‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 7 sur 457 · OL. cxiv, i > la crisk i · texte numérisé non relu

OL. cxiv, i > la crisk i

La situation du parti appuyé sur la cavalerie n*était pas moins embarrassante : ils seraient bien avancés, après la lutte et la victoire, s'il leur fallait acheter le triomphe au prix du massacre de rinfanterie macédonienne et du meurtre d'Arrhidét», un malheureux digne de compassion!

Les deux partis devaient accepter avec joie un compromis. Le secrétaire particulier d'Alexandre, Ëumëne de Cardia, appartenait au parti de la cavalerie*, mais il était resté à Babylone. 11 commença à parlementer avec quelques-uns des chefs et à les exhorter à la paix, disant que lui, étranger, restait personnellement en dehors de ces dissensions funestes entre Macédoniens ; il n'avait en vue que la grande cause de l'empire, d'où dépendait le salut du monde hellénique et de l'Asie*- Le Grec avisé réussit à se faire écouter : il est possible que d'autres Hellènes, chefs de mercenaires dans l'armée, aient appuyé ses démarches; le Thessalien Pasas, TArcadien Amissos, furent envoyés avec Périlaos aux troupes campées devant la ville, pour négocier avec elles au nom du roi'. Puis les députations se succédèrent de part et d'autre ; il s'engagea des négociations où Ëumène notamment paraît avoir rendu des services signalés à Perdiccas et à la cause de l'empire. Perdiccas lui-même devait désirer un arrangement, pour ne pas rester plus longtemps un simple chef de parti : placé près d'un roi faible, il était sûr d'éclipser bientôt l'influence de l'odieux Méléagre*.

*) D'après Plutarque (Eitmen., 1), Eumène aurait obtenu Thipparchie de Perdiccas après la mort d*Héphestion, lorsque Perdiccas remplaça le défunt comme chiliarque. La chose est peu vraisemblable.

*) Plut., Eumen. 3. Diodore (XVIII, 2} dit aussi : ol 'i°^ptiax<ixo\ tûv àvop&v ^Tcetorav vj-zoltç opLovoT)(ra(. C'est dans ces circonstances qu'il faut placer lanecdote racontée par Plutarque (Eumen,y 1) : à Tentendre, Tarchi-hypaspiste Néoptolème aurait dit, après la mort d'Alexandre, qu'il avait accompagné Alexandre avec le bouclier et la lance, tandis qu'Eumène portait les tablettes et le poinçon.

') Igitur a rege legcUur Pasas Thessalus et Amissus Megalopolitanus et Perilaus (Cirt. X, 8, i5) : ce dernier était probablement un Macédonien, sans doute le même qui se trouve cité dans Diodore (XIX, 64) comme stratège d'Antigone. Il n'est guère possible, en fin de compte, que les deux personnages grecs soient tout simplement inventés par Clitarque.

*) D'après Q. Curce (X, 8, 22), qui fait venir les propositions de l'infanterie, les fantassins demandent simplement à Perdiccas ut Meleagrum tertium

^2 TRANSACTION fl, 1

On finit parconclure un accord sur les bases suivantes : les cavaliers macédoniens reconnaissaient le roi proclamé par rinfanterie ; celle-ci accordait en retour que, si la reine Roxane donnait le jour à un fils, ce fils serait également roiV II était stipulé de plus qu'Antipater serait stratège en Europe, Cratère « prostate » du royaume, Perdiccas chiliarque comme Tavait été Héphestion , et Méléagre hyparque*. Arrhidseos était chargé de conduire le corps d'Alexandre au temple d'Ammon^ Le traité une fois juré, les phalanges sous la conduite

ducem acciperent : haud œgre id impetralum esl. Ce qu*Arrien dit de la convention conclue à la suite des pourparlers montre que cette version est le contre-pied de la vérité.

') Servata est portio regni (Justin., XIII, 4, 3). L'extrait d'Arrien ne mentionne pas cette clause : elle doit avoir existé, car désormais il est toujours question « des rois » ; leurs noms figurent officiellement dans le décret des Nasiotes en l'honneur de Thersippos (C. I. Gr^x. II, n«> 2166. App, p. 1024. Cf. le texte reproduit dans l'Appendice du présent volume) : St6... 4>iXtiîiio; [o *i>.cinTou xai] *AXé5av6poç o 'AXeÇoévfipw T[à|x pa<TiXeta]v icapi- Xaêov... et plus loin (lig. 13) : icapay8vé|ievo[; «poç to\1c paaiXrjaç... Nos sources ne disei^t pas comment on devait s'arranger pour la tutelle de cet enfant. La qualification « d'Alexandre ^Egos », jadis employée de temps à autre, provient du Canon des Rois de Petau, celui-ci ayant trouvé dans son manuscrit et accepté la leçon 'AX£Çav5poc AIFOS pour AAAOS.

') Il y a ici un passage important dans les extraits d'Arrien : 'AvTmaxpov pièv atpaTT^YÔv sîvai tûv xaxà Tr|v EupcoiTQv, Kpdttepov Se itpoffTaTrjv tt); *Appioaitou paatXec'aç, Ilepdîxxgtv 5à x*^tapX^'^ X'^**PX**Ç ^i? ^PX^^ *Hçai<TTtu)v* xh Bï tjv èiri- TpoTTÎ^ TÎ)ç 7ca(n}; paacXeéac* MeXéaypov Ôè virap^ov IlepSixxov. Justin (XIII, 4, 5) est plus superficiel : castrorum, exercitus et rerum cura Meleagro et Perdiccas assignatur. Le texte d'Arrien se trouve expliqué par un fragment do . Dexippos (fr, i) : 'AvTÎTcatpo; Ôè aTpaTYjyoç autoxpdcTcop exaXelTOi ttiv Se XYjSepiovi'av xa\ o<jy) itpo(rra<Tta ttj; paatXeia;, Kpdxepoc eTCKTpdirri, ô St) «pwtkttov tijitjç tIXo; irapà M(xxe6<S(ri. Il ne s'agit sans doute pas de la fonction d'eititpoTco;, telle que la remplit le Lynceste Aéropos après la mortd'Archélaos(DiODOR., XIV, 37),Ptolémée d'Aloros après la mort d'Alexandre l^^ (Xj&cm's.yDe falsa leg, § 29 : oç tqv eiriTpoito; xaOeanQxwc twv itpaYiidtTtov), et Philippe après la mort de Perdiccas, comme emTpono; de son petit-neveu Amyntas {diu non regem . sed tutorem pupilli egit. Justin., VII, 5, 9). Le mot irpodtaaîa ne doit pas signifier simplement le decus regium^ comme le pense Wesseling (ad Diodor. XVIII, 49) et comme Diodore l'emploie en effet quelque part (XVII, 34) : c'est ce qui paraît résulter d'un texte du même Diodore (XVIII, 23), où il est dit de Perdiccas : itapéXags tac te PaaiXixà; Swâptei; xai Tr)V t&v ^a<T(Xéb>v Tcpo^Taffcav.

') D'après le décret en l'honneur de Thersippos. il est hors de doute que son vrai nom était Arrhabîcos ; et dans un passage tout au moins de Palyaenos (VII, 30, un stratagème qu'on a tout lieu de rapporter à Cyzique), la leçon des mss. est 'AptêaUu ou 'A pi 66 ai'ou. Diodore (XVIII, 3. 26. 39. 51, etc.) écrit toujours *Appi5«To;. On voit par la méprise de Justin (XIII,

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