‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 58 sur 457 · CONQUÊTE DE LÀ CAPPADOCE [I · texte numérisé non relu

CONQUÊTE DE LÀ CAPPADOCE [I

leurs droits. Le pays fut donné en satrapie à Eumène, qui prit aussitôt les dispositions nécessaires et choisit, pour s'assurer la nouvelle satrapie, ses fonctionnaires civils et militaires parmi ses fidèles*. Son intention était de rester auprès de Perdiccas, tant pour être toujours prêt à l'assister au conseil et à l'action que pour ne rien perdre de son influence en demeurant éloigné du camp royal. Aussi quitta-t-îl bientôt sa nouvelle province pour se rendre en Cilicie, où se trouvait cantonnée l'armée royale*.

On pouvait être alors au printemps de 322. Léonnatos était déjà tombé dans la lutte contre les Hellènes; Cratère avait repris la route de la Macédoine; Lysimaque, après une lutte courte mais meurtrière contre Seuthès, prince des Odryses, avait battu en retraite pour se préparer à une nouvelle expédition'; Antipater se trouvait derrière le Pénée, hors d'état d'exercer la moindre influence sur les afl'aires de l'autre côté de l'Hellespont : Perdiccas, qui avait pris pied en Asie-Mineure par son expédition de Cappadoce, pouvait donc avancer dans la voie où il s'était engagé ; il pouvait songer à rétablir, par un exemple sévère, l'autorité de l'empire sur les satrapes. Antigone, dans la Grande-Phrygie, s'était rendu coupable d'une grave insubordination ; les rois lui envoyèrent l'ordre de se présenter devant leur tribunal. Perdiccas pouvait compter que le fier satrape ne viendrait pas et qu'il faudrait avoir recours contre lui à la force des armes. Pour être tout à fait à portée au moment de la lutte et s'ouvrir un chemin vers la Phrygie, il résolut d'entreprendre une expédition contre les villes de Laranda et d'Isaura, dans cette partie de la Pisidie qui est située entre la Cilicie « âpre » et la Phrygie. Du vivant même d'Alexandre, les Pisidiens, indomptés dans leurs

*) Arrian., 5, 11. Plut,, loc» cit. Diodor., XVIII, 16. De la Paphlagonie on ne nous d^t rien, à moins qu'elle ne soit contenue dans TaÙT^ Te t) Kaicwaîoxia xa\ xa icXt](nix(^P« de Diodore (XXXI, 19, 4) : en tout cas, Eumène a bientôt après des cavaliers paphlagoniens dans son entourage. Du reste, Ariarathe avait alors 82 ans (Lucian., Macrob. 13). Son fils Ariarathe se réfugia en Arménie (Diodor., XXXI, 19,5).

*) Plut,, loc. cU.

») Diodor., XVIIl, U.

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