‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 440 sur 457 · APPËND. III, 2] LES COLONIES DE PERSE ET DE MÉDIE · texte numérisé non relu

APPËND. III, 2] LES COLONIES DE PERSE ET DE MÉDIE

ques. Il ajoute : «Hv 'ExSatavwv ; Pline dit au contraire : Ecbatana, caput MèdiXj Seleuciis rex condidit * . Il va de soi que l'on ne saurait, pour résoudre le problème, faire figurer ici l'Ecbatane du nord bâtie aux environs du lac Ourmea. Etienne de Byzance, au mot 'AySaTava, rapporte que la Ville aMiit aussi porté le nom d*Épiphania; en tout cas, il est certain, d'après le livre des Machabées •, qu'Antiochos IV, avant d'entreprendre son expédition en Élymaïde, se trouvait à Ecbatane : il est bien possible que, devant le péril grandissant que créait la poussée des Parthes, Ecbatane ait été pourvue d'une colonie fidèle et destinée à couvrir la province de Médie menacée par Tennemi. — Je tiens à citer tout au moins TAntioche de Chosroès, ainsi appelée? à cause des habitants d*Antioche sur TOronte qui y furent transportés^. Polybe dit : la Médie iccpioixjlxai itôXtaiv 'EXXrjvtcnv ; mais nous ne connaissons plus que quelques localités situées du côté des défilés Caspiens. On a déjà parlé plus haut d*Achaïs ; ce nom paraît avoir été bientôt remplacé par le nom ancien d'Héraclée, que portait la colonie avant sa destruction, à moins que, par exemple, Héraclée restaurée ait simplement pris comme marque distinctive le qualificatif d* Héraclée « achéenne ». Cette ville fondée «dans la Parthyène » porte, il est vrai, dans Appien * le nomd*Achaïa ; seulement, comme celle dont nous parlons ne se trouvait pas dans la Parthyène proprement dite, il se peut qu'unedésignationaussi vague s'applique également bien à une autre ville homonyme située en Arie, absolument comme Appien range Soteira en Arie parmi les villes fondées en Parthyène. En tout cas, dans Strabon, Ptolémée, Ammien Marcellin, on ne rencontre que le nom d'Héraclée. — Pour Rhagœ ou Rhaga, nous avons le témoignage exprès de Strabon "^ : to toO NtxdtTOpo; «tiajjia, o exeîvo; (làv Eupcoi^ov (ovofiaaE, Udtpôot 8à 'Apaaxiav, plus une indication précise, à savoir que la ville se trouvait, d'après Apollodore d'Arlémita, à 500 stades environ des Portes Caspiennea Etienne de Byzance, au mot 'Paya, reproduit une partie de ces renseignements. Cependant, il paraît imprudent d admettra Tidentité des trois noms : Europos et Arsacia sont expressément distinguées Tune de l'autre dans Pline *, dans Ptolémée ', dans Ammien Marcellin ®, — Il y avait aussi en Médie une Laodicée, suivant ce que rapporte Strabon ' et ce que répètent après lui Etienne de Byzance et Eustathe *°. — Je tiens à faire remarquer tout au moins que, parmi les stations échelonnées entre Ecbatane et Europos, la Table de Peutinger cite une Hécatompolis, et il n^est guère possible de voir là une confusion avec la ville bien connue d'Hécatompylon. — Enfin, à l'entrée des Portes Caspiennes, il y avait, ce semble, une Charax ; du moins, d'après les évaluations en degrés consignées dans Ptolémée, elle devait se trouver bu sud-est et tout près des dites Portes : elle est mentionnée encore

1) Plin.» VI, 14. — 2) Macchab, II, 9, 2. — 3) Voy. Phocop. ap. Phot., p. 23 b. 13. Theophylact., V,p. 216 éd. Bonn. — 4) Appian., Syr., 57. — 5) Strab., XI, p. 524. — 6) PuN., Vï, 25. — 7) Ptolbm., VI, 2. (Rbagœ manque dans ce passage, à moins que le nom n'ait été corrompu en Ta^a). — 8) âum. Marc. , XXni, 6, 39. — 9) Strab., Xî, p. 525, — 10) Eustatd. ap. Dion. Perieg. v. 918.

