‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 59 sur 457 · OL. cxiv, 2] perdiccas contre les pisidiens · texte numérisé non relu

OL. cxiv, 2] perdiccas contre les pisidiens

montagnes, avaient résisté avec le plus grand succès aux généraux du roi ; il était enfin temps de les châtier.

Laranda fut prise rapidement et sans peine*. La plupart des habitants furent massacrés, les autres vendus comme esclaves, et la ville elle-même rasée au niveau du sol. L'armée s'avança ensuite contre la grande ville, solidement fortifiée, d'Isaura. Une nombreuse garnison la défendait, et elle était suffisamment pourvue de munitions de guerre et de provisions de toute sorte. Les Isauriens combattirent pour leur indépendance avec un courage extraordinaire. Deux fois les asâiégés repoussèrent l'assaut, mais avec de grandes pertes, et il ne leur restait plus assez d'hommes pour garnir d'une façon suffisante le sommet des remparts. Instruits parla destruction de Laranda du sort qui les attendait si leur ville était prise, ils préférèrent préparer eux-mêmes la ruine à laquelle ils ne pouvaient plus échapper. Ils enfermèrent les vieillards, les femmes et les enfants dans les maisons, et dans Fombre de la nuit mirent le feu en plusieurs endroits de la ville à la fois : puis, pendant que Tintérieur de la ville était en flammes, tous les hommes en état de porter les armes s'élancèrent sur les remparts pour les défendre jusqu'au dernier moment. A la lueur de l'immense incendie, les troupes macédoniennes s'avancèrent, cernèrent les murs et tentèrent un assaut de nuit. Les Isauriens se battirent avec une valeur peu commune, forcèrent les ennemis à abandonner l'attaque, puis, descendant des remparts, ils se précipitèrent ensemble dans les flammes. Le lendemain matin, lorsque les Macédoniens revinrent, ils entrèrent sans obstacle dans la ville embrasée et réussirent à arrêter les progrès du feu. Les lieux incendiés furent livrés au pillage, et, en fouillant les décombres, les Macédoniens trouvèrent une grande quantité d'or et d' argent dans les cendres de cette cité, naguère si opulente*.

«) DiODOR., XVIII, 22. Sur remplacement de la ville, il ne peut pas y avoir de doute, car son nom s'est maintenu jusqu'à nos jours concurremment avec le nom plus connu de Karaman.

*) DiODOR., XVIII, 22. Hamilton, guidé par des inscriptions (Researches in Asia Minor, II, n» 427), a retrouvé Isaura à Olou-Bounar, dans le voisinage du lac de Soghla-Gheul . (Cf. C. I. Gr^ec., III, n^ 4382 sqq. G. I. Lat. III, n» 288). Tchihatcheff (Petermanns Ergamzungsheftf Nr. 20 p. 16)

Page 1