‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 48 sur 457 · OL. cxiY, 2] négociations des athéniens · texte numérisé non relu

OL. cxiY, 2] négociations des athéniens

d'hui qu'on se soumit sans restriction à toutes les mesures qu'il jugerait à propos de prendre.

C'est cette réponse que les ambassadeurs rapportèrent à Athènes. On aurait pu prolonger encore la résistance derrière les remparts, ou émigrer à Salamine comme au temps de Thémislocle, mais la flotte athénienne avait été battue deux fois déjà; il n'y avait pas de secours à attendre. Démosthène, Hypéride, Aristonicos de Marathon, Himéraeos de Phalère *, les chefs du parti anti-macédonien^ se hâtèrent de quitter la ville avant que le peuple ne les sacrifiât. Une seconde ambassade fut envoyée à Thèbes pour accepter les conditions de la paix. Elle était composée de Phocion, de Démade, du vieux Xénocrate de Chalcédoine, le chef de l'Académie à cette époque : quoiqu'il ne fût pas citoyen athénien, Xénocrate fut adjoint à la députation, car c'était une des gloires du temps, et l'on se promettait quelque résultat de son intercession auprès d'Antipater et du prostate de Macédoine ^

Quand on introduisit les ambassadeurs, Antipater leur fit un accueil aimable et leur tendit la main pour leur souhaiter la bienvenue, à tous, dit un auteur, excepté au philosophe. Celui-ci aurait dit alors qu' Antipater avait raison de rougir devant lui seul de la cruauté qu'il voulait exercera l'égard d'Athènes; et, quand Xénocrate voulut prendre la parole, Antipater l'interrompit d'un air mécontent et lui imposa silence*. Si le fait est exact, c'est peut-être qu'Antipater ne regardait pas un métèque comme autorisé à parler au nom d'Athènes. Il y a une autre version qui dit à peu près le contraire. Antipater aurait non seulement reçu le philosophe avec une parfaite courtoisie, mais il aurait même rendu plusieurs prisonniers à la liberté sur sa demande^. Il se peut biôn que Phocion ait dit que, puisque la ville se rendait au vainqueur sans conditions, il

•) Himérœos était le frère de Démétrios de Phalène, qui faisait partie de l'ambassade (Plut., Demeir. 28. Athen., XIII, p. 542).

*) Plut., Fhoeion, 27. 11 fut plus tard intimement lié avec Polysperchon (Plut. De faUo ptidore). Sur ses rapports diversement interprétés avec Arislote, voy. Stahr, Aristoteles, II, p. 285 sqq.

') Plut., ibid,

*) Dioo., Laert., IV, 9.

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le priait de se souvenir de l'ancienne gloire d* Athènes et des ménagements que Philippe et Alexandre avaient observés à son égard. Antipaier régla sa conduite sur d'autres considérations ; il se déclara prêt à conclure la paix et une alliance avec les Athéniens, si on lui livrait Démoslhène, Hypéride et leurs complices. D'après une autre version peut-être plus conforme à la réalité, il exigea que la ville fût remise complètement en son pouvoir, avec faculté de disposer de son sort par la suites

Il aura certainement manifesté l'intention de changer la constitution d'Athènes, de façon à ce qu'on pût enfin avoir avec elle des relations stables ; il ne dissimula pas non plus que, comme garantie pour l'avenir, il mettrait une garnison à Munychie et l'y laisserait tant qu'il serait nécessaire. Il réclama également une indemnité de guerre et une amende ; la situation de Samos, toujours occupée par les clérouques athéniens^ serait réglée à Babylone, Phocion le pria de retrancher l'article concernant la garnison macédonienne ; mais, comme Antipater riposta en demandant s'il se portait garant que les Athéniens ne violeraient pas la paix et resteraient tranquille^, il garda le silence', et on s'en tint aux propositions d'Antipater. Celui-ci dît qu'il ferait volontiers à Phocion toutes les concessions, excepté celles qui tourneraient au préjudice des deux parties.

Les autres ambassadeurs se déclarèrent satisfaits du traité, notamment Démade, qui avait suggéré l'idée de la garnison macédonienne'. Ainsi fut conclue, au commencement de sep-

*) Diodore (XVIIÎ, 18) s'exprime comme il suit : i 51 8îi|io; ovx àv â^i6(iO(xoc yjvayxaerOrï t^v iirixpoirriv xa\ rriv eÇovaiav ir&^rav *AvTiiraTp«i> ^Ovai îcip\ Tri;

•) Gomme Phocion garda le BÎlence, l'exclamation d*un assistant : tàv 5c ouTocçXvap^, (TU i:iaT£v<j£i; xa\ ou icpdtÇei; a Ôilyvwxa;; n'est guère en situation. On l'attribue à l'Athénien Callimédon, qui se serait trouvé dans l'entourage d'Antipater. Cornélius Népos {Phocion, 2) dit que Démosthène et les autres patriotes ont été bannis sur le conseil de Phocion et de Démade, et qu'on en voulut d'autant plus à Phocion, que Démosthène avait toujours été pour lui un ami fidèle. En tout cas, pas un ami politique.

*) Pausanias (VIF, 10) dit : t Antipater aurait volontiers accordé l'indépendance aux Athéniens et à toute l'Hellade, parce que la campagne d'Asie l'obligeait à terminer la guerre aussi vite que possible, mais Démade et les autres traîtres lui déconseillèrent toute mesure de douceur vis à vis des Hellènes; ils lui firent du peuple athénien un portrait odieux, et lui per-

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