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par Ammien Marcellin * et par Isidore, lequel ajoute que c'est Fhraate qui le premier installa les Mardiens en cet endroit; mais chez lui, l'endroit en question se trouve devant Tentrée des déûlés du côté de l'ouest, et l'on pourrait par conséquent le retrouver dans les ruines qui avoisinent Auvanî-Keuï. Strabon * cite encore, comme ville de Médie, une Apamée qu'Isidore place en Choarène, dans la contrée qui se trouve tout de suite à l'est des déGlés Caspiens. Pline la signale comme Raphane cognominata^.

3. — Les régions Parthiques, j'entends par là la Parthie proprement dite, THyrcanie et l'Arie, offrent au moins une ou deux colonies datant du temps d'Alexandre. L'élément grec n'a pas été le moins du monde étouffé dans ces pays par la domination des Parlhes ; une preuve entre autres, c'est ce que rapporte Polybe à propos de l'expédition d'Antiochos III. L'hislorien raconte que les Barbares s'étaient retirés en franchissant les monta^oes vers Syrinx (tt;; *Vpxavîa; waavtV paatXeiov) et que, comme ils désespéraient de pouvoir s'y maintenir plus longtemps, ils menacèrentles Hellènes qui se trouvaient dans la ville, pillèrent le plus clair de leur avoir et se sauvèrent plus loin *. Malheureusement, le fragment de Polybe finit là; mais Etienne de Byxance extrait du même livre le nom de la ville de Calliope (ic6Xt; ITapOvatcDv), qui appartient bien à notre sujet, car Appien *» la range expressément parmi les fondations de Séleucos I*"". Pline aussi la cite comme opposila quondam Médis * ; si l'on avait affaire à un écrivain plus exact, on pourrait songer au royaume d'Atropalène. Sont-ce encore des fondations hellénistiques que la Phérœ IlapOuafwv d'Élienne de Byzance*^ ou la Mysia de Ptolémée*, c'est une question à résoudre. •— La célèbre Hécatompylos est appelée dans Quinie- ("îurce' urbs condita a GrwciSf et Appien '<> en rapporte expressément la fondation à Séleucos I®"". — Etienne de Hyzance parait être absolument seul à parler d'une Euménia en Hyrcanie ; il n'y a cependant aucun motif de révoquer en doute l'exactitude de son assertion. Ne serait-ce pas un établissement portant le nom du Gardien Eumène ? Si invraisemblable que soit en elle-même cette conjecture, il n'y a guère moyen d'en faire d'autre.

Appien cite encore parmi les villes de la Parthyène Soteira, Charis et Achaïa. Nous avons déjà nommé précédemment Achaïa à l'occasion d'Héraclée Achaïs : nous avons pensé qu'Arrien avait voulu désigner sous ce nom une autre ville, celle que Strabon signale en Arie ( 'ApTâxaxva xa\ *AUlMçi^ %ol\ *A •/ a ^ a eiicuvu|ioi tôv xTKiâvTwv* *) . Ainsi, cette Achaïa avait été aussifondée par Achœos, évidemment le père de cette Laodice qu'avait épousée Antiochos II : le point qui reste douteux, c'est de savoir si cet Aobseos bâtit la ville dès le temps de Séleucos, et Appien n'est pas une autorité suffisante pour qu'on puisse trancher le débat sur ses indications. Dans le passage précité de Strabon, le texte de Meineke donne 'Aptaxàrîva : suivant Pline "t

1) AaiM. Marc, XXUI, 6, 43. — 2) Strab., XI, pp. 514. 524 3) Pu?!., VI»

14. Cf. Ammian. Marc, XXIII, 6, 43. Eistath. ad Dion. Perieg., 918. — *) PoLYB., X, 31, U. — 5) AppfA5., Syr. 57. — 6) Plîn., VI, 15. — 7) Stkph. Btz., 8. v. — 8) Ptolkm., VI, 5. McRsia dms Xmm. Marc, XXUI, 6, 43. — 9) Cort., VO, 2. - 10) Appian., .s'yr. 57. — 11) Sthab., Xï, p. 516. — 12) Plin., \1, 2?,S 93.

