‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 43 sur 457 · MARCHE DE CRATÈRE · texte numérisé non relu

MARCHE DE CRATÈRE

Cratère, le prostate du royaume, était arrivé d'Asie vers le mois de mai ou de juin 322, ayant avec lui les 10,000 vétérans de la grande armée macédonienne, 1,000 frondeurs et archers perses, et 1 ,500 cavaliers. Il traversa la Macédoine sans s'arrêter et, s'avançant rapidement sur la Thessalie, fit sa jonction avec Antipater, auquel il abandonna le commandement supérieur, en sa qualité de stratège « autocrate >/ de la Macédoine et de l'Hellade. L'armée ainsi grossie comptait maintenant plus de 40,000 fantassins, 3,000 archers et frondeurs, 5^000 cavaliers. Elle s'avança aussitôt à l'intérieur de laThessalie et prit position aux bords du Pénée.

L'armée des alliés se trouvait dans la plaine au sud du fleuve , du côté des montagnes : elle était en assez mauvais état, diminuée de beaucoup de contingents grecs qui, au printemps, après la retraite des Macédoniens, avaient regagné leurs foyers, les uns lassés de cette campagne sans résultat, les autres croyant la partie gagnée, les autres enfin mus par des jalousies mesquines. Les forces des alliés ne dépassaient pas 25,000 hommes pour Tinfanterie et 3,500 pour la cavalerie. Ce qui était plus fâcheux encore, c'est que cette armée était inférieure à celle des ennemis non seulement en nombre, mais aussi en expérience et en discipline. Elle comptait beaucoup de jeunes officiers, qui, pour s'entendre avec leurs subordonnés, devaient se montrer d'autant plus conciliants qu'ils avaient mpins de capacité réelle et d'expérience militaire pour asseoir leur autorité. A mesure que la situation des alliés empirait, le désordre augmentait dans les masses et Tindécision dans le conseil de guerre. Ils auraient dû à tout prix se tenir sur la défensive, d'autant plus qu'ils étaient presque inattaquables sur la pente de la montagne, qu'ils pouvaient compter que des troupes fraîches leur arriveraient des États grecs, et que leurs communications étaient assurées avec le pays et avec la mer. Mais Tennemi était proche et les pressait de jour en jour davantage. L'impatience dans Tarmée grecque augmentait d'une façon inquiétante*. Confiants dans la cavalerie thessalienne, dans les avantages du terrain et la solidité de leurs positions

*) DiODOR., XVIII, 17. — OLizti^tU irpb; Toù; apx<>v*c««» eitieixel; xa\ vlov; ovta; (Plut., Phocion, 26).

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