OL. cxiii, 1] sisimithrès
satrapie de Bciclres, qui avait été destinée à Clitos; Gœnos resta avec son régiment, celui de Méléagre et quatre cents hommes de la cavalerie, avec tous les acontistes à cheval et autres troupes qu'Amyntas avait commandées jusqu'alors \ afin de couvrir la Sogdiane. Héphestion se rendit enBactriane avec un corps de troupes, pour pourvoir à l'entretien de l'armée pendant l'hiver" ; Alexandre se dirigea de sa personne vers Xenippa^ où un grand nombre d'insurgés s'étaient réfugiés. A la nouvelle de l'approche d'Alexandre, ces insurgés, chassés par les habitants qui ne voulaient pas mettre leurs biens en danger par une hospitalité inopportune, cherchèrent à frapper sur les Macédoniens un coup de surprise. Forts d'environ deux mille chevaux, ils se jetèrent sur une partie de l'armée macédonienne ; mais, après un combat longtemps incertain, ils furent obligés de plier; ils avaient perdu environ huit cents hommes, tant morts que prisonniers. Voyant leur nombre ainsi diminué, n'ayant plus ni chef, ni provisions, ils préfèrent se soumettre. Le roi se tourna alors contre la forteresse de Sisimithrès, construite sur un rocher « dans le pays bactrienS) ; il fallut de grands efforts pour en
*) xa\ oaot àXXot [XETà'AfX'jvxou ItaxÔToaav (Arrian., IV, 17, 3). Arrien n'a pas encore parlé de cet Amyntas fils de Nicolaos : on pourrait supposer que c'est lui qui est désigné un peu plus haut (IV, 15, 7) quand il est question ToO (TaxpâTrou offTt; auTotç liztxiiay.zo : mais Cœnos, qui le remplace, ne porte pas davantage le titre de satrape. Amyntas doit avoir été nommé à la place de Peucolaos, qui n'avait pas fait preuve de capacité dans son commandement militaire.
-) In regionem Bactrianam misit commeatum in hiemem paraturum (CuRT., VIII, 2, 13).
3) Q. Curce (VIII, 2, 14j est seul à parler de cette expédition. Son assertion : Scythis confims est regio, ne permet pas de déterminer l'emplacement de cette localité, que sans cela on pourrait chercher plutôt du côté de la Bactriane, quelque part dans les montagnes qui se trouvent au nord-est de Kesch.
*) Encore une expédition dont Arrien ne dit mot. Q. Curce (VIII, 2, 14. Cf. Strabon, XI, p. 517) raconte à ce propos deux particularités qu' Arrien fait figurer dans une autre occasion (IV, 21). Le nom de la région où se trouve ce chàteau-fort est d'une lecture douteuse dans les mss. de Q. Curce (Nausi, Nauram, Nauia) : on a imprimé Nautaca (VIII, 2, 19). Dans le sommaire qui comble la lacune du texte de Diodore (XVII, 83), on lit: (r-rpaxeia toO paaiXétoç £'.; TO'jç xaXou(X£vo"jç Na'JTaxaç xa\ çôopà ir^ç ô'Jva(j.£(oç Otto ttjç TtoXXyjç -^/j.o^o;,.
J'ai supposé autrefois que le nom fourni par Q. Curce désignait les monts
17 i MOHT m: SPITAM^.NK |III, 2
a|»prorli(M\ <M déplus ^raiwls ciicdir j)(»iii' pjY'partT rulla<jii('; mais Sisimilh^^s so reiidil avaril l'assaiil.
