OL. cxiv, 3] les macédoniens en attique
tembre, la paix entre Athènes et la Macédoine, paix que Xénocrate aurait qualifiée ainsi : « trop douce pour des esclaves, trop dure pour des hommes libres * ».
On était en septembre 322'. Les Athéniens célébraient la fête d'Iacchos, le sixième jour des grandes Éleusinies; le cortège des initiés, précédé du dadouque couronné, s'avançait sur la route sacrée vers la plaine d'Eleusis. Là, on aperçut des troupes macédoniennes qui la traversaient pour aller occuper Afunychie. Le fait a inspiré à un des historiens de cette époque une série de tristes réflexions. Il semblait, dit-il, que la cité dût sentir plus amèrement encore Tétendue de son malheur en voyant cette humiliation coïncider justement avec la procession. On se rappelait la bataille de Salamine, dont ce jour était l'anniversaire, et où les divinités d'Eleusis avaient manifesté leur présence protectrice par des signes éclatants et de grands cris à travers les airs : en ce même jour, les dieux avaient infligé à la glorieuse cité Thumiliation la plus profonde. C'est maintenant que se réalisait la prédiction de Toracle de Dodone,qui recommandait de garder la hauteur d'Arté- TOi'is, précisément la colline d'Artémis à Munychie, avant que l'étranger ne s'en emparât'.
Cependant, la garnison macédonienne avait pris possession
de Munychie; les autres mesures suivirent. On commença par
^modifier la constitution athénienne; pour être citoyen, il fallut
^-t^rénavant posséder un avoir de plus do 2,000 drachmes, dis-
str Adorent de mettre des garnisons à Athènes et dans la plupart des villes fT'^ocjwes ».
^y JD'après Tauteur des Vies des dix Orateurs (p. 847), on voyait plus
î**"^ «^ rentrés jdu Prytanée une statue représentant Démocharès avec Tépée,
aa.rrs Tattitude qu'il avait, dit-on, en parlant au peuple lorsqu'Antipater
^^•'*- <lemandé Textradition des orateurs. Il est plus que douteux qu'on pût
eiioo^-^ délibérer à ce moment sur la question de savoir si Ton accepterait
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j *^^i^3c à laquelle avaient adhéré les plénipotentiaires chargés de la con- .. *"^ ^ Les orateurs devaient être déjà en fuite ; sans quoi, il eût fallu les
,, ^ t*LUT., Phocion, 27. Demosth. 28. Ce jour était le 20 Boédromion de
^H^ontat de Philoclès (01. CXIV, 3).
^^ ^ Plut., Fhocion, 27 (probablement d*après Douris). — çpovpa xt Maxe- 19-.^^^ é<T^XO«v 'AOfjvafoi;, oJ Mouvuxîav, uorepov 5è xQt\ neipa»& xa\ Tet/Yj |taxpà ^^^'^ (Pausan., I, 25, 5) Il n'y avait pas encore, ce semble, de fort sur la ^^^•^ur de Munychie : ce sont les Macédoniens qui le bâtirent ensuite.
74 RÉFORME DE LA CONSTITUTION d'aTHÈNES [1, 2
position aussi sensée tout au moins que rigoureuse. Jusqu'alors, en effet, d'après le recensement de 378, les citoyens dont la fortune dépassait 2,S00 drachmes avaient seuls supporté les charges publiques, tandis que les citoyens moins fortunés, qui formaient la majorité dans rassemblée du peuple, non seulement décidaient des affaires publiques sans tenir aucun compte des ressources des riches et de celles de l'État, mais vendaient encore leur suffrage dans l'assemblée et dans les tribunaux, ou se montraient toujours disposés à accepter les mesures qui flattaient leurs intérêts et leurs passions. Pour corriger cette anomalie démocratique et faire fonctionner une constitution qui permît d'établir une situation durable, il fallait réserver le droit de cité à ceux qui, par leur fortune, offraient quelque garantie. U était permis de supposer que celui qui, en cas de guerre, était soumis à la taxe, aux liturgies et autres charges, s'efforcerait de maintenir la paix. On fut obligé cependant d'abaisser d'un cinquième le maximum du cens*, car depuis le recensement de 378, la fortune de TAttique avait beaucoup diminué. Néanmoins plus de la moitié des citoyen^ne purent atteindre ce chiffre; ils perdirent leurs droits actifs, et furent exclus des tribunaux et de l'assemblée du peuple. Ils perdaient du même coup une partie de leurs moyens d'existence, c'est-à-dire, les jetons de présence (BtaCTat) pour les jurys, l'assemblée, l'argent des fêtes, etc. ; si on les laissait dans le pays, mécontents et exaspérés comme ils Tétaient, ils constituaient pour la tranquillité intérieure un danger dont la garnison macédonienne elle-même, à la longue, n'aurait pu venir à bout. Les Macédoniens leur offrirent d'émigrcr en Thrace ; plusieurs milliers, dit-on, acceptèrent et furent embarqués pour cette destination. Désormais, le corps social se composa à peu près de 9,000 citoyens. Il conserva ses lois traditionnelles, et les citoyens leurs propriétés*; mais l'ancienne souveraineté de la
*) BôcKH {Staatshaushallung, P, p. 635) entendait par ces 2,000 drachmes
(toÙ; xcxtyjjjlIvou; irXslw 8paxi^^^ ÔktxiXi'cov. DiodOR., XVIÎI, 18) l'avoir tOUt entier, biens meubles et biens-fonds. L'opinion exprimée ci-dessus dans le texte a été également adoptée par Berok (in Jahrbb. f, Philol. LXV, p. 397). «) Diodore (XVlir, i8j dit, et son opinion a du poids comme représentant celle d'Hiéronyme : — ©i>av6p<oirc»ïç avtoîc irpo<xev6x6E\; <jwv6xeâpï)<rev lx«tv