APPEND. 111, 2] COLONIES SFR LA MER ROUGE
nétranle de Ad. SchmIot * . — Même en l'absence d*un témoignage exprès, on peut, je crois, «admettre que Arsinoé, bâtie dans le voisinage du lac Mœris, formait pareillement une cité ayant sa constitution à elle (il y a un rapprochement instructif à faire avec les véot "EXXyjvs; d'Antinooupolis). Pline • nous apprend que la ville fut fondée par Philadelphe en Tbonneur de sa sœur-épouse. Strabon parle avec admiration de la fertilité du pays, qui paraît avoir été traité avec une munificence particulière. Il s'y trouve encore quelques noms grecs, à propos desquels cependant je n'ose décider s'ils désignent des villes pourvues de constitutions à la grecque : à l'entrée de la région des lacs se trouvait Ptolémaïs, avec un port sur le Nil^; dans l'intérieur, Dionysias, localité dont les ruines offrent un caractère tout à fait grec ; non loin de là, Bacchis, toutes deux ayant reçu leur nom de Ptolémée. J'ai noté également un endroit appelé Thermœ, mais je n'ai rien de plus à en dire.
Maintenant que j'arrive aux fondations du littoral de la mer Rouge, je dois avertir au préalable que je n'ai pu me tenir au courant des publications concernant la géographie de cette région et que je dois me contenter ici d'un aperçu sommaire.
On peut admettre sans hésiter que, les renseignements de diverse nature recueillis au temps des anciens Pharaons sur ces contrées du littoral ayant été négligés et oubliés à mesure que déclinait la puissance de l'Egypte, les Lagides ont dû tout découvrir et tout créer à nouveau de ce côté. Les suivre ici pas à pas dans leurs établissements et leurs projets serait peut-être le moyen de dépeindre sous les couleurs les plus brillantes leur habileté administrative. Us ont créé des ports pour le commerce avec l'Inde, inauguré par Alexandre; ils l'ont accru en y ajoutant le trafic avec l'Arabie et l'Ethiopie; ils lui ont frayé quantité de voies allant de la mer au Nil; ils ont su donner aux côtes elles-mêmes, jadis désertes, une valeur productive.
Je ne me contenterai pas de citer ici uniquement les villes qui se recom . mandent par leur nom princier. Sans doute, il se peut que bien des noms purement grecs, comme on en trouve ici de tous côtés, ne soient que des surnoms ; mais il y en a aussi une bonne partie qui désignent des colonies, des factoreries, lesquelles certainement en ce cas sont hellénistiques pour la plupart. Quelques mots d'abord sur les sources dont nous disposons. Déjà Ératosthène, contemporain de Ptolémée III Évergète, avait traité tout au long de ces régions, et sa description de l'Arabie tout au moins a fourni à Strabon la matière d'un extrait intéressant. Il est vrai que Strabon a puisé beaucoup plus largement dans Artémidore, qui suit Agatharchide. Diodore aussi se renseigne à la même source. Sans doute, Agatharchide se vante d'avoir créé la géographie du Sud ; mais on s'aperçoit, en l'étudiant de près, à quel point il est loin de la science approfondie
1) Ad. SciiiiiDT, Die êegyptischen Urkunden^ p. 90. — 2) Plin., XXXVI, 9. Cf. Pai'san., I, 7. Stf.ph. Byz., s. v. etc. — 3) Ptolémaïs est nommée dans le papyrns publié par Schow, dans Ptolém/^e et dans la Table de Peutinger.
