‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 70 sur 457 · POLITIQUE DE PTOLÉMÉE [I · texte numérisé non relu

POLITIQUE DE PTOLÉMÉE [I

mieux que lui conserver par la modération et accroître, tout en sauvant les apparences, la puissance que sa bonne étoile lui avait fait échoir ; nul ne sut avec plus de perspicacité s'arranger de façon à se faire soulever et porter plus loin par le flot montant . On peut dire que, dès le commencement, il reconnut que la tendance de Tépoque était de transformer le royaume en une série de petits États indépendants, et il sut en faire la base de sa politique. Son pouvoir fut le premier qui se tranforma en État dans le sens des nouvelles idées, et il resta jusqu'au bout le chef et Tàme de cette tendance qui devait assez tôt prévaloir dans l'empire. C'est dans cet esprit que fut conclue son alliance avec Antipater, alliance qui, à l'issue de l'année 322, était devenue bel et bien une coalition contre le gouverneur général.

Déjà les malentendus entre ce dernier et les potentats de l'Occident commençaient à prendre un caractère plus sérieux ; déjà Perdiccas avait pris possession de la Cappadoce pour le compte d'Eumène et cité Antigène de Phrygie à son tribunal. Antigène alors s'était enfui en Europe, peut-être déjà d'accord avec Ptolémée, ainsi que le fait présumer ce qui arriva par la suite.

Lors de la grande convention de Babylone, pendant l'été de 323, il avait été décidé que le corps d'Alexandre serait transporté en grande pompe dans le temple d'Ammon. L'organisation et la direction du convoi devaient être confiées à Arrhidaeos.

A la fin de l'année 322, tous les préparatifs étaient terminés ; le gigantesque char, destiné à recevoir le cercueil royal, avait été construit avec une magnificence incomparable. Sans attendre l'ordre du gouverneur général, Arrhidaeos partit de Babylone*. Le char funèbre s'avançait accompagné d'un immense et solennel cortège; de près et de loin une foule innombrable accourait sur la route qu'il suivait, soit pour admirer la splendeur du catafalque et du convoi, soit pour

') C'est ce qui résulte de Texpression d*Arrien : «apà yvcditiriv auTb {xh afi»(iac) nepdfxxou Xa6civ. D'après Diodore (XVIII, 28), ArrhidaBOS est parti <rx^«ov ïtyj Wo av^Xuxrac iitp\ ty^v «otpawevi^v. Les événements ne permettent guère cependant de descendre plus bas que la fin de 322.

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