I OL- CXIV, 4] EUMÈNE ET LE PAHTI DE PERDICCAS J4J
qu elle SL^ait offert sa main à Perdiccas, lequel était déjà marié avec sa. fille, et provoqué ainsi la guerre sanglante de cette année ; c^nsuite, de ce qu'elle n'était pas revenue à de meilleurs sentîmotits, même après la chute de Perdiccas, et était restée ^'i ra.pp<>rts avec Eumëne mis au ban de l'empire.
Cléopâtrc, impliquée probablement dans un procès en règle,
se déferàdit devant l'armée réunie avec une éloquence hardie,
<?x(ra.oi:-d inaire pour une femme. Elle reprocha en face au
ê^ouveT-i^cur général la façon dont il avait déshonoré la famille
royi^l^ , t ï:aité indignement la reine-mère Olympias, et fait passer
son ixï téï-êt personnel avant la dignité de l'empire. EUeétaiten
^^^ I^o^^^oir; il pouvait lui faire subira son tour ce qu'avait
so^ \t*i-^ Jq Perdiccas sa sœur Cynane; la race de Philippe et
i\ ^-'t^^c^^-idpe semblait destinée à être anéantie par ceux mêmes
qui le u :^- devaient tout. Antipater n'osa pousser les choses plus
D'il laissa la reine tranquille dans sa résidence de Sardes.
-Ç** ^js tarder, il se mit en marche vers l'Hellespont*.
. *^ "^^ ^rapprochait : Eumëne était déjà dans ses quartiers, sur
J^^-^-^ï^s^ supérieur du Méandre ; il employait ses moments de
, . ^- :faire des incursions dans les pays avoisinants, qui lui
^ Jiostiles. 11 inventa pour ses soldats une manière toute
.^~^5 ^ ^^ vraiment bien militaire de gagner leur solde : il
^^ ^ aux différentes troupes des terres, châteaux et autres
„„, ^^^^tés situées sur le territoire ennemi, avec tout ce
/«/ *^^ contenaient, hommes, bestiaux et instruments de
n^' -^^ Z il leur donnait congé et leur fournissait Téquipage
l ^ "^ire pour s'emparer de ces places, et les camarades par-
g ^ ^ ^ nt ensuite le butin. Par ce procédé, les hommes con-
I ^ ^> nt leur belle humeur, leur vigueur militaire et leur
1 ^ ■^ , choses qui ne se perdent nulle part plus vite que dans
^^^^^-ï^tonnements*. Cependant Eumène prenait activement
,. ^^ ses dispositions pour la guerre qui devait recommencer,
f ^i\te la saison le permettrait. Il commença par nouer des
^^^ ovations avec Alcétas et les restes du parti de Perdiccas
^ ^^^mblés autour de lui, les invitant à se joindre à lui pour
^%. Arrian. ap. Phot., p. 72 b. 3.
Plut., Eumen, 8.
142 KIMÈNE ET SES TROUPES [l, l
tenter une action commune contre l'ennemi. Attale et Alcélas reçurent le message du stratège : on disputa le pour et le contre dans le conseil des intimes; enfin, à la majorité des voix, on se décida pour le parti le moins sensé. Alcétas, Attale et les autres se refusèrent à opérer sous Eumëne, ou même à ses côtés. Ils lui répondirent qu'il ferait bien de leur céder le commandement : Alcétas était le frère de Perdiccas, Attale son beau-frère, et Polémon le frère d' Attale; c'était donc À eux que revenait le commandement, etEumène devait se soumettre à leurs arrangements. Cette réponse fit tomber les espérances du général. « C'est conune le proverbe : et de mort, il n'en est pas question ! » s'écria-t-il, douloureusement ému. Il vît que c'en était fait de la cause de son parti, mais il voulut du moins résister aussi longtemps que possible. Il pouvait compter sur ses troupes : même les Macédoniens de son armée lui étaieut dévoués de tout cœur. Ils savaient qu'aucun général ne prenait soin de ses hommes avec plus de sollicitude et de bonté. A plusieurs reprises, on trouva dans le camp des lettres annonçant qu'Eumène était condamné à mort et que son meurtrier recevrait du Trésor royal cent talents de récompense; mais il ne se trouva personne pour commettre cette action infâme. Eumène convoqua les troupes en assemblée, remercia les soldats de leur fidèle attachement, se félicitant d'avoir remis sa vie entre leurs mains; il avait vu ses troupes soutenir honorablement cette épreuve trop forte et trop témérairement choisie peut-être, et il y voyait une garantie pour l'avenir, car, ceilainement, de semblables tentatives ne se renouvelleraient que trop tôt de la part de l'ennemi. La foule, avec un étonnement approbateur, écoutait le général présenter si habilement les choses, et ajoutait foi à la tournure qu'il leur donnait. Pour le préserver de dangers à venir, ils s'offrirent à l'envi à lui servir de gardes particuliers et résolurent enfin de former un corps de mille capitaines, chefs de bataillons et autres hommes éprouvés, qui protégeraient sa personne et lui feraient de jour et de nuit une sûre escorte. Ces braves se réjouirent alors de recevoir de leur général les honneurs que les rois avaient coutume de distribuer aux « amis ». Eumène avait en effet le droit de conférer la causia rouge et les man-