('('pondant Spitarnî'ne, avant d'avoir H6- compl^'tnnnont chassé des pays frontières par les snrrè.s ot los forces de l'ennomi, avait cru devoir faiie encore nne tenlalive contre la Soij^diane. A la lète de ceux (]iii s'étaient enfnis avec lui et avec trois mille cavaliers scyllies qu'attirait Tespoir dn bntin promis, il païut soudain devant Bag.iî, sur les confins de la Sogdiane, du côté du déseit des Massagètes*. Informé de cette invasion, Cœnos s'avança rapidement contre lui avec ses troupes, et les Scythes, après un sanglant combat et une })erte de huit cents hommes, furent contraints de se retirer. Les Soî^dianiens et les Bactriens, voyant échouer leur dernière tentative, abandonnèrent Spitamène pendant la déroute et vinrent, sous la conduite de Datapherne, se soumettre à Cœnos. Les Massairètes, trompés dans leur espoir de faire du butin en Sogdiane, pillèrent les tentes et les chariots des alliés qui les abandonnaient et s'enfuirent dans le désert avec Spitamène. A ce moment, la nouvelle se répandit qu'Alexandre était en marche pour pénétrer dans la steppe ; les Massagètes coupèrent alors la tète à Spitamène et l'envoyèrent au roi ^
La mort de cet adversaire aussi hardi que criminel fit disparaître les dernières inquiétudes; la tranquillité revint enfin dans le « Jardin de l'Orient », qui n'avait pas besoin d'autre chose pour refleurir après tant de combats et de ravages et pour retrouver son antique prospérité. L'hiver était arrivé; c'était le dernier qu'Alexandre avait l'intention de passer dans ces pays ; les différentes divisions de l'armée se réunirent à Nautaca pour y prendre leurs quartiers d'hiver. Les satrapes des contrées voisines, Phratapherne de Parthie et Stasanor
Naura et la petite ville du même nom, dont parlent des auteurs arabes {Geogr. minores, éd. Hudson, III, p. 31) : je suis d'avis aujourd'hui que la conjecture était un peu téméraire.
^) le Baya; '/^wpioy tTjç 2oyo:avr,ç o-/"jpbv £v jxîOop-'f») xr,; xe Soyôtavcov yr,ç xai xriç Maaaayexcov (ArriaN., IV, 17, 4).
2) Quinte-Curce donne une version différente et toute romanesque de la fin de ce partisan : d'après lui, c'est la femme de Spitamène qui lui coupe la tète et qui va la porter elle-même à Alexandre.
328/7: OL. cxiii, i] halte a nautaca 47o
d'Arie, qui, riiÎMi" prccédt'nl, lorsqu'ils s'élaient Irouvés à Zariaspa, avalent reçu diverses commissions, sans doute relatives à l'armée, vinrent à Nautaca. Phratapherne fut renvoyé avec mission de s'emparer d'Autophradate , satrape des Mardes et Tapuriens, qui commençait à mépriser d'une façon inquiétante les ordres d'Alexandre; quant à Stasanor, il retourna dans son pays. Atropatès fut envoyé en Médie, avec ordre de déposer le satrape Oxydâtes, qui s'était montré oublieux de son devoir, et de prendre sa place. Comme Mazseos était mort, Babylone elle-même reçut un nouveau satrape dans la personne de Stamèno. Sopolis, Ménidas et Epocillos allèrent en Macédoine pour en ramener des troupes K
Le séjour d'hiver à Nautaca semble avoir été employé à des préparatifs pour la campagne de Flnde, qu'Alexandre avait l'intention d'entreprendre vers l'été de Tannée suivante, aussitôt qu'il serait possible de traverserles hautes montagnes. Il y avait encore dans ces montagnes, du côté où se trouvait Alexandre, quelques forteresses oii s'étaient réfugiées les dernières forces des récalcitrants.
Dès le commencement du printemps % le roi s'avança contre le « rocher sogdianienS) sur lequel le Bactrien Oxyartès avait
1) Tr,v axpaTiàv Tr,v Èx Max£oov;aç cc-jzCo àvâEovTaç (Arriax., IV, 18, 3). L'article fait supposer qu'il s'agit de recrues régulières.
2) a[ia xù) f,pi aTîo^aivofxsvoi (Arrian.. IV, 18, 4), par conséquent vers le commencement de mars.
