ATTAQUE SUR LE FORT DU CHAMEAU [I
renommée et à combattre vaillamment contre le rebelle pour la cause des rois; il les congédia enfin, en leur recommandant 4e tenir les troupes prêtes au départ.
Ce fut au soir seulement que Ton fit connaître à Tarmée, en lui donnant le signal du départ, la direction qu'on allait suivre. Perdiccas craignait qu'avec ces désertions continuelles sa marche ne fût indiquée àFennemi. On s'avança en toute hâte pendant toute la nuit : enfin le camp fut établi sur la rive , en face d'une place forte, le fort du Chameau. A Taube, après un court repos pris par les troupes , Perdiccas donna Tordre de passer le fleuve. Les éléphants venaient en tête, puis les hypaspistes, les porteurs d'échelles et les troupes désignées pour Tassant, enfin Télite de la cavalerie, qui devait repousser Tennemi s'il s'avançait pendant l'assaut. Perdiccas espérait, pourvu qu'il pût prendre pied sur la rive opposée , mettre facilement en fuite, grâce à la supériorité de ses forces, les troupes égyptiennes. Quant à ses soldats , il était persuadé , et avec raison, que, malgré leur peu de sympathie pour lui, à la vue de l'ennemi, ils oublieraient tout pour ne plus songer qu'à l'honneur militaire.
La moitié des soldats avaient passé le fleuve, et les éléphants se mettaient déjà en mouvement contre la forteresse , lorsqu'on vit des troupes ennemies se diriger en toute hâte de ce côté : on entendait le son de leurs trompettes et leurs cris de guerre. Elles devancèrent les Macédoniens sous les remparts et entrèrent dans le fort. Sans perdre courage, les hypaspîstes marchèrent à l'assaut; les échelles furent dressées contre les murs; on poussa en avant les éléphants, qui renversèrent les palissades et démolirent les parapets. Mais les Égyptiens défendaient vaillamment leurs murs. Ptolémée, entouré de quelques soldats d'élite et revêtu de Tarmure des phalangites macédoniens, se tenait sur le rempart, la sarisse à la main, toujours au premier rang des combattants. Il plongea sa lance dans Tœil de l'éléphant placé en tête des autres et transperça sur son dos son cornac indien ; il renversa les assaillants qui se trouvaient sur les échelles , en blessa et en tua un grand nombre. Ses hétaeres et ses officiers rivalisaient de courage. Le cornac du second éléphant fut également précipité à bas de