (01. CXVIII, 2J un Nicias suffectus qui ne figure pas sur la liste officielle.
Parmi les 9 archontes portés sur le catalogue de Denys d'Halicarnasse {De Dimrch. 9) pour les dix années qui vont de 01. CXIX, 4 à 01. CXXII, 1,
i) Voy. ci-dessus, p. 5 H, p. 5.
APPENDICE. — n 647
on trouve au sixième rang, — c est-à-dire pour OK CXXI, 1 ou CXXI, 2,— le nom de Nicias, et on est amené tout naturellement à reconnaître dans ce Nicîas celui de l'inscription. Régulièrement, au temps des douze tribus, la dixième prytanie tombe en Munychion : comme l'inscription place au contraire en Munychion la quatrième prytanie, Kohler (C. f. AUic, II, p. 123) avait conclu de là que ce Nicias ^ait entré en fonctions au mois de Gamélion,et supposé que Tavènemenfc^ardifde cet archonte tenait aux désordres constitutionnels survenus durant la tyranniç de Lacharès, laquelle tombe à peu près à cette époque.
KôHLER a abandonné après coup cette hypothèse en présence d'une deuxième inscription découverte en 1876 seulement, qui lui parut présenter un cas tout à fait a;lalogue. Cette inscription (C. I. Atlic. add. 299 b) donne, avec les restitutions, le texte suivant:
[*Et:i...]coo(opo'j apxovTo; orjTsfp&v, àv3typa]?iU);
ôè 'ETCixoûpou xo[0 ]<Ji'o'j, iTz\ xr,; Ilav-
cto[v:3o; extr,; iip'jjTavEia;» Mo*Jv'.*/itov[o;. . . .
. . .]r,i T^; irpuravEia; • [^%rXr^<7ioL èv t<;> OeâlTpoi; •
Twv Tcpoéfopwv S7;£4'^i?'^^- • • • ^Jiît'-o'-' *^p[£âpplo; %. t. X.
L'inscription est écrite ffToi-/Y;5ôv. L't de la première ligne peut tout aussi bien être le dernier jambage d'un II ou d'un N. Le mot ?xTf,;, qui a une importance décisive dans la question présente, a tout à fait disparu sur la pierre; mais la restitution est absolument sûre, si l'on admet que chaque ligne avait 29 lettres. Par conséquent, sous Tarchontat'de ce...] iodoros, la dixième prytanie ne tombait pas non plus en Munychion, et, d'après l'analogie qu'offre l'inscription de l'année de Nicias, le compte des prytanies a dû commencer en Mflpmactérion. On doit considérer, par conséquent, ces deux archontes comme suffecU et admettre comme règle que, lors de l'entrée en fonctions du suffectus, les prytanies qui restaient à courir se succédaient en gardant leur durée habituelle, mais étaient numérotées à partir de ce nouveau début comme première, seconde, etc. , de l'archontat du siiffeclns.
En supposant toujours que l'inscription a été gravée d'un bout à l'autre à raison de 29 lettres par ligne, on peut faire une deuxième remarque, pour l'intelligence de laquelle on nous permettra de reproduire le texte, tel que le donne la pierre :
1 OAflPOYAPXONTOIAEYTE OEflIAEEP I KOTPOTTO
2 lOYEniTHIPANA I O TANE I AIMOTN IX I fil H ITH2PPYTANEIA2
TPniTflNPPOE I K IOY0P ZAT
Dans la lacune à la fin de la quatrième et au commencement de la cinquième ligne se trouvait Tindication du quantième du mois et du quantième de la prytanie. Comme, daos toute la série des archontes jusqu'à 01. CXXI, 3, il n'y a pas un seul nom qui se termine par ...«SScopoc, ce décret doit être du temps des douze tribus. Avec douze tribus, dans les années communes, le quantième du mois et celui de la prytanie ou bien coïncidaient, ou ne différaient que d'une ou deux unités; dans l'année embolismique. la plus grande partie de la dixième prytanie tombait en Munychion, de façon que le 32* Jour de cette prytanie correspondait au 25 ou au 24 Munychion, et que, par conséquent, le 1" Munychion était ou le 8 ou le 7 de cette prytanie. Entre les mots Mouvixîûvo; et «puTavefaç, si la ligne avait 29 lettres, il y a place pour 13 caractères : il a dû y avoir là, par conséquent, deux noms de nombre contenant une quantité inégale de lettres, soit 5 et 8, ou 6 et? lettres, c'est-à-dire ou bien exTtji avec ôeurépai, avec TeTàpxijt, ou bien è6S6jiY)i avec oyfiÔYji, ou encore èvàxtji avec îexàxïjt, ou Tpi'ttii avec icé|iicxY](, tous chiffres ne dépassant pas dix.