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qui distinguait le grand Ératosth^ne, comme il se plaisait, pour avoir l'occasion de faire le bel esprit, à entretenir le lecteur de curiosités et de fables sur lesquelles on devait d«'*jà-ètre suffisamment édifié de son temps. Si séduisantes que soient ses descriptions, ce n'est pas chez lui qu'on ira se renseigner sur l'état de ces contrées et sur la connaissance scientifique qu'on en avait do son temps ^ Après Strabon et Diodore, PompeniusMélael Pline présentent les choses d'une façon souvent bien différente de ce qui a été dit avant eux : Pline s'en référé au consciencieux Juba [qui vidHur dili(ieniimmp^persenihis hwn) ^, Il est vrai que TexpéditioD d'.'Elius Oallus et le développement des relations avec l'Inde pouvaient avoir mis en circulatron quantité de connaissances nouvelles; mais malheureusement Pline, ici encore, s'est acquitté de son travail encyclopédique avec une absence complète de jugement. Je douto fort qu'il ait utilisé déjà le Pnipie mis sous le nom d'.Xrrien; cet ouvrage contient les renseignements les plus précieux et les plus instructifs. L'extension du trafic sous l'Empire ajoalail
1) Une chose certaine, c'oA que les découvertes ont commencé sous Pliiladolphe. Pour le reste, on trouvera bien des renseignements dans la con<*luMoo des extraits d'Agatharchide. Il dit qu'il a terminé ea description des peuple.^ d" Sud ; pour ce qui est des iles découvertes plus tard en mer et des autres peuples comme aussi de l'eneens que produit le pays des Troglodytes, il n'a pas Hnteution d'en parler plus longuement; d'abord, il est trop vieux, ensuile lei troubles surveuus en Egypte ne permettent pas de faire une enquête plus exacte (iù)V uico|JLvy)(iàT(i>v Ôià Ta; xax' AîyuirTOv àiro(TTâo"et; oOx àxpi6^ irapaSioovtwv (Txl^'iv) ; si quelqu'un a eu occasion de recueillir là-dessus assez de coanai?- ?ances spéciales (i 5è xai xoXç xaTà ixlpo; Tcpayixaaiv evie-nix^i^t^c)» »*'ï ^} **^ et se sent appelé à se faire une réputation, celui-là peut se mettre à Tcenvre. Aiusi, au temps d'Agaihurchide, on venait de découvrir en mer cerlaioea Iles nouvelles (t&v èv tw Ttikâyei \riatûv ûorepov TsOewpriiiévcav). Ce nest pas des sept iles de Zénobios qu'il veut parler, car il les signale sans aucun doute sous le nom d'Iles Heureuses, et il connaitle trafic quis'yfait avecla Perse et IcF^* fondé par Alexandre sur Tlndns. Pour tirer au clair ces questiong et bien d'autres. 11 importe de déterminer le temps où vivait Agatharchîde. Daus la preml«'re édition, j'ai cherché à démontrer que la date à laquelle était arrivé DonwEix (à propos de Ptolémée IX, §§ 107-190) était trop récente, et qu' Agatharchîde avait vécu et écrit au temps des deux frères Ptolémée VI et Ptolémée VII. C. Mi;LLER(^''• Geogr. Min. I, p. 111 sqq.) a ahouti à un résultat différent; cependant, «^^ arpumentûtion n'a pu me convaincre. Parce qu'il y a dans les extraits o<* Photius (ch. 21 sqq. ap. C. MUller) un discours sur une expédition en Ethiopie et sur les motifs qui ont occasionné une campagne en Ethiopie, ce n'est pa* une raison de croire qu'Agatharchide a prononcé lui-même ce discours dansl^* Conseil du roi et qu'il faisait partie des hommes d'État qui dirigeaient Icsafliiii*^ sous son règne : c'est ce qu'a fait remarquer NiEiaiin, et je crois encore qo^ sou opinion est fondée. Les aizotnitm; mentionnées ci-dessus peuvent être es ot xatà Tapa'/y,v xaipoi que Ton connaît sous Ptolémée V, ou mieux encore les conflits répétés entres les deux frères (notamment l'expulsion de Philoniff^ en 164). Les découvertes d'Iles nouvelles auxquelles fait allusion Agatharchw^ pourraient se rapporter au voyage de circumnavigation autour de l^^'^'"! accompli par Eudoxe de Cyziqùe (de 113 à 111 d'aprèsC. Mijller); mais, qu^'jj on a lu la critique bien connue que fait Strabon de ee prétendu voyage, o^ découverte, on hésite fort à admettre qu'il en soit ainsi. ^2) Pijn., VI, 27 Ji ^'^'