‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 101 sur 231 · OL. cxii, 4] la sogdiane pacifiée · texte numérisé non relu

OL. cxii, 4] la sogdiane pacifiée

lazaret, sous la garde d'environ quatre-vingts cavaliers mercenaires, ainsi que quelques jeunes nobles. L'armée gagna rOxus ; comme une source d'huile jaillit près de la tente du roi, Arislandros déclara que c'était un signe qu'on vaincrait, mais que la victoire demanderait beaucoup de peine ; et en elFet, la plus grande prudence était nécessaire pour tenir tète à ces ennemis qui menaçaient de tous côtés. Le roi divisa son armée de telle sorte que Méléagre, Polysperchon, Attale et Gorgias restèrent à Bactres avec leurs phalanges pour garder le pays \ tandis que le reste de Farmée, divisé en cinq colonnes, sous la conduite du roi, de l'hipparque Héphestion, du garde du corps Ptolémée, du stratège Perdiccas et du satrape de Bactriane Artabaze, auquel était adjoint le stratège Cœnos, s'avança en différentes directions sur le territoire de la Sogdiane. Nous n'avons aucun renseignement sur le détail des opérations ; les auteurs disent seulement d'une manière générale qu'une partie des places fortes furent prises d'assaut et que les autres se soumirent volontairement; en peu de temps, la partie la plus importante du territoire transoxianique, la vallée du Polytimétos, fut de nouveau au pouvoir du roi, et les colonnes victorieuses, arrivant chacune de son côté, se réunirent à Maracanda. Cependant les montagnes de l'est et du nord étaient encore entre les mains de l'ennemi, et il était à supposer que Spitamène, qui s'était réfugié chez les hordes toujours prêtes au pillage des Massagètes, les entraînerait à de nouvelles incursions ; en même temps, il fallait user de tous les moyens pour mettre fm aussi promptement que possible, par une organisation nouvelle et énergique, à l'anarchie effrayante où se trouvait le pays, surtout pour aider et apaiser la population dispei^ée, sans abri et privée des choses les plus nécessaires. Héphestion reçut ensuite mission de fonder de nouvelles villes, d'y réunir les habitants des vil-

^) aCxoO £v Baxtpoiç uTîoXetuopLSvoç... xtqv ts yjopav Iv cpuXaxfj e;(£iv etc. (Arrian., IV, 16, 1). Bactres désigne la ville et non pas le pays, qu'Arrien (IV, 16, 4) nomme BaxTpiavVi. On a vu plus haut (p. 461, 2) pourquoi cet auToO ne peut pas désigner à la fois Bactres et Zariaspa considérées comme identiques.

i(i8 ALKXANDIU: A .MAUACANDA |II1, 2

laf^t's cl (le leur piocuier dtis moyens d'cxisLiîrKH; ', lan<lis (jui* (luMios cL ArLahazo s'avanraicnl roiilre les Scylhcs alin de s'emj)arer, si c'était possil)le, d(; la personne de Spitani^ne ; (juanl à Alexandre, il partit lui-nrieme avec le gros des troupes, pour achever la soumission du pays en prenant les uns après les autres les chûlcaux situés dans les montagnes. Il s'en empara sans grande peine, et revint à Maracanda pour y prendre du repos. De terribles événements devaient signaler le séjour (ju' il y fit.

Le vieil Arlabaze avait demandé à être (J^^chargé du service, et le roi, pour le remplacer, avait désigné comme satrape de Bactriane l'hipparque Clilos, Clitos« le Noir», comme on ra[)})elait. De grandes chasses, des festins remplissaient les journées. Un de ces jours était une fête de Dionysos, et le roi, dit-on, au lieu de la célébrer, fêta les Dioscures. Le dieu en fut irrité, et le roi se trouva ainsi chargé d'une faute grave, bien que les avertissements ne lui eussent pas manqué. Comme il avait reçu de beaux fruits qu'on avait envoyés de la mer, il invita Clitos à venir les manger avec lui. Clitos était siu' le point d'olTrir un sacrifice ; il le laissa^ et, tandis qu'il se rendait en toute hâte près du roi, trois brebis déjà aspergées pour le sacrifice coururent après lui. Aristandros interpréta cette circonstance comme un signe néfaste. Le roi avait donné l'ordre de sacrifier pour Clitos; il était doublement inquiet à son sujet, à cause d'un rêve étrange qu'il avait eu la nuit pré-

^) Strabon (XI, p. 517) dit qu'Alexandre a bâti huit villes en Sogdiane et en Bactriane : Justin (XII, 5) parle de douze. Quant aux six villes contiguës qui furent fondées, suivant Q. Curce (VII, 10, 15), à la place de Margiana (var. Margunia], on n'hésiterait pas à les reconnaître dans Merv-Shahidschan, la Basse -Merv, si l'on supposait qu'Arrien, distrait par le long épisode qui va de IV, 7, 3 à IV, 15, 7, a bien pu oublier cette expédition dirigée de Zariaspa vers le sud. Malheureusement, Q. Curce (VII, 10, 13-16) est si confus, qu'on ne peut tirer de lui rien de précis. Si l'on songe à l'importance d'un pays fertile comme la Margiane. placé juste au bord du désert — l'insciiption de Bisitoun montre quelles forces les révoltés y avaient mis sur pied contre Darius — il paraît presque impossible qu'Alexandre ait négligé d'y fonder une ville pour dominer la région : du reste, les anciens savaient qu'il avait fondé de ce côté une Alexandrie, qui fut plus tard détruite par les Barbares et rebâtie à neuf par Antiochus l^^ (Plin., VI, 16). Naturellement, Alexandre n'avait pas besoin pour cela de venir de sa personne en Margiane.

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