‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 68 sur 457 · DÉFAITE ET MORT DE TUIBRON · texte numérisé non relu

DÉFAITE ET MORT DE TUIBRON

des troubles commencèrent à se produire, et le bas peuple, excité selon toute apparence par Mnasiclès, chassa de la ville les riches, dont une partie passa dans le camp de Thibron, pendant que l'autre s'enfuyait en Egypte. Ces derniers informèrent le satrape de ce qui se passait dans la Cyrénaïque et le prièrent de les ramener dans leur patrie*.

Rien ne pouvait arriver plus à propos pour lui que cette demande. Il lui serait facile de remporter la victoire, vu Tétat d'épuisement où se trouvaient les parties belligérantes. Vers Tété de 322, il envoya en Cyrénaïque, sous le commandement du Macédonien Ophélas*, un corps considérable de troupes de terre et de mer. A leur approche, les exilés qui s'étaient réfugiés auprès de Thibron résolurent de se joindre à elles. Leur dessein fut découvert, et ils furent tous mis à mort. Les meneurs de la populace de Cyrène, redoutant les représailles des exilés s'ils rentraient dans la ville à la suite des Égyptiens, firent à Thibron des propositions de paix et s'allièrent à lui pour repousser Ophélas. Pendant ce temps, ce dernier se mettait à l'œuvre avec toute la prudence requise. Il envoya un détachement contre Taucheira, sous le commandement d'Épicyde d'Olynthe, et se dirigea lui-même sur Cyrène. Il rencontra Thibron : celui-ci, complètement défait, s'enfuit vers Taucheira, où il espérait trouver un abri, et tomba entre les mains d'Épicyde. Ophélas chargea les Taucheirites du soin de le châtier. Ils le battirent de verges, le traînèrent ensuite à Apollonie, qu'il avait si cruellement ravagée, cl finalement le mirent en croix'. Les Cyrénéens, cependant,

') C'est l'expédition u ^dans le pays des habitants de la Marmarique », d'après une inscription hiéroglyphique dont il sera question ultérieurement.

') Cet Ophélas est probablement le Pellœen, fils de Silanos, «jui, d'après Arrien (Ind. I, i8), figurait parmi les triérarques de la flotte de l'Indus.

») DiODOR., XVIII, 19-21. Arrian. ap. Phot. 70 a. 10, § 16sqq. Le décret rendu à Athènes en l'honneur de Thibron (C. I. Attic , H, n« 231), à propos, ce semble, de la protection accordée par Thibron à des citoyens athéniens (xatotxoOaiv *Atôrjvaî<i>v... lig. 7. — è]ît[iii]éXeiav eiro[iet OU eTcoti^aaTo... lig. 9), doit cependant, si Bôckh a eu raison de reconnaître dans le personnage ainsi honoré l'aventurier en question, avoir été rédigé de son vivant, et en un temps où les Athéniens avaient les mouvements plus libres. En ce cas, il ne faudrait pas compléter avec Kôhler par en' 'Apxîuwou àpxov]To;, atten-

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