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CHAPITRE TROISIÈME

Lconnatos et Euinène. — Perdiccas et Eumène marchent contre la Cappadoce. — Perdiccas contre les Pisidiens. — Néoptolèrae et Eumène.

— Nicœa. — Cléopâtre. — Cynane et Eurydice. — Fuite d'Antigone.

— Ptolémée. — Perdiccas fait ses préparatifs de guerre. — Départ d'Antigone avec ses troupes. — Guerre en Asie-Mineure. — Mort de Cratère et de Néoptolème. — Les Étoliens contre Polysperchon. — Puissance de Ptolémée. — Cyrène au pouvoir de Ptolémée. — Expédition de Perdiccas contre l'Egypte. — Mort de Perdiccas. — Ptolémée à Tarmée royale. — Jugement des partisans de Perdiccas. — Intrigues d'Eurydice. — Rébellion de l'armée. — Antipater gouverneur général.

Les renseignements relatifs à Tépoque des Diadoques qui sont parvenus jusqu'à nous ne nous montrent jamais que Tagitation incessante et la désorganisation dont le monde est travaillé ; nulle part il n'est question d'éléments fixes et modérateurs, du vaste ensemble qu'ébranle ce mouvement et de la lenteur avec laquelle il s'opère.

Il y avait cependant de ces éléments inertes et résistants. Ce n'est pas seulement le caractère passif et le génie propre des peuples orientaux, dont il nous a été conservé au moins un exemple frappant dans les décrets des prêtres égyptiens, à l'époque où Ptolémée portait encore le titre de satrape ; mais chez les dominateurs aussi, il y a des habitudes et des formes, des forces conservatrices qui ne sont domptées que peu à peu par les progrès de la décomposition.

Le peuple macédonien et son armée gardent un penchant prononcé pour la monarchie, surtout pour ^l'ancienne dynastie indigène, et les règnes glorieux de Philippe et d'Alexandre

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ont donné à ce sentiment tout national une forme bien nette, qui ne s'effacera plus. Avant tout, l'armée a ses grands souvenirs; elle conserve une habitude du commandement et de l'obéissance qui persiste malgré les mutineries et les révoltes passagères. Il y a plus : chaque arme a ses traditions particulières, ses distinctions et ses droits ; les différents corps ont chacun une organisation fermée et constituent comme autant de communautés démocratiques : tout cela ne rend peut-être pas les troupes plus faciles à manier, mais leur donne une plus grande force d'action et de résistance. La soldatesque, comme au temps de Wallenstein et de Banner, forme, en dehors et en dépit de la politique, une puissance avec laquelle doit compter celui qui dirige les affaires.

Alexandre a su dominer et employer avec une entière liberté

cet instrument; il s'entendait àmanier la masse des soldats aussi

bien que les officiers des grades les plus élevés, et c'est là une

preuve plus convaincante que bien d'autres de la supériorité

de son génie, de la puissance absorbante de son esprit et de

îia volonté. Les désordres qui suivirent sa mort montrent tout

^e qu'il avait su contenir et réprimer de passions violentes et

^^plosives chez ses hipparques, ses stratèges, ses gardes du

^'ps et ses satrapes. Ces désordres mêmes permettent de juger

combien le système fondé par lui était bien conçu. Les formes

^ son empire durèrent longtemps après sa mort, plus long-

^^ps que ne l'eût fait supposer la désastreuse faiblesse de

^«x qui portèrent après lui le nom de roi. Ce n'est pas un roi

qui succédait au conquérant: « Un enfant et un imbécile »,

comitiç, dit le vers allemand, allaient le remplacer.

vu il nQug ^fy\i permis de citer ici par anticipation un trait 3 ' *Ppui de nos allégations. Certainement chacun des satrapes, des stratèges et autres grands d'Alexandre aspirait à une domux^lj^jj indépendante, à une puissance personnelle. Si les uns hésitaient en calculant à froid, si les autres étaient arrêtés ^at Va crainte d'un voisin plus puissant, d'autres enfin par le Aat^g^r d'un premier pas, tous avaient la même convoitise, utic convoitise qui croissait à mesure que le succès devenait plus probable. Et cependant, personne n*osa prendre le titre de roi aussi longtemps que vécurent « l'enfant et l'imbécile >u

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