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il y a en Arie oppidum Artacoatuty Arius amniSj qui prsejluit Alexûndriam ab Alcxandro condilam; palet oppidum stad.XXX» multoque piUchrius sicut antiquius Artacahene iterum ab Antiocho munilum stad. L. Ce nom est évidemment le même que r'Aptaxauav ii6Xt; d'Isidore etr'Aptaxôova mentionnée dans l'expédition d*AIexandre. — C'est bien en Arie qu'était située ht Soteira d'Appien : Ptolémée * et Ammien Marcellin * le disent en termes exprès ; d'après le nom, on est en droit de supposer que ce n'est pas Séleucos, mais Antiochos Soter qui a fondé réteiblissement : je laisse de côté Tindication chronologique qu'on pourrait peut-être tirer de ce nom. — Quant à Charis, nous n'avons sur elle aucun autre renseignement.

4. — Dans les régions du Touran, nous trouvons d'abord deux fondations du temps des Séleucides, L'une est Antioche sur le Margos, fondée par Antiochos I^', dont il a déjà été question plus haut à propos d'Alexandrie en Margiane. — On a eu occasion de dire ci-dessus qu'Alexandreschata n'a pas été, comme le prétend Appien, fondée par Séleucos ; mais ses généraux et ceux de son fils ont été occupés sur l'iaxarte et dans les pays au-delà : il est possible qu'Alexandreschata ait été restAurée par eux. Quant à TAntiuche de Scythie dont parle Etienne de Byzance (elle occupe dans son catalogue la dixième place, tandis que l' Antioche de Margiane est à la douzième), il n'est guère douteux qu'il faille la chercher dans la région de l'iaxarte. La Table de Peutinger fait aboutir la route la plus avancée du côté du N.-E., celle qui vient de Rhagae, aux deux stations d'Alexandrie et d'Antioche : elle indique à côté d'Alexandrie deux autels, avec la notice: mquc qun Alexander. Pline nous donne l'explication de ce détail : idtra Hogdianiy oppidum Panda et in ullimis eorum (Sogdianorum) finibus AleœandHa ah Alexandre Magno conditum : aras ibirnnt ab Hercule et Libero pâtre constitutœ, item Cyro et Semiramide atque AlexandrOy finis omnium eorum ductus abilla parte terrarumyincludente flumine laxarte,,, transrendit eum amnem Domonas (Demodamas), Seleuei et Antiochi regum duxy quem maxime sequimus in hiSy arasque Apollini Didymxostatuit^,

J'ignore si le nom de Ménapia, donné par Ptolémée et Ammien Marcellin (Menapila), doit être considéré'comme hellénistique. — Celui de Théra en Sogdiane, cité comme nom de ville (niXi;) dans Etienne de Byzance, remet en mémoire la chasse d'Alexandre. — Quant aux rois gréco-bactriens des âges postérieurs, la tradition a apporté jusqu'à nous le nom d'une au moins de leurs villes, Eucratidia, xoO àpÇavto; ètccuwiio; *. Slrabon la nomme à côté d(x Baclres et de Darapsa: Ptolémée la range parmi les villes qui sont situées non pas sur TOxus, mais sur d'autres cours d'eau. D'après ses données géodésiques, elle était au N.-O. de Bactres, du côté de l'Oxus ; c'est là par conséquent que régnait Eucratide.

