APPËISD. 111, 2] COLONIES SUR LA MER ROUGE
Ces stations figurent avec des noms particuliers sur ritinéraire d'Antonin ' et la Table de Peutinger : ce sont Didyme, Aristonis, Apollonis', Bérénice elle-même avait reçu son nom de la mère de Phiiadelphe (Pline), et on la distinguait de son homonyme sur le golfe parle surnom de Troglody tique. Les nouvelles explorations ne laissent plus de doute sur remplacement de cette ville et de la baie « immonde » qui s'étendait en avant : ce n'est pas la Vieille-Kôsséir, comme Font cru les auteurs de la Description de VÈgypte^ ; les ruines de la ville existent encore réellement aujourd'hui, presque sous la même latitude que Syène, à Tintérieur de la baie «pourrie».
Plus bas que Bérénice, la position des diverses localités est difficile à déterminer, par la raison que, dans Ptolémée, les indications de degrés sont d'autant plus incertaines qu'on s'avance davantage vers le sud. Pour le paragraphe qui suit, je me suis servi principalement de la carte de Berghals ^, en empruntant quelques détails aux cartes que C. MCller a jointes à son édition des Geographi Minores.
A un demi-degré au sud de Bérénice et à plus d'un degré en mer, Ptolémée signale l'île d'Agathon : c'est roçiwôtj; vîjaQ; d'Agatharchide, de Strabon et deDiodore, iwXayfa \kh êiaon^i&att, to Sk (lyjxoc tt; oyôoi^xovTa <rTaÔtou; icfltpexTetvoyaa, où l'on trouve si souvent des topazes. C'est aujourd'hui l'île Djebel-Zoumroud (île des Émeraudes, d'après Lord Valentïa*). La latitude donnée par Plolémée (23® 40') concorde ici assez bien avec celle de la carte de Berghaus (23® 38'). Comme second point fixé avec certitude, nous pouvons citer Adule ( Zoulla dans la baie d'Annesley) : Ptolémée jui donne 14^ 20' de latitude (11® 40' dans la traduction); elle en a en réalité 15° 14'. C'est entre ces deux points qu'il faut chercher Ptolémaïs Théron : Ptolémée la place par 16® 30' de latitude (17® 25' ou 16» 25' dans certains manuscrits, 16o 26' dans la traduction). Le seul moyen d'arriver à une solution, c'est de prendre les îles pourpoints de repère. Il y a, le long du rivage occidental du golfe, deux grands groupes d'îles; l'un, un véritable Archipel, disposé en cercle autour de la baie d'Adulé (de 15® à lÔ» 40'), l'autre, plus petit, devant Ras-Ahvid et Ras-Assiz (de 18« 10' à 18« 50'). En partant de celui-ci et se dirigeant au nord, la première île qu'on rencontre est Djibel-Mekouar, par 20® 38' ; de là au 22« degré, il y a plusieurs îlots séparés. Or, cette répartition se reconnaît encore parfaitement dans Plolémée : il place l'île de Myron à 18®, les deux îles des Tortues un peu plus bas ( 17o 30' dans la traduction), les deux îles Thrissitis à 17® 30' (17® dans le texte grec) : cet ensemble d'îles doit être le petit groupe qui fait face à Ras-Assiz. Il y a encore une autre considération à faire valoir, Strabon, décrivant la région d'après Agatharchide, dit que la côte reste rocheuse jusqu'à é TTjcSoTeipac ).:>y)v, et que plus loin au sud elle se modifie et prend un caractère arabique; qu'on
1) Itin, Anton, f p. 112. — 2) r II y a probablement a replacer à côté de ces noms le mot dS^uixa qui 66 trouve eu d'autres endroits {caenon kydreuma) : il ne faut pas imaginer là autre chose que des citernes avec un posté de sentinelles >» (H. KiËPERT). — 3) Descr, de VÈgypte, VI, p. 378. — 4) Bemgiiaus, Arabien und das Silland^ 1835. — 5) ap. Berguaus., op, cit. p. 48.