En maintenant toujours l'hypothèse des 29 lettres à la ligne, le début peut avoir été ; êic\ AioSi&pou, tizi *llXtoS(upou, Êtc* 'A0iQvo3(opou, in' 'OX\j;iic(o- So&pou.
Nous ne savons pas ce que signifie «pxovToc deuTcpov, et dans l'autre inscription apxovrocOoTepov, ni, les deux désinences étant restituées, s'il ne fallait pas lire SeuTépou, û<népou. On ne peut pas supposer sans quelque hésitation que l'on ait désigné dans le langage officiel Varchon suffectuSf ou plus exactement èmXaxcov, lorsqu'il entrait en fonctions, par des termes aussi différents. S'il était permis de recourir, pour expliquer rêicî ôp^ovro; deuxepov, à Nxxoy (iicorroc, cvôéxaxov vTtaxoc du Monument d'Ancyre, le ...iodoros de cette inscription ne serait pas un èiciXax<^v, mais un archonte revêtu pour la seconde fois de cette dignité. Or, nous connaissons un Olympiodoros, archonte en 01. CXXI, 3 ou 4 : seulement, pour avoir tout en ordre, il faudrait lire en ce cas non pas êxxYjcmaisîexàTY); «puxaveîa;. Il est vrai qu'alors il y aurait 3 lettres de trop dans la ligne, ce qui ne concorderait guère avec l'exemple de l'inscription n"" 299, qui a le même nombre de lettres en moins dans deux lignes.
Pour le but que nous nous proposons, nous n'avons qu'à nous en tenir à oette alternative : ou bien l'inscription est gravée régulièrement à 29 lettres, et alors, les chiffres possibles pour les quantièmes du mois et de la prytanie (chiffres de 6 et 7 ou de 5 et 8 lettres) indiquent que les prytanies de cette année-là avaient leur durée régulière, bien que numérotées en deux fois, de I à IV pour l'archonte N*', et ensuite de I à VIII pour TèwiX.ax'^v ...]iodoros; -^ ou bien on se permet de dépasser le nombre de 29 lettres à la ligne pour restituer 2exaxiQç, et alors on perd le critérium fondé sur la concordance exacte ou approchée des quantièmes du mois et de la prytanie, mais [Olymp]iodoros a été archonte à partir du 1*'' Hécatombœon, et sa dixième prytanie tombe, suivant la règle ordinaire, en Munychion. U parait inopportun de chercher d'autres biais, de supposer, par exemple, qu'il y a là une faute
le changement politique a eu pour effet de remonter le nombre des tribus de dix à douze, on a pu tirer au sort parmi les douze tribus restaurées colles qui n'avaient pas encore eu leur tour cette année-là et les répartir dans le temps qui restait encore à courir jusqu'à la fln de Tannée : seulement, cette hypothèse a un moindre degré de vraisemblance, attendu qu'on pouvait parfaitement s'en tenir jusqu'à la fin de Tannée au système des dix prytanies, tous les dèmes se trouvant compris dans les dix tribus tout aussi bien que dans les douze.
