‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 56 sur 457 · SITUATION DES SATRAPES [I · texte numérisé non relu

SITUATION DES SATRAPES [I

Même après la fln tragique des deux infortunés, six années entières s'écoulèrent (jusqu'en 306) avant qu'un des « successeurs (StàSs/ot) » crût pouvoir mettre le diadème sur son front. Il y a plus : dans le dernier siècle de l'empire perse, les satrapes avaient pris l'habitude de frapper des monnaies portant leur nom*. Ce fait ne se reproduisit plus sous Alexandre, et nous pouvons bien voir là une preuve des modifications importantes qu'il apporta à la condition des satrapes; et cette transformation se maintint, après la mort d'Alexandre, tant que son empire subsista de nom. Naturellement les satrapes, et certainement aussi les stratèges, faisaient frapper des monnaies d'or et d'argent, mais à Teffigie et au nom des rois légitimes. C'est à peine si de petits signes accessoires, tels que l'aigle de Ptolémée, Tancre de Séleucos, le demi-lion de Lysimaquo, trahissent l'intention de revenir au système des satrapes battant monnaie. Encore ces premiers essais ne doivent-ils pas remonter au delà de 311. Sur le grand nombre des satrapes de l'est et de l'ouest, il n'en est pas un qui se soit permis des manifestations de cette nature.

Sans doute, les satrapes, tels que les avait institués le prc-^ miîîr partage, avec le pouvoir souverain qu'ils exerçaient dans leurs provinces, et toute la liberté, en fait de politique intérieure, que leur laissaient les coutumes de l'État et de la région administrée par eux, pouvaient arriver à se créer une sorte de principauté territoriale ; mais le gouverneur général n'en avait pas moins autorité sur eux au nom de l'Empire, et le droit qu'il avait de les destituer lui donnait le moyen de les maintenir dans les limites de leurs attributions.

Ce système offrait un grave danger. Nous avons dû supposer que, loin des délibérations d'où sortit, à Babylone, le régime en question, la puissance militaire dans les satrapies, qu'Alexandre avait en règle générale séparée de l'autorité civile et placée à côté des satrapes, était subordonnée à ceuxci. Si donc les satrapes avaient le commandement des forces

*) On sait déjà par Hérodote que la satmpe d'Egypte Aryandès a- battu monnaie; mais les pièces portant la marque AVPA ou môme APVAN sont plus que douteuses.

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