POURPARLERS AVEC ANTIPATER
Le lendemain, Aniiphilos el Ménon réunirent en conseil de guerre les généraux de leur armée, pour décider s'il fallait attendre de Grèce de nouvelles troupes et risquer une bataille décisive quand on aurait reçu des renforts sufCsants, ou s'il valait mieux engager des négociations en vue de la paix. L'armée des alliés était encore assez importante pour se maintenir dans ses solides positions, et la bataille même de Cranon avait prouvé que, si Ton parvenait à égaler à peu près Teffectif des Macédoniens, on pourrait leur tenir tête : les secours ne pouvaient tai'der à arriver; avec une bonne direction et cette excellente cavalerie thessalienne, on devait pouvoir tenir Tennemien échec. Mais cette rencontre avait jeté le découragement dans une grande partie de l'armée : on trouvait que Tinsuccès était dû à des fautes; les derniers liens de l'entente et de la discipline se rompirent : qui pouvait dire si les villes enverraient encore des renforts dans les conditions présentes, et si les Macédoniens ne recevraient pas de leur côté de nouvelles troupes? Il semblait encore possible d'obtenir à l'heure actuelle une paix honorable ; en présence de la Ligue de tous les Hellènes^ Antipater paraissait devoir se contenter de quelques concessions. On envoya donc des députés au camp macédonien pour ouvrir des négociations au nom des alliés. Le stratège macédonien répondit qu'il ne pouvait discuter avec une Ligue qu'il ne reconnaissait pas*; que les États qui désiraient la paix devaient lui faire parvenir sépai'ément leurs propositions. Ces prétentions parurent sans doute aux alliés une exigence insolente, et les négociations furent rompues.
Cette malheureuse tentative de négociation fut plus préjudiciable à la cause hellénique que le combat de Cranon. Elle avait trahi le découragement et Tindécision des Grecs; ou s'aperçut qu'ils n'étaient nullement résolus à pousser à bout et à tout prix l'entreprise commencée. Quant à TofiFre que faisait Antipater de négocier séparément .^^avec les différents États de la Ligue, elle donnait assez aux uns et aux autres la
haut ([, 8, 4) et comme Folybe (IV, 29, 2), nomme Lamia à la place de Cranon,
•) Diodore (XVIII, 17) dit simplement : ovôsvi xp^Tiu) xoivriv (iwXXvaiv