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y trouve des bas-fonds etc : or, c'est le même endroit que Ptolémée appelle Oewv awTi^pwv Xipirjv et qu'il place h\l^ 30'. D'après ce rapprochement, on est obligé d'admettre que le port des « Sotères » se trouvait non loin de ces groupes d'îles et que c'est probablement l'excellent port de.Ras-Ahvid, entouré d'un cercle de hautes montagnes. Par conséquent, Plolémaïs Théron, que Ptolémée place un degré plus au sud que le port, ne doit pas être cherchée, comme le veut Lord Valeîîtia, à Ras-el-Assiz, qui est plus au nord, bien qu'on rencontre des éléphants dans le voisinage : mais il ne faut pas non plus, comme le fait Mannbrt, chercher l'endroit en question à Mirsa-Momharik, qui est de près de deux degrés plus au sud que le petit groupe d'îles. D'après le Périple d'Arrien, Ptolémœos est un petit emporium, àVjjisvoç xa\ axi^oLi^ lAovov TT,v àiioopo|iT,v ^X**'' * suivaut StraboH, Eumède, envoyé par Philsdelpho à la chasse aux éléphants, fit entourer une presqu'île d'un muret de fossés, puis il commença à amadouer peu à peu les habitants des alentours. Cette presqu'île doit être Ras-Tourhoba (iT 30'), promontoire, il est vrai, très plat, mais le seul qu'il y ait dans la région, au dire de Lord Valentia. Slrabon^ parlant d'après Éralosthène, dit que d'Héroonpolis à Ptolémais il y a 9,000 stades ; de Ptolémaïs au détroit de Dire, 4,500 stades : ces distances, soit comme valeur absolue, soit comme valeur proportionnelle, s'adaptent avec une exactitude suffisante à la position admise par nous. Pline évalue la distance entre Ptolémaïs et Bérénice en Troglodytie à 602 milles romains, c'est-à-dire à 120 milles géographiques : en défalquant 1/6 pour les détours, il reste 100 milles de distance en ligne directe. Ceci s'accorde exactement (à 2 milles près) avec la distance jusqu'à Ras-Tourhoba, tandis que jusqu'à Ras-Assiz il y a 90 milles en ligne droite, et 420 milles jusqu'à Mirsa-Mombarik. Si l'on trouve ces chiffres acceptables, alors la position des îles et des points du Jittoral entre Bérénice et le port des Sotères (Ptolémée est seul à les énumérer) se trouve déterminée avec une certitude suffisante : je ne m'en occupe pas davantage, attendu que les plus anciens renseignements concernant tbute cette étendue de côtes ne mentionnent que la prétendue embouchure de TAstoboras; c'est le pa6ùc x6Xito;de Ptolémée (à 2i<> 0' dans la traduction, 21° 10' dans le texte ), la Farate de Jua.n de Castro, qui a pris, lui aussi, cette baie pour une embouchure de fleuve.
Mannert a déjà démontré que Strabon, dans la suite de sa description, n'est pas exempt de confusion. Les six îles AaxoiJiîai appartiennent visiblement au grand groupe insiilairc dont il était question tout à l'heure; il met à la suite le i^aôaVxixbv axôtia. On voit fmr Ptolémée que tout U* golfe que ferme à l'est la grande ile de Dhalak ('Opsivr, dans Arrien, avec 200 stades de longueur) portait le nom de golfe Adulitain, et le l^ÔotVxixôv (jTÔjwt, que Ptolémée place à 1 */3 degré au nord d'Adulé (le point où l'échancrure du golfe s'enfonce le plus avant), à une trop grande dislance, il est vrai, est le détroit qui se trouve à 12 milles de Zoulla, près de l'ile Harrara. L'ancienne Saba (Sa^ax dans Ptolémée) u i:h\iç svjwyÉQrjc, où se trouvait une
l)SiiiAiJ.,XVL p. 7G8.