NÉGOCIATIONS DES ATHÉNIENS [I
fut dissoute \ II ne restait plus ensemble qîie les Athéniens et les Étoliens : ceux-là savaient qu'il leur était impossible de s'arranger avec la Macédoine et n'avaient plus que le choix entre la soumission complète ou la lutte'à outrance.
Les troupes athéniennes s'étaient retirées dans leur pays : on se demandait s'il fallait continuer la guerre. Mais quand on vit Tannée macédonienne arriver de la Thessalie, franchir sans obstacle les Thermopyles, entrer en Béotie et camper près de la Cadmée, les citoyens furent à bout de courage. On s'adressa à Démade, pour le prier d'aller trouver Antipater. Mais celui-ci refusa de paraître à l'assemblée, prétextant qu'après ses condamnations pour illégalité il n'avait plus le droit de parler en public". On se hâta d'annuler Vatimie dont il était frappé. Il conseilla alors d'envoyer à Antipater et à Cratère des ambassadeurs munis de pleins pouvoirs. Il est vrai qu'on ne voyait plus d'autre parti à prendre; mais, pour ne pas lui confier toute la mission à lui seul, on lui adjoignit le vieux Phocion, sur la loyauté duquel on pouvait compter. Les deux ambassadeurs partirent poiu* le camp macédonien àThèbes».
A l'ouverture des négociations, Phocion demanda tout d'abord que l'armée macédonienne n'allât pas plus loin, et qu' Antipater conclût la paix sur place. Cratère fit remarquer ce qu'il y avait d'inacceptable dans cette prétention : l'armée campait pour le moment dans le pays d'alliés fidèles, à qui la guerre avait déjà imposé assez de charges; il était juste qu'on entrât sur le teiTitoire des vaincus. Antipater le prit affectueusement par la main et lui dit : « Cédons, pour faire plaisir à Phocion ». Mais, lorsque celui-ci parla des conditions auxquelles les Athéniens acceptaient la paix, Antipater l'arrêta : quand il était assiégé à Lamia^ le général athénien lui avait demandé de capituler sans conditions ; il demandait de mémo aujour-