Si Ton admet que le changement politique a consisté simplement à revenir du système des dix tribus à celui des douze tribus, notre inscription ne nous fournit pas de données pour calculer Tépoque de Tentrée en charge de Nicias. Si, au contraire, la modification apportée a été celle que nous indiquions en premier lieu, on en retrouve le point initial de la façon suivante : du 10 Munychion à la fin de Tannée, les prytanies IV-XII se sont réparties sur 79 ou 80 jours, c'est-à-dire ont fonctionné de 8 à 9 jours chacune; le début de la 1" prytanie tombe, par conséquent, 25 ou 26 jours avant la date de l'inscription, vers le milieu du mois Élaphébolion,
Le nom de Tarchonte Nicias, — abstraction faite du document apocrjplie inséré dans le Pro Corona, § 137, — nous apparaît pour la première fois, comme on Ta dit, dans la liste de Denys, où il figure au cinquième rang parmi les neuf archontes attribués aux dix années qui vont de 01. CXIX, 4, à 01. CXXII, i. On trouve un deuxième archonte de ce nom daps les décrets du C, L Attic, II, n* 316 et 317, et on peut le placer, avec une certitude suffisante, en 281/0 (01. CXXIV, 4). Ces deux inscriptions emploient la formule : eitt Ntxiou ap-/ovToc 'Oxpuyéco;, c'est-à-dire qu'elles nomment son dèine, pour le distinguer d'un Nicias antérieur. On rencontre encore deux fois la mention êit\ Nixîoy ap*/ovxo; dans la partie narrative du décret honorifique inséré au C. L AttiCy II, n° 331; nous tâcherons de déterminer plus loin duquel des deux il s'agit.
Si le Nicias de Tinscription n<» 299 n'est pas un suffectus, et si, par conséquent, nous avons d'autant plus de raisons de Tidentifier avec le Nicias de Denys, on se demande si la première opinion de KOhler, alors qu'il faisait commencer cet archontat après la chute de Lacharès, n'est pas préférable à celle qu'il a adoptée depuis.
Il faut songer qu'au cours des quatre années de guerre qu'Athènes — Macédonistes et patriotes agissant d'abord dans une entente parfaite — a soutenues contre Démétrios, Lacharès, partisan de Cassandre, s'est rendu maître de la ville ; que ce Lacharès, voyant la ville bloquée au dehors par Démétrios, épuisée au dedans par la plus extrême disette, désespéra de tenir plus longtemps et s'échappa sous des habits de paysan ; que la ville capitula ensuite et fut traitée par Démétrios avec une clémence inespérée; que Démétrios notamment rendit à la ville affranchie son gouvernement démocratique, comme le dit Plutarque (Demetr, 34) : xaTloniaev otpxà; aX jAccXiora tô> Ôt^jaw itpoaçtXeîç rj<jav. Il y a là toute une série de circonstances qui semblent nous donner tout ce dont nous avons besoin pour expliquer historiquement Tinscription n" 299.
On peut établir, comme chose à peu près certaine, que Démétrios prit ou affranchit Athènes dans le courant de l'année 295, et, comme chose probable, que le fait eut lieu dans la première moitié de Tannée, c'est-à-dire en 01. CXXI, i. S'il rétablit les àpx«^ qui étaient particulièrement chères aux Athéniens, c'est-à-dire les archontes désignés par le sort, les stratèges élus, etc.... cela veut dire que Lacharès n'a pas (comme jadis les Pisistratides et comme, à une époque plus rapprochée, Démétrios de Phalère, qui fut lui-même archonte en 01. CXVII, 4) exercé sa tyrannie en conservant les formes de la démocratie, mais qu'il a au contraire aboli ce régime, pour gouverner soit oligarchiquement avec le parti des Macédonistes, soit tout simplement comme maître absolu, assumant peut-être la dictature militaire depuis le début du siège, ainsi que l'ont fait Agathocle à Syracuse et Ophélas àCyrène.
Chez Denys, l'archonte qui vient après Nicias est Nicostralos. On a de son archontal un décret en l'honneur d'Hérodoros (ce qui reste du mot ..xtîvb; fait supposer que ce personnage était de Cyzique ou de Lampsaque). Hérodoros y est loué d'avoir appuyé avec un zèle extrême l'ambassade athénienne envoyée au « roi Démétrios » et d'avoir contribué oitw; ù Ôîiiio[c oliztX- XayeiYj t]oO iroXlpioy Tr,v -caxtTrhv xa\ xo(iLi(Ta{u]voç rb oÎgtu OY](xoxpax[cav ^-/ot olizo- Xaôjwv. Ce décret a été voté le 5 Élaphébolion, le 15 de la 9® prytanie (l'année est par conséquent embolismîque), c'est-à-dire en mars 294 (01. CXXI, 2), un an après la libération d'Athènes.