^) Ce château-forL est celui du Sogdien Arimaze, d après Q. Curce (VII, H. 1), d'Ariomaze et situé en Sogdiane d'après Polyœnos (IV, 3,29). C'est probablement le même que désigne Strabon ^XI, p. 517) quand il dit : xac TYiv £v T/j Xoyô'.âvY) (xa\) Tr,v xoû "Q^ou, oï ôl 'Apiajxâ^O'j cpacr;. Peut-être "l^^o'j n'est-il ici qu'une correction substituée à un "O^ou qui pourrait bien être un reste du mot 'O^-jâpTou. Arrien ne fournit aucun éclaircissement sur la topographie. A coup sur, la forteresse n'était pas, comme on a prétend\i le démontrer, entre Balk et Merv. La seule indication concernant l'emplacement, c'est que Strabon place le fort de Sisimithrès en Bactriane, et Quinte- Curce celui d'Arimaze en Sogdiane. Supposons que les chaînons qui partent des sommets neigeux de Hazreti-Soultânet de Kalai-Schirava dans la direction du sud-ouest et qui envoient leurs eaux à l'ouest dans la ri-vnère de Karschi, au sud dans î'Oxus, supposons, dis-je, que cette grande barrière naturelle ait formé la Hmite entre la Sogdiane et la Bactriane, on trouve sur ces confins des deux régions, à l'est et à l'ouest de la<( Porte de Fer », assez de locaUtés auxquelles pourrait s'appliquer la description de ce château-fort, comme on peut s'en convaincre aujourd'hui par la relation de Majev ; par exemple, du côté de la Bactriane, Derbent et Baisoun.
476 i-K ciiATKAii-FORT d'oxyartès |II1, 2
réuni srs ]);u'tisans, parco qu'il Umail la fortcrosse pour imprenable. VA\(\ clail pourvue de vivres pour un lonf^ siège, et la iirii;(^ (jui était tombée en abondance l'avait suffisamment pouivnc «l'can, en même lemps qu'elle avait rendu l'escalade, (lu rocber doublement périlleuse. Alexandre, arrivé devant la place, la fit sommer de se rendre, promettant de laisser sortir librement tous ceux qui s'y trouvaient. On lui répondit (ju'il n'avait qu'à chercber des soldats qui eussent des ailes. Résolu cà s'emparer de la forteresse, n'importe comment, le roi lit publier dans le camp par un héraut qu'il fallait escalader la pointe de rocher qui dominait la forteresse, et que douze prix étaient destinés à ceux qui y parviendraient les premiers : douze talents au premier, pour le douzième un talent, et la gloire pour tous ceux qui prendraient part à l'entreprise. Trois cents Macédoniens habitués à gravir les montagnes s'avancèrent et reçurent les instructions nécessaires ; ensuite chacun d'eux se munit de quelques piquets de fer semblables à ceux dont on fait usage pour les tentes, et de fortes cordes. Vers minuit, ils s'approchèrent de l'endroit du rocher qui était le plus escarpé, et qui par conséquent n'était pas gardé. D'abord ils gravirent avec peine ; bientôt commencèrent des murailles de rochers à pic, des couches de glace glissantes, des neiges sans adhérence ; à chaque pas croissaient la peine et le danger. Trente de ces intrépides furent précipités dans l'abîme; mais les autres atteignirent enfin le sommet aux premières lueurs du jour, et laissèrent flotter au vent leurs banderoles blanches. Dès qu'xA.lexandre aperçut le signal Qonvenu, il envoya de nouveau un héraut pour annoncer aux avant-postes ennemis qu'il avait trouvé les soldats ailés, qu'ils étaient au-dessus de leur tête et qu'il était impossible de continuer la résistance. Les Barbares, stupéfaits de voir que les Macédoniens avaient trouvé un chemin pour gravir le rocher, n'hésitèrent plus à se rendre, et Alexandre pénétra dans la forteresse. Un riche butin y tomba entre ses mains; parmi ce butin se trouvaient beaucoup de femmes et de filles de nobles Sogdianiens et Bactriens, et entre autres la belle Roxane, fille d'Oxyartès. Elle fut la première pour qui le roi s'éprit d'amour : il^dédaigna de faire valoir sur la prisonnière