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LES COLONIES DES SUCCESSEURS D* ALEXANDRE

Dans le chapitre qui va suivre, je me propose de recenser les autres colonies disséminées en Asie et en Afrique, mais sans grouper ensemble les fondations provoquées par chaque prince pris isolément, attendu que, pour la plupart des nouvelles villes, le nom du fondateur n'est pas établi. Je préfère énumérer les nouvelles villes par région, bien que le groupement des nombreuses villes homonymes eût offert aussi des avantages sérieux. Conformément au but de ce catalogue, on a passé sous silence les établissements fondés en Europe.

Avant d aborder chaque région à part, je tiens à citer le remarquable passage d'Appien sur les fondations de Séleucos I*^ : c'est un passage qui, en dépit des inexactitudes de détuil, offre cependant un tableau grandiose de l'activité déployée par ce monanjue sur toute la surface do l'Asie. « Séleucos,

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« dit Appien, fonda sur toute l'étendue de son empire quantité de villes : « seize Antioches, ainsi appelées du nom de son père ; cinq Laodicées, « portant le nom de sa mère; neuf Séleucies, portant son propre nom; trois « Apamées et une Stralonicée, rappelant les noms de ses épouses. A « d'autres villes, il donna soit des noms de villes grecques ou macédoo niennes, soit des noms commémoralifs de ses exploits à lui ou de ceux « d'Alexandre. C'est ainsi qu'on trouve en Syrie et dans les régions barbares « de la Haute-Asie quantité de noms appartenant à des villes helléniques ou « macédoniennes: Berœa, Édesse, Périnthe, Maronée, Callipolis, Achaîa, « Pella, Oropos, Amphipolis, Aréthuse, Astacos, Tégée, Chalcis, Larissa, « Hérsea, ApoUonia; en Parthie, Soteira, Calliope, Charis, Hécatompylos, H Achaîa; dans Tlnde, Alexandropolis; en Scythie, Alexandrescbata. Ce « sont des victoires remportées par Séleucos lui-même que rappellent Nicé- « phorion en Mésopotamie et Nicopolis en Arménie, non loin de l'i Cappadoce* ». Ces villes sont dispersées sur toute l'étendue de TAsie, et nous aurons à chaque instant l'occasion de renvoyer à ce catalogue-.

§ I. — COLONIES d'aSIE-MINEUHE.

L*Asie-Mineure a été de tout temps une région des plus intéressantes pour l'ethnographie, mais aussi des plus difficiles à étudier; c'est là que s'entrecroisent les peuples venus de l'Orient et de l'Occident, et la science doit renoncer à faire avec quelque certitude le triage des divers éléments que la péninsule offre dans sa population, dès le début de son histoire. A partir d'Alexandre le Grand, la race grecque commence à pousser avec rapidité l'œuvre de l'hellénisation, préparée déjà par d'innombrables colonies établies le long des côtes, et, cent ans plus lard, la langue et la civilisation grecques paraissent avoir triomphé partout, ou tout au moins, comme chez les Galates'*, faire concurrence à la langue nationale : les monnaies des villes d'Asie-Mineure, aussi bien les monnaies autonomes que celles des Césars, sont grecques, et, au temps de Philostrate, la Cappadoce elle-même parlait le grec, encore qu'assez mal *. Le nombre des fondations nouvelles que nous avons à signaler n'est aucunement en proportion avec cette transformation radicale. Nous commençons par le Bosphore de Thrace.

1. — La contrée que nous abordons en premier lieu est la principauté de

i) Appiaw., Syr, 57. —2) Le catalogue donné par S. Jérôme (dans la traduction d'Eusèbe, H, p. il7 éd. Schœne, à la date de 01. CXIX. Cf. Syncell., p. 520, 6<1. Bonn. Cedrett., 1, p. 292, éd. Bonn.) est assez insignifiant. Il mentionne Anlioche, Laodicée, Séleucie, Apamée, Édesse, Berœa, Pella. Je n'ai pas besoin d'en suivre la transmission jusqu'à Isidore de SévilJc, ou même jusqu'aux écrivains du moyen Age. — 3) Cf. Hieronym., Prol. ad Epist. ad Galal.j I, IL — 4} PiuLusTii. Vit. ApoiL 1,7. Vit, SophisL^ II, 13.

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