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APPEND. III, 2] COLONIES SUR LA MER ROUGE

sans cesse aux connaissances antérieures, et c'est de cette façon seulement que le golfe Arabique a pu être l'objet de Texeellente description qu'en donne Ptolémée.

Nous commençons par la pointe nord de la mer Rouge. Elle devait son importance commerciale au canal restauré par Ptolémée II : amnem... Ptolemœum appellavit K LETRONNE'a fait l'histoire du canal et signalé ses rapports avec le commerce. Je n'arrive pas à me faire une opinion sur la question de savoir si Philadelphe n'a pas fait déboucher le canal un peu plus au sud que le point où aboutissait celui de Nécho; ce qui me le ferait supposer, c'est l'indication fournie par Strabon ^ au sujet de l'emplacement de Cléopatris : Ty,v icpbç vr^ TiaXaîot otwpvjfi tyi àwb toO Neî).ou. Il est vrai que le même auteur dit : «XXti (Siwpuy ôi^ èortv exôtooOoa el; triv . 'Epuôpàv xa\ xôv *Apâ6tov x6>.7;ov xai iroXiv *Apaivôr,v, î^v ^vioi KXeonaTpiôa xaXoOac * ; mais immédiatement après, Strabon distingue nettement l'une de l'autre les deux villes :|icXi^atov trie 'Apatv6Y)Cf xairj tôv ^llpc^wv ê<rc\ n6Xicxa\ y) KXcoicaTp i; Iv T6> iiv*/'î* *^®^ 'Apaêîoy xoXtiov tw npb; Ai'YUitxov xa\ Xiji.£v£; xa\ xaTotxiai, ottupuY^? oè itXciou; xat Xtpivai uXrîff'.âCouaai xo^toi;. Outre Cléopal ris et Arsinoé, il y a encore à citer un troisième nom grec, à l'extrémité nord du golfe que Pline appelle golfe d'Héroonpolis : c'est Clysma (K Xv(T(ia çpovpiov^). D'après l'Itinéraire d'Antonin ^, Clysma était à 68 milles romains d'Héroonpolis, et la Table de Peutinger (du moins d'après la copie de l'édition de Mannert, que j'ai sous les yeux) trace sa route d' Arsinoé à Clysma de façon qu'elle double la pointe du golfe. Il y a un passage instructif dans ï Alexandre de Lucien : àvaTcXe^aa; ô veavi'axo; c; AtyunTov à^P' "^^^ KXutrjiaTOC irXoioy àvayojjLévoy£7:ei<j0tî xai auTo; et; *Iv5îav TtXsOaai. Par conséquent, on allait encore d'Alexandrie à la mer Rouge rien que par eau (encore que l'àvauXeûaa; ne soit exact que pour la moitié de la traversée), et Clysma se trouvait tout près de l'embouchure du canal. Ptolémée place Clysma sous la môme longitude, mais un tiers de degré plus au sud qu'Arsinoé, et Hèroonpolis juste sur le même méridien, mais deux tiers de degré plus au nord. 11 en résulte qu'Arsinoé n'était pas à l'embouchure du canal ; c'est pourquoi Pline "^ dit: et nmnem qui Arsinoen firxjtuit Flolermrum appellavit. On ne peut guère invoquer contre Pline Georges Syncelle * et l'expression du Chronicon Paschale : oLiio (rr6|iaTo; toO xaxà *Ap(nvotTr,v tyjv Ivôixy); ^ ; il faut dire cependant que Diodore *** met aussi Arsinoé It:\ xr,; èxSoXîic. Cléopatris était située à l'embouchure de l'ancien canal, dans l'angle du golfe Arabique qui regarde l'Égypto (à moins que la phrase de Strabon ne fasse que distinguer cette région du golfe iElanitique, qui est de l'autre côté). Je crois avoir signalé les indications essentielles que donnent les anciens auteurs sur l'orientation de ces points, mais je m'interdis de les désigner d'après les localités actuelles.