Dans le décret en l'honneur de Thymocharès, fils de Phœdros (C. J. Attic, II, n" 331), on commence par louer son grand-père et homonyme qui, dans les guerres faites sur mer aux alentours de Cypre en 321 et 315, a commandé avec éclat le contingent des navires athéniens ; puis on passe à Phaedros, lequel, digne fils de son père, s'est employé pour Athènes, xa\ ln\ Nixtou apxovToç (jxpaTrjyb; Oub toO Ô)^(jlou ^eipoTOVT}0e\c ô\; itayxoi'^ wv 7cpo<r^x£v èncae- XT,Qr) xaX(b;, xaienirriv */<^pav */eipoTOvr,0£\;'rcXeovaxtc xai InX toù; Ç£vov;Yev6(JLsvo; Tp\; Tr,v «aaav £7ronrî«jaTO (i7ioySf,v x. t. X., ce qui signifie, en somme, qu'il a été d'abord élu stratège une première fois sous l'archontat de Nicias, puis deux autres fois sans attributions spéciales, plusieurs fois aTpa'o;yb;£7i\xwpa;, trois fois stratège des mercenaires. On parle plus loin avec éloge de ses ambassades et autres services; puis viennent des lignes, d'abord deux, puis deux encore, puis plus de cinq enlevées au ciseau, c'est-à-dire un passage où il devait être question de Démétrios et peut-être de son fils Antigone ; après quoi il est dit que Phœdros, ^"PO'^ov^^s^^ ^ii\ Ta owXa icpûTo; uirb toO ôt^ulou sous l'archontat de Xénophon (probablement entre 271 et 261), s'est acquitté à merveille de ses fonctions. On lit ensuite que, xa\ oLyiùyoUxTtZ •/s»pofovrjO£\c v»«b •coO 6r^\L0'j em Ntxt'ou àp/ovTo;, il a rempli avec éclat ses obligations, et a par la suite, sous l'archontat d'Euboulos (date inconnue), assisté de son aide son fils Thymocharès, promu à la même dignité. On voit que Tagonothésie de Phœdros n'est pas mentionnée suivant l'ordre chronologique; on pourrait conjecturer que, comme on ne la met pas itzi Ntxtou àpxovTo; 'OTpuvéw;, son année doit être celle que notre inscription désigne par itii Nixîoy àp;covTo;
y(iT£pov.
Il semble bien, en effet» que la formule a dû être ainsi, car û<7T£pou supposerait un îtp6Tepoç apxwv.
On peut encore mentionner ici accessoirement une troisième inscription reproduite par J. Franz dans le Coi*pus Inscr. Grxc. (IV, n"* 6084), non pas, il est vrai, d'après une copie nouvelle faite sur la pierre, que Winckelmann a encore vue (VI, 1, p. 135, édition de J. Schulze), mais d'après Pighiusel les impressions plus anciennes d*Ursinus, de Gruter (918, 12 et 1027, 2) et autres, toutes copies qui inspirent d'autant plus de soupçon que, au dire de Welcker (Bhein. Mus, N. F. III, p. 465), la même inscription se trouve dans la collection de Pirro Ligorio. Voici le texte donné par Franz :
M€NANAPOC AIOn€l0OYC KH0ICI€YC €r€NNHeH €ni
APXONTOC cncircNOYC
€T€A€TTHC€N €TnN. N- 5 KAI. B. €ni APXONTOC OIAimrOTKATATO. B.
KAI. A. €TOC THC nTOA€MAI OY TOYCnTHPOCBACIA€IAC
Dans la collection manuscrite de Pighius, — qui n*a pas copié lui-même l'inscription, car l'auteur de la collection met en note : Roma missvm Pighio cum aliis inscriptionibu8,-^\e nom de Tarchonte est écrit (t>IAinnOY comme dans Gruter (1027, 2 ex Ursini imaginibus) : on trouve aussi dans Gruter (918, 12, ex Ursini schcdis)^ OPAITTAOC» et, dans la copie de Ligorio vue par Welcker, OAlAflN OC. Welcker croyait pouvoir restituer ainsi pour 01. GXXl, 3 Tarchonte qui manque à la liste de Denys, liste contenant neuf archontes pour dix années. La série se trouverait rétablie, à partir de Tarchontat de Nicoclès, que Diodore (XX, 106) place en 01. CXIX, 3, de la façon suivante :
OL 119,3 Nicoclès.