‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 102 sur 231 · OL. cxii^ 4] .meurtre de clitos · texte numérisé non relu

OL. cxii^ 4] .meurtre de clitos

cédente et dans lequel il avait vu Clitos vêtu de noir et assis entre les deux fils de Parménion couverts de sang.

Le soir, poursuit la narration, Clitos vint se mettre à table : le vin avait excité la gaieté des convives et la nuit s'avançait , on louait les hauts faits d'Alexandre ; il avait fait, disait-on, de plus grandes choses que les Dioscures, et Héraclès lui-même ne pouvait lui être comparé; ce n'était que l'envie qui refusait à Alexandre vivant les mêmes honneurs qu'on accordait à ces héros. Clitos était déjà échaufîe par le vin; l'entourage perse du roi, l'admiration excessive des plus jeunes, les flatteries efîrontées des sophistes et des rhéteurs helléniques que le roi souffrait près de lui l'agaçaient depuis longtemps déjà ; cette façon cavalière de parler des grands héros fit éclater sa mauvaise humeur : ce n'était pas ainsi qu'il convenait de céléhrer la gloire du roi ; ses gestes après tout n'étaient pas si fameux que le donnaient à entendre ces flatteurs, et une bonne part dé cette gloire revenait aux Macédoniens. Alexandre entendit avec déplaisir un langage si choquant dans la bouche d'un officier qu'il avait honoré plus que tous les autres; cependant il se tut. Le débat devenait de plus en plus bruyant ; les actions du roi Philippe furent également mises sur le tapis, et comme on prétendait qu'il n'avait rien fait de grand ni de remarquable et que toute sa gloire consistait à s'appeler le père d'Alexandre, Clitos se leva pour défendre le nom de son vieux roi, rabaisser les actions d'Alexandre, se louer, lui et les vieux stratèges, rappeler Parménion massacré et ses fils, féliciter tous ceux qui étaient tombés ou avaient été mis à mort avant d'avoir vu les Macédoniens fouettés avec des verges médiques et demandant à des Perses d'être admis en présence de leur roi. Plusieurs des vieux stratèges se levèrent, rappelèrent aux convenances l'officier échauffé par le vin et la passion, et cherchèrent vainement à apaiser l'agitation qui grandissait. Alexandre se tourna vers son voisin de table, qui était un Hellène, et lui dit : « N'est-il pas vrai que vous autres Hellènes, vous croyez être parmi les Macédoniens comme des demi-dieux au milieu d'animaux ? » Clitos cria plus fort; se tournant vers le roi, il lui dit à haute voix : « Cette main t'a sauvé au Granique ; pour toi, dis ce que tu voudras, et invite dorénavant à

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