5. "^ On comprendrait qu'il ne se rencontrât aucune colonie séleucidienue dans l'Inde et sur les pentes de l'Ariane tournées du côté de l'Inde. Mais la

1) l^OLBM., VI, 17. — 2) Amm. Maiio., XXXin, 6, 69. — 3} Plin., VI, 16,§ 49.

— i) SlIiAB., XI, p. o 16.

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Table de Peutinger marque sur le rivage de la mer d'Orient, entre les bouches du Gange et celles du Pateris (?), une ville appelée Antiochia Uuirmaia, dont je ne saurais trouver la moindre trace autre part. Il n'est même aucunement nécessaire de considérer comme une indication précise sa situation entre les deux embouchures : suivant les habitudes que Ton connaît à la Table, il se pourrait que même cette position sur le bord de la mer fût sans importance aucune, comme c'est décidément le cas, par exemple, pour Bes^ lia deseluUa, laquelle est marquée sur la ligne de la mer du Sud, alors que les routes indiquent que cette localité se trouvait quelque part dans l'intérieur de l'Iran, sur la route allant de Persépolis au cours supérieur del'Indus. Évidemment, cette Bestia est la même que la Parabeste de Pline: amnis Erymandus (Etymandros) prœfluens Paraheslen Arachosiorum *.

Le nom de Démétriade en Arachosie est intéressant à plus d'un titre : il nous reporte au roi gréco-hindou Démétrios. Du reste, le seul renseignement qui la concerne se trouve dans Isidore, lequel la place avant la métropole hellénique Alexandropolis sur le cours de l'Arachotos, dans la contrée du même nom. — C'est un intérêt du même genre qui s'attache à Euthydémia ' ; Ptolémée , qui est seul à nommer cette ville, l'identifie avec Sangala. — Dans l'ample catalogue de villes indiennes que donne Ptolémée, il s'en trouve encore quelques-unes qui portent des noms absolument grecs, et qui pourraient bien être, par conséquent, des colonies grecques. Sur les côtes, il est vrai, l'hypothèse serait bien aventurée : on se ferait scrupu/e de rapporter à des fondations grecques des noms comme Monoglosson, Hippocoura, Sosicourœ, etc. Byzanlion, que citent Ptolémée, Etienne àe Byzance et le Périple, est, suivant Lassen, ainsi que me le fait observer H. KiEPKRT, une forme grécisée de viganta. Il serait d'ailleurs possible, d'après Strabon ', que la domination et la colonisation hellénistique se soit étendue aussi loin que cela du côté du sud. En fait de noms à physionomie grecque à relever dans les régions de l'intérieur, je rencontre sur l'Indus les suivants : Embolima, Pentagramma, Aristobathra, et, à l'est du fleuve, ^ Théophila ; il est vrai que le nom ne prouve pas grand' chose. Peut-être .^aut-il inscrire ici Antissa, que, suivant Etienne de Byzance, àvaypàçei ♦îX»^ xa\ AY}(io5â{xa; ô MiXi^<tio; : or, Démodamas est le général des deux premiers Séleucides en Bactriane. Enfin, Rhodon, citée par Etienne de Byzance, a une physionomie assez grecque ; seulement, le nom doit être une invention du poète Dionysîos, qui le citait au troisième livre de ses Bassarica *.

On nous permettra d'aborder ici en passant une question qui est à'ua grand intérêt au point de vue de l'importance des villes fondées dans l'Est par Alexandre et ses suœesseurs, et qu'ont soulevée de nouveau les recherches Consignées par von Richthofen dans la première partie de son ouvrage sur la Chine.

i) Plin.,VI, 23, §92. — 2) Ptolbm., VII, I. Le texte donne Euôyjiloe{«, mais on a eu raison de le corriger en Eù6u8i^(ie(a. — 3) Strab., XI, p. 439- — \) Cf. Stepii. Byz., 8. V. TaCo;.

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