‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 78 sur 457 · OL. cxiv, 3] la bataille contre cratère · texte numérisé non relu

OL. cxiv, 3] la bataille contre cratère

aussitôt défection. Après avoir exhorté dans une courte allocution ses cavaliers à la bravoure, il donna le signal de l'attaque. Le choc eut lieu d'abord entre Taile qu'il commandait et l'aile opposée de Tennemi; il fut d'une violence extrême. Bientôt les lances furent rompues; on tira le glaive et Ton combattit avec un acharnement effroyable. Le succès fut longtemps incertain, par suite de la supériorité numérique des cavaliers ennemis. Cratère était lui-même au premier rang, infatigable, au plus épais des ennemis, renversant tout sur son passage, toujours digne de son ancienne renommée et de son maître Alexandre. Enfin, Tépée d'un Thrace lui perça le flanc ; il s'abattit avec son cheval ; les escadrons lui passèrent sur le corps l'un après l'autre sans le reconnaître : il luttait contre la mort. Ce fut (Jans cet état que le trouva et le reconnut Gorgias, un des généraux d'Eumène. Gorgîas descendit de cheval, le déclara son prisonnier et laissa un poste pour le garder. Les Asiatiques poursuivirent leur charge victorieuse, elles Macédoniens, se voyant privés de leur chef, se replièrent avec de grandes pertes sur la ligne des phalanges.

Cependant l'action s'était aussi engagée sur l'autre aile. Deux fois déjà l'attaque s'était renouvelée ; ce ne fut qu'à la troisième qu'Eumène et Néoptolème se rencontrèrent. Es se précipitent l'un sur l'autre avec une fureur effroyable, essayant de la lance, de l'épée ; à la fin, ils lâchent la bride sur le cou de leurs chevaux, et, se prenant à bras le corps, se saisissent par la crinière de leur casque et les bandes de leur cuirasse. Leurs chevaux, effrayés de ces tiraillements et de ces secousses, se dérobent sous eux; tous deux tombent sur le sol, roulant l'un sur l'autre, luttant, proférant des imprécations, incapables de se relever sous le poids de leurs armures. Enfin Néoptolème se redresse ; Eumène, d'un coup de poignard, lui coupe le tendon du jarret. Arc-bouté sur Tautre genou, le blessé continue à lutter avec rage, et, tout épuisé qu'il est, il frappe trois fois son adversaire sans lui faire de blessure profonde. Un nouveau coup qu'Eumène lui porte à la gorge lui enlève ses dernières forces : il s'affaisse mourant. Eumène, la raillerie et l'insulte à la bouche, se met à lui enlever son armure; alors, rassemblant le reste de ses forces, il pousse son n 8

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