OL. cxiv, 3] dissolution de la ligue
teatatioa de chercher leur salut aux dépens de la cause commune. Dès lors, comment auraient-ils pu compter les uns sur les autres? comment les uns n'auraient-ils pas craint d'être trahis, les autres d'être exploités ?
Les contingents de l'armée coalisée se trouvaient encore réunis dans une position bien fortifiée, mais l'état moral des troupes rendait impossible tout autre mouvement militaire. Des détachements macédoniens se présentèrent^ sans rencontrer de résistance^ devant les villes thessaliennes : n'étant pas secourues par la Ligue, les places fortes durent se rendre l'une après l'autre. Déjà les alliés, sans doute dans la crainte d'être tournés, avaient quitté leurs positions; alors Pharsale*, la patrie de l'hipparque Ménon, fut prise à son tour, et la cavalerie thessalienne, principale force des alliés se dispersa : la Thessalie était au pouvoir des Macédoniens. Plusieurs États de la Ligue étaient déjà entrés en pourparlers avec Antipater et Cratère. On fit sans doute aux premiers arrivés des conditions capables de séduire ceux qui hésitaient encore'. Athènes ellemême demanda la paix : Antipater exigea qu'on lui livrât les orateurs qui avaient parlé contre la Macédoine; sinon, il viendrait lui-même pour en finir les armes à la main. Les négociations furent rompues là-dessus^, mais les autres États se hâtèrent d'autant : en quelques semaines, la Ligne hellénique
«) Plut., VU. X Oratt, p. 876.
') Ces conditions, nous ne les connaissons pas : mais comme, quelques années plus tard, il est question des autorités oligarchiques instituées par Antipater et de la suppression du régime autonome (Diodor., XVIII, 69), il est à croire que les bases du système, c'est-à-dire la suppression de la démocratie absolue, ont dû être posées dès maintenant, avec Tassentiment d'un parti, dans les cités de la Ligue.
') Plut., loc. cit. Comme on ne consentit pas encore à livrer les orateurs, il est à croire que ces négociations ont été engagées en Thessalie même. Suidas (s. v. ArjjioffûlvTjç et 'AvTiicaTppç) dit qu'on exigeait toù; fiéxa fi^Topaç: on peut douter cependant que, cette fois encore, comme au temps d'Alexandre, il y eût justement dix hommes d*État à réclamer. La liste des noms cités par Suidas concorde, à peu de chose près, avec celle des orateurs réclamés, en 335 (Arrian., I, 10) et contient des personnages qui n'étaient plus en ▼ie en 322, comme Éphialte« Charidème, Lycurgue. Démocharès, le neveu de Démosihène, se présenta cette fois Tépée au côté dans rassemblée du peuple pour parler contre l'extradition des orateurs (Plut., Vit, X Oratt., p. 847).