oL. cxiv, IJ le nouveau régime
de Méléagre et les escadrons de la cavalerie sous les ordres de Perdiccas quittèrent leurs positions pour se réunir souslesmurs de la ville, et rentrèrent ensuite dans la capitale, ne formant plus comme auparavant qu'une seule armée.
Ce traité mettait fin aux dissensions du moment*, et jetait les premières bases des destinées futures de l'empire. En reconnaissant le nouveau roi, on se prononçait pour le maintien de l'empire et de son unité. Le gouvernement garda ses anciennes formes, et les satrapies demeurèrent aux mains des titulaires en fonction. II n'y eut de changements importants que pour les grands commandements militaires et les provinces européennes. Comme Cratère n'était pas encore arrivé en Europe, Antipater conservait dans toute leur étendue des pouvoirs qu'il aurait dû lui céder, suivant Tordre donné par Alexandre dans l'été 324. Cratère reçut Ja charge ]a plus élevée qu'il y eût à la cour dans la hiérarchie macédonienne, la prostaste ou présidence du royaume; il faut dire que, maintenant qu'il était en marche avec ses 10,000 vétérans, c'était une nomination sans effet immédiat, un simple titre honorifique. L'hyparchie de Méléagre n'était pas sans doute le commandement en chef de l'infanterie; c'était la seconde place dans rélal-major de l'armée : mais Parménion avait déjà occupé un poste semblable*. La chiliarchie de Perdiccas n'était pas davantage une innovation. Alexandre avait emprunté cette
4, 6) : juhetur Arrhidœus rex corpus Alexandn in Ammonis templum dedurere, combien la corruption du nom est ancienne. C'est précisément pour cette raison que je n'ai pas osé abandonner la tradition des manuscrits, rfautant plus qu'on ne donne jamais ni le nom du père, ni quoi que ce soit indiquant l'origine de ce personnage. Naturellement, c'est un des grands, et le vrai nom indiquerait ia famille des Lyncestes; peut-être est-ce un fds de l'hipparque Amyntas, petit-fils d'Arrhabœos et arrière-petit-fîls du roi Aéropos. La mission d'accompagner le cadavre et la situation qu'occupe plus tard cet ArrhabaBos font supposer qu'il avait pris parmi les somatophy laques la place de Peucestas.
•) D après Q. Curce (X, 10, 9), le cadavre d'Alexandre est resté sept jours abandonné; Élien (Var, Hisl., XII, 64) dit trente jours.
*) Le fait que, dans le mauvais catalogue de l'armée d'Alexandre donné par Diodore (XVII, 17), Parménion commande toute l'infanterie, ce fait, disje, ne prouve rien. L'expression d'Arrien : MeXéaypov 5s Cirap^ov UepSixxoy indique la vraie situation, bien que le mot \>uap-/<>: soit employé de bien des façons.
14 PERWCCAS CHILIARQUE [I^ 1
charge aux usages de la cour des Perses. Le chiliarque n'était pas seulement le chef des nobles chevaliers appelés « parents du roi »; mais, en toute autre circonstance aussi, il venait immédiatement après le roi; il était constamment à ses côtés* : c'était un véritable grand- vizir de Tempire. Sous Alexandre, il est vrai, cette charge conférait simplement au titulaire les plus grands honneurs après le roi : aussi l!avait-il donnée à son plus intime ami, et, lui mort, il décida qu'elle resterait inoccupée, pour que le nom d'Héphestion y demeurât à jamais attaché ^ Perdiccas,en reprenant cette chiliarchie « des parents du roi » (ce nom paraît avoir été aussi rétabli), avait toutes les attributions d'un maire du palais et paraissait à même de prendre un pouvoir absolu, si le roi manquait de force ou d'autorité.
Si quelqu'un était à la hauteur de ces importantes fonctions, c'était Perdiccas, qui se sentait assez fort pour les exercer dans la plénitude de leurs droits et prérogatives. L'illustration de sa naissance, son rang élevé*, ses longs états de service dans l'entourage des rois Philippe et Alexandre; ajoutez à cela une personnalité habile, perspicace, impérieuse; tout devait lui assurer sur les autres généraux comme sur les masses une supériorité qu'il avait assez d'empire sur lui-même pour dissimuler, autant que la prudence le commandait : à l'occasion, aussi hardi dans la parole que dans l'action, imposant sa volonté et assuré du succès. Cette marche ferme et décidée vers le pouvoir suprême donne à sa physionomie la noblesse de l'audace, à ses actions la logique rigoureuse et vigoureuse dont il avait besoin avant tout dans sa position.
') Ad chUiarchum qui sccundtim fjmdwn imperU tenehat (Corxel. Nep., Oman, 3). Cf. Diodor., XVIII, 48.
*) ovxouv oy^à àXXov Tivà sxaÇsv àvxt 'llçat^Tccovo; -/iXiap/ov cift tf, tirTwo ty, êTaipixïj, uiz ^r^ àiTzhXax'ZQ to ovo(jux toO *HçaiffTia>vo; ex tr,; Tà^eci>; x. x, >.. (Arriax., VII, 14, 10).
3) On trouve des détails sur son caractère dans Élien (Var, HiaL IX, 3. XII, 16 [TtoXejiixô;], XII, 39 [evToÀ|Ao;]), et dans bien des passages de Diodore : Q. Curce (X, 7, 8j, parlant de lui et de Léonnatos, les appelle regia sth'pe yenitos. Au temps de la guerre du Péloponnèse, le prince d'Orestide était Antiocbos (Thucyd., 11,80), et Oronte, le père de Perdiccas, pouvait être le petit-fils ou le fils de cet Antiocbos.