MEURTRE DE (X1Ï08 |III
la lal)l(', non |)Iiis des lioniincs libres, mais des Barbares el (b'S esclaves (|iii haiscnl le IxM'd de hm v«*'lenienl el adorenl la eeinlnr»' à la mode j)erse ! » Alexandrene relinlplus sa colère ; il se leva poui" saisii* ses armes ; les amis les avaient (Milevé(;s: il cria en mar(''donien à ses liypaspisles de venger leur roi; aucun ne vini : il ordonna au Irompellede soimer l'alarme, cl, comme il n'obéissait pas. il lui donna un coup de poing sur le visage. On se comportait maintenant avec lui comme avec Darius lorsque, saisi et enlevé par Bessoset ses compagnons, il ne lui restait plus que le misérable titre de roi; et celui qui le trahissait, c'était cet homme qui lui était redevable de tout, ce Clitos! L'officier, que les amis avaientfait sortir, venait de rentrer à l'autre bout de la salle dans le moment où son nom était prononcé, u Clitos! le voilà, Alexandre! » Et il se mit à réciter les vers oi^i Euripide parle de l'injuste coutume qu'on a, tandis que l'armée « remporte la victoire au prix de son sang, de n'attribuer cependant le succès qu'au seul général, lequel trône du haut de son grade et méprise le peuple, lui qui cependant n'est rien * ! » Alexandre arracha alors une pique des maiîis d'un garde et la lança contre Clitos, qui aussitôt tomba mort à ses pieds. Les amis reculèrent épouvantés : la fureur du roi était tombée; le remords, la douleur, le désespoir s'étaient emparés de lui ; on dit que, retirant la javeline delà poitrine de Clitos, il l'appuya contre le sol pour se tuer sur le cadavre. Les amis le retinrent et le portèrent sur son lit. Il y resta pleurant, poussant des cris de douleur, répétant le nom de celui qu'il avait tué, le nom de Lanice, sa nourrice, sœur de sa victime: c'était donc ainsi que celui qui avait sucé son lait récompensait les soins qu'elle lui avait donnés ! ses fils étaient tombés en combattant pour lui, et de sa propre main il avait tué son frère ; il avait tué celui qui lui avait sauvé la vie! Il se rappelait le vieux Parménion et ses fils; il ne se lassait pas de s'accuser d'être le meurtrier de ses amis, de se maudire et d'appeler la mort. Pendant trois jours, il resta ainsi couché sur le cadavre de Clitos, renfermé dans sa
(EuRiPiD., Androm., 687).