‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 54 sur 457 · LA GUEHHE CONTRE LES ÉTOLIENS · texte numérisé non relu

LA GUEHHE CONTRE LES ÉTOLIENS

Les États grecs envoyèrent une foule d'ambassadeurs aux fêtes du mariage. D faut admettre que les partisans des Macédoniens étaient revenus partout à la tète des affaires : on ne peut savoir au juste, en raisonnant par analogie d'après l'exemple d'Athènes, jusqu'à quel point les formes du gouvernement oligarchique avaient été appliquées : on nous dit qu'Antipater avait partout réformé la constitution des villes, et que celles-ci l'en remercièrent par l'envoi d'adresses et de couronnes d'or *.

Seuls les Étoliens n'avaient pas encore fait leur soumission ; tant qu'ils conservaient leur indépendance dans lem^s montagnes, la tranquillité de la Grèce n'était pas garantie pour longtemps. L'empressement avec lequel ils avaient accueilli tant de proscrits des cités helléniques montrait bien que la destruction de la confédération étolienne pouvait seule assurer la domination macédonienne en Grèce. A la fin de 322, une armée macédonienne forte de 30,000 fantassins et 25,000 cavaliers, sous le commandement d'Antipater et de Cratère, marcha sur l'Étolie.

Il ne s'agissait pas seulement de vaincre les Étoliens, mais de dissoudre leur communauté et de transporter, dit-on, tous les habitants en Asie. Les Étoliens réunirent rapidement 10,000 combattants, mirent les femmes, les enfants et les vieillards en sûreté dans la montagne, abandonnèrent les villes de la plaine, qui ne pouvaient opposer de résistance, mirent des garnisons dans les places fortes, et attendirent de pied ferme un ennemi bien supérieur en nombre. Les Macédoniens, trouvant les villes de la plaine désertes, se hâtèrent d'assaillir les places fortes, «>ù l'ennemi avait concentré ses moyens de résistance. Ils luttèrent avec des pertes considérables, sans résultats sérieux: mais quand vinrent les rigueurs de la saison d'hiver, quand Cratère établit à demeure ses Macédoniens dans des quartiers d'hiver bien retranchés, les Étoliens, qui étaient forcés de rester dans les hautes montagnes couvertes de neige, commencèrent à manquer du nécessaire : leur perte semblait prochaine ; il leur fallait ou bien descendre dans la plaine pour lutter

xai xaiç *EXXr,vi'at n^Xe^tv Inteixûc iipodevexôeU xût\ xà iio>.iTeu|i,xta auvayav^v xaXôç xai xataon^aa; eicasvwv xai trceçàvwv ^TVyev (DiODOR., XVIII, 18).

322/1 :oL. cxiv, 3J paix avec les étoliens 81

contre un ennemi supérieur en nombre et parfaitement commandé, ou attendre ime mort misérable par la famine.

Un revirement inattendu les sauva. C'est précisément sur ces entrefaites que le satrape de la Grande-Phrygie, Antigone, arriva en fugitif au camp macédonien. Consterné des nouvelles qu'il apportait, Antipater tint conseil avec Cratère et les généraux de l'armée. D'un accord unanime^ en résolut de lever le camp et de partir immédiatement pour l'Asie, se réservant de recommencer la guerre contre les Etoliens €>n temps opportun. Pour le moment, on leur accorda une paix très favorable * .

«) DioDOB., XVIII, 25.

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