1) Plin., VI, 29, § 167. Cf. Diodor., I, 33.— 2) Letbonne , Recueil, p. 189 sqq. — 3) Strab., XVI, p. 780. — i) Sthab., XVII, p. 804. — 5) Ptolem., IV, 5. HiEKOCi.., p. 728. Cf. Vila Arelhx, ap. Miller ad Starcian. Hc»racl. p, 140. — 6) Hin, Anton,y p. 170 éd. Wesseling.— 7) Plln., VI, 29. — 8) Syncell., I, p. 86 éd. Bonn. — 9) Chron, Pasch,^ p. 55 éd. Bonn. — 10) Diodor., I, 33.

764 LES COLONIES DES SUCCESSEURS [aPPEND. ITI, 2

Artémidore' assure qu'Ârsinoé fut ainsi nommée par Plolémée II en Tbonneur de sa sœur-épouse. Quant au nom de Ciéop&tre, il n*a été introduit, que nous sachions, dans la maison des Lagides que par le mariage de Ptolémée V.

Lorsque d'Héroonpolis on descend sur la droite le long de la côte des Troglodytes, dit Artémidore d'après Agatharchide ', la première station est Philotéra, ainsi nommée de la sœur de Ptolémée II : c'est une fondation dp Satyros, qui avait été envoyé pour se renseigner sur la chasse aux éléphants et explorer la côte ; puis vient une autre Arsinoé ; puis une source d'eau amère, non loin du mont Cinabre ; ensuite Myos Hormos ou Aphroditès Hormos, reconnaissable aux trois îles qui lui font face ; ensuite, dans rintérieur de la baie « immonde» (âxàOocpTo;)» Bérénice. Ces indications, corroborées en somme par Pline, bien que celui-ci semble ne pas puiser à la même source, ne sont pas d'accord avec celles de Ptolémée : cet auteur ne signale aucune autre ville entre Clysma et Myos Hormos, mais, entre Myos Hormos et Bérénice, il cite *iXu>Tlpat; Xtitiv et X«yxb; Xi|&t]v. Assurément, LETRONssa parfaitement raison de considérer les assertions d' Artémidore comme tout aussi fondées que celle de Ptolémée : à côté de Philotéra ou Philotéris, comme l'appelait Apollodore (dans Etienne de Byzance), il y a eu, au nord de Myos Hormos, entre Myos Hormos et Leukos Limên (Kosséir), sur remplacement d'une localité plus ancienne appelée i€Inum ', une autre ville appelée Port de Philotéra, l'une et l'autre portant le nom de cette même Philotéra qui a été aussi l'éponyme de la ville située tout à fait au sud de la Syrie. En dressant la généalogie des Lagides dans la première édition de VHistoirede VUeUénisme, j'ai négligé d'y faire figurer un renseignement que Strabon emprunte à Artémidore, à savoir, que Philotéra est la sœur de Philadelphe : une scholie de Théocrite *, déjà signalée par Walckenaer et re3tiriée par Letronne^, confirme l'assertion d'Artémidore en y ajoutant l'autorité de Lycos de Rhégion, Quant à cette Arsinoé entre Philotéris et Myos Hormos, Man.nert entre autres a fait observer que les mots lîta aX>r,v Ti&Xtv 'Apaivé/jV n'avaient été à l'origine qu'une note marginale et n'auraient pas dû être insérés dans le texte d'après l'édition Aldine. Ce qui est sûr, en tout cas, c'est qu'aucun autre auteur ne nomme cette Arsinoé, Etienne de Byzance non plus, bien que les commentateurs l'aient cru ; et pourtant, les nouveaux éditeurs de Strabon n'ont pas pris garde plus que LETRONKEàcetle particularité.^

Letronne a signalé les routes qui rattachent les points du littoral énumerés jusqu'ici avec la vallée du Nil. Dans le nombre, il n'en est qu'une, celle de Coptos à Bérénice, sur laquelle nous ayons des renseignements précis provenant de l'antiquité. Strabon* rapporte que Philadelphe wp&To; fftp«8*

1) ap. Strab., XVI, p. 169. Pli.n., ihid. — 2) Aoatharch., § 80 ap. Stb^b- XVI, p. 169 et DiODOR., III, 39. — 3) Pun.. VI,29. — 4) Schol. THKOCB.,XMlt 423. — 5) Lktrgxnk, Benteil, p. 182. — 6) Strab.,XV1T,p. 815.

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