‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 104 sur 231 · OL. cxii, 4] incursion de spitamène 47i · texte numérisé non relu

OL. cxii, 4] incursion de spitamène 47i

U'iite, sans dormir, sans boire eL sans mander; et quand l'épuisement lui eut enlevé la voix, on entendait encore sortir de sa tente de profonds soupirs. Les troupes, pleines dune vive inquiétude au sujet de leur roi, se réunissaient, portaient leur jugement sur la victime : à leur avis, c'était à bon droit que Clitos avait été tué. Alexandre ne les écoutait pas. Enfin les stratèges se hasardèrent à ouvrir sa tente ; ils le conjurèrent de se souvenir de son royaume et lui dirent que,d'après]es signes divinatoires, c'était Dionysos qui avait provoqué ce désastreux incident: ils parvinrent à la fin à tranquilliser le roi, qui donna l'ordre d'offrir des sacrifices au dieu courroucé.

Tellessont, dans leurspoints essentiels, les données fournies par nos sources; elles ne suffisent pas pour qu'on puisse .dire avec certitude de quelle manière arriva ce terrible événement, et moins encore pour qu'il soit possible d'établir, entre le meurtrier et la victime, la mesure de la culpabilité. Ce fut un acte terrible que celui auquel le roi se laissa entraîner par un accès de colère, mais il faut dire qu'il rencontrait pour la première fois et au complet dans Clitos l'irritation et la rébellion que sa volonté et ses actes avaient fait naître parmi ceux-là même dans la force et la fidélité desquels il devait se confier, le profond abîme qui le séparait de la manière de sentir des Macédoniens et des Hellènes. Il se repentit du meurtre ; il sacrifia aux dieux : les moralistes qui le condamnent négligent de nous dire ce qu'il aurait du faire de plus.

Tandis que ces événements se passaient à Maracanda, Spitamène avait encore fait une tentative pour pénétrer sur le territoire de la Bactriane. Il s'était réfugié parmi les Massagètes avec le reste de ses Sogdianiens et avait enrôlé parmi eux une troupe de six à huit cents cavaliers, puis il était apparu subitement à leur tête devant une des places fortes de la frontière, avait su attirer la garnison au dehors et l'avait surprise dans une embuscade. Le gouverneur de la place était lui-même tombé entre les mains des Scythes, et, tandis que la plupart de ses gens étaient restés sur le champ de bataille, il avait été pris et emmené. Enhardi par ce succès, Spitamène se présenta quelque jours après devant Zariaspa. La garnison de cette ville, à laquelle il faut ajouter les soldats qui étaient

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sortis (lu lazan^t après guérison et (jui élaicnt presque lousdes héta'res de la cavalerie, parut trop iuiportante pour qu'il fût [)rudeut de tenter un assaut ; les Massa^èles se retirèrent, mettant tout h feu et à sang- dans les champs et les villages des environs. Dès que Pitlion, (|ui était administrateur de la place *, et Aristonicos, le citliariste, en eurent connaissance, ils appelèrent aux armes les quatre-vingts cavaliers, les soldats sortis de Fhôpital et les jeunes nobles qui se trouvaient dans la ville, et sortirent à la hâte pour châtier les Barbares qui pillaient les alentours. Ceux-ci abandonnèrent leur butin et ne parvinrent qu'avec peine à s'échapper; un grand nombre furent pris ou tués. Gomme la petite troupe, fort satisfaite, se retirait vers la ville, Spitamène, qui s'était mis en embuscade, tomba sur elle avec une telle furie que les Macédoniens furent culbutés et que leur retraite fut presque coupée; sept hétseres et soixante mercenaires, parmi lesquels se trouvait le cithariste, restèrent sur la place; Pithon, grièvement blessé, resta aux mains de l'ennemi, et la ville ellemême faillit tomber au pouvoir des Barbares. Cratère fut promplement instruit de cet événement, mais les Scythes n'attendirent pas son arrivée; ils se retirèrent vers l'ouest, renforcés à chaque instant par de nouvelles troupes. Cratère les rejoignit à l'entrée du désert, et il s'ensuivit un combat opiniâtre : la victoire se décida enfin pour les Macédoniens ; Spitamène, après avoir perdu cent cinquante hommes, s'enfuit dans le désert, ce qui rendit dès lors toute poursuite impossible \

Des nouvelles de cette nature firent plus que les prières des amis ouïes consolations de flatteurs effrontés pour rappeler le roi à son devoir. On partit de Maracanda; Amyntas reçut la

*) 6 £u\ TTjç paaiXixrj? ÔepaTretaç ty); èv Zapiàduotç TeTay[Aévoç (Arrian., IV, 16, 6). Arrien paraît faire de lui simplement le préposé au service des malades.

^) Arrien ne dit pas où était Cratère, et en général, dans ces affaires de Sogdiane, il laisse bien des points à éclaircir. Peut-être Cratère avait-il le commandement en chef des quatre régiments laissés èv Bâx-rpoiç (Arrian., IV, 16, 1). On s'expliquerait ainsi qu'il soit maintenant à portée de poursuivre : du reste, l'hiver qui suit (328/7), on voit oi à[i.^\ Kpà-côpov rejoindre les cantonnements à Nautaca, au nord de l'Oxus.

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