‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 53 sur 457 · OL. cxiv, 3] antipater et cratère · texte numérisé non relu

OL. cxiv, 3] antipater et cratère

entrave qui pouvait à bref délai devenir dangereuse pour son système politique tel qu'il avait Tintention de l'organiser. Antipater^de son côté, ne pouvait se dissimuler que le gouverneur général était résolu à faire valoir lous ses droits et marchait d'un pas ferme à la domination absolue sur les stratèges et les satrapes de l'empire. Déjà, au commencement de Tannée 322, Ptolémée lui avait fait part de ses craintes : il savait que le gouverneur général se préparait à lui contester la possession de rÉgypte ; s'il réussissait, les autres stratèges et satrapes courraient bientôt le même danger. C'était aussi l'opinion d'Antipater; il conclut avec les hommes de confiance que lui avait envoyés Ptolémée une convention en bonne forme*, pour le cas, inévitable à leurs yeux, où il s'agirait de défendre leur puissance respective contre l'autorité de l'empire. En même temps, Antipater chercha à resserrer son union avec Cratère, qui, soldat des pieds à la tète et d'une fidélité inébranlable à la royauté, hésiterait peut-être, quand le moment décisif serait venu, à se déclarer contre le représentant reconnu du pouvoir suprême. S'il réussissait à attachera ses intérêts ce'vaillant capitaine, honoré jadis de l'entière confiance d'Alexandre, jouissant de la considération du peuple et de l'armée, et connu, entre tous les compagnons d'Alexandre, pour agir sans visées personnelles et tout en vue de la cause à laquelle il s'était une fois dévoué, il gagnait là un point d'appui précieux pour ce qu'il méditait de faire. 11 le combla d'honneurs et de présents, ne laissant passer aucune occasion de lui témoigner qu'à lui seul il devait son salut, sa victoire sur les forces des Hellènes. Il lui donna en mariage sa fille Phila, une femme de grand cœur, dont il avait l'habitude de suivre les sages conseils même dans les affaires les plus importantes, une des plus nobles figures de femme qu'on rencontre dans cette époque troublée*.

*) Il n'est guère possible d'entendre autrement l'expression de Diodore (XVIII, 14) : xoivoTcpaytav o^véôeto.

*) DiODOR., XIX, 59. Antonius Diogenes (ap. Phot., BibL p. ili, 6, 3) commence ses histoires merveilleuses par une lettre que Balacros est censé avoir écrite à sa femme, la fille d'Antipater. Il ne faut pas même tirer de cette lettre apocryphe la conclusion que j'avais cru pouvoir admettre autrefois, à savoir, que Piiila avait été mariée en premières noces avec Balacros.

Page 1