‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 98 sur 457 · OL. cxiv, 4] cassaxdre et antigone · texte numérisé non relu

OL. cxiv, 4] cassaxdre et antigone

teaux d'honneur, les insignes les plus enviés de la faveur royale chez les Macédoniens *.

Devant la disposition d'esprit où se trouvait Tarmée d*Eumèue et la solidité de la position qu'elle occupait, le nouveau gouverneur général n'avait pas jugé à propos de rien entreprendre contre le proscrit avant que le stratège Antigène fut à portée. Seul, Asandros de Carie avait été envoyé contre Âtlale et Alcétas ; mais il avait fini par se retirer après un combat indécis, et l'ennemi restait le maître pour le moment dans la Carie, la Lydie et la Pisidie.

Cependant Antigone s'avançait par le Taurus avec l'armée de Tempire et les rois : le chiliarque Cassandre l'accompagnait. Déjà des dissentiments fâcheux avaient éclaté entre les deux chefs; le rude et fier chiliarque ne voulait pas se soumettre à l'austère stratège, qui maintenait ferme la discipline militaire, pas plus que celui-ci n'était disposé à tolérer les prétentions d'un jeune homme n'ayant pour lui rien que le nom de son père et quelques souvenirs désagréables des dernières années d'Alexandre. Le vieil An tipater avait une fois déjà imposé silence à son fils, au sujet de ses plaintes «t de ses récriminations contre Antigone : mais l'effet de sa réprimande ne fut que de courte durée*.

Dans le courant de l'hiver, lorsque Tarmée royale se fut rendue en Phrygie, — par la route de Gordien, selon toute apparence, — pour prendre ses quartiers d'hiver dans les contrées qui n'avaient pas encore souffert de la guerre, Cassandre courut en personne au camp de son père, qui se trouvait dans la Phrygie d'Hellespont. Il lui dénonça la conduite équivoque d' Antigone et les préparatifs que celui-ci faisait pour des entreprises évidemment dangereuses; il le conjura de ne pas aller plus loin et de ne point quitter l'Asie avant d'avoir déjoué dès le début les desseins du stratège et de s'être assuré, lui et les rois, contre de grands périls. Cependant Antigone

*) Justin., XIV, 1. è$r,v yàp Eùpilvêt xa\ xauaia; àXovpyeî; xai -xXaii-'Jox;

Stiviiieiv, y,Tt; yJv ôwpeà PamXixwTaTYj irapà Maxe$6ffi (Plut., Eumm, 9). f) Il devait être question de tout cela et de bien d'autres choses dans la hti<in des leUres d'Antipater à Cassandre, — colleclion que Cicéron a pu

^^core {fie Off. Il, 14), — si toutefois elle était authentique.

j44 l'armée d'antigoxe [I, 4

lui-même s'était rendu au camp du gouverneur général. Peutêtre travaillait-il déjà en silence à d'autres projets, mais, pour rinstant, il ne pouvait faire autrement que de rester encore en bons termes avec Antipater. Il se justifia complètement et montra combien il était loin de sa pensée de vouloir contrecarrer Antipater, auquel il devait tout. Il rappela son dévouement pour lui, sa conduite passée et le témoignage de tous ses amis. Antipater l'assura qu'il quittait l'Asie sans autre inquiétude, ajoutant qu'il jugeait bon toutefois de tenir les rois à l'écart du tumulte continuel de la guerre et des dangers possibles auxquels ils étaient exposés au milieu d'une armée en campagne. Il les emmènerait donc avec lui en Europe. Pour la lutte imminente avec Eumène, on ne pouvait avoir dans les Macédoniens de l'armée royale, qui avaient longtemps sei-vi sous Perdiccas et s'étaient plusieurs fois montrés indociles, toute la confiance qu'il fallait pour les opposer à un tel ennemi. A la place de ce corps, il lui laisserait une partie des Macédoniens avec qui il était venu lui-même d'Europe, à savoir 8,«^00 fantassins; plus, sous le commandement du cliiliarque, autant de cavaliers qu'il en avait eu jusqu'alors; enfin, la moitié des éléphants, c'est à dire 70*. Après avoir pris ces dispositions exirêmement importantes pour la marche ultérieure des événements, Antipater se dirigea vers l'Hellespont, accompagné du roi et de son épouse Eurydice, du jeune roi Alexandre, âgé maintenant de deux ans et demi, et de sa mère Roxane^. Il em-

*) eXéçavta; ôk twv icavtwv toù; TjpLiVeaç o' (ÂRRIAN. ap. Phot. 72 b 25, § 43). Ainsi, à cette époque, le nombre total des éléphants aurait été de 140, tandis qu'Alexandre, lorsqu'il descendit le cours de Tlndus, en avait déjà 200 (Arrian., VI, 2, 2): il est cependant peu probable que le nombre ait diminué d'autant en si peu d'années. Arrien n'explique pas bien nettement si peut-être l'armée royale n'était pas restée avec Antigone. J'ai cru devoir accepter l'hypothèse contraire, parce que l'armée royale était seule capable de faire une émeute pour réclamer des cadeaux en argent (aÎT&vTàxpT^,(jLaTQt) et qu'elle devait par conséquent être allée avec Antipater. Arrien dit que 8,500 hommes d'infanterie, xa\ iTméac f^v ètlpoiv raoy;, étaient restés avec Antigone. Il faut évidemment lire twv kxoLlptay, mais, même avec cette correction, le passage offre encore des difficultés, et on pourrait faire bien des objections à l'explication adoptée ci-dessus.

») Strabon (XVil, p. 427) fait cette remarque immédiatement après la mort de Perdiccas : <niv avTô» (Ilepôtxxa) Ôè... {ici manquent quelques mois) xai o\ ^aoiXc'i; 'Apptdaî6c xi xa\ Ta icaiSta toi *AXeÇâv8pou ) est ceci inexact.

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