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OL. cxiii, Ij le fort de choriène 47t

ses droits de vainqueur ; un mariage avec elle devait sceller la paix avec le pays. A cotte nouvelle, le père' de Roxane accourut auprès d'Alexandre, et la beauté de sa fille lui valut sa grâce.

Restait encore la forteresse de Choriène dans le pays de Pareetacène, région « montagneuse » de TOxus supérieur, oii plusieurs des rebelles s'étaient réfugiés. Les ravins boisés et impraticables qu'il fallait traverser étaient encore couverts d'une neige épaisse ; de fréquentes averses, le verglas, de terribles orages rendaient encore la marche plus pénible. L'ai'mée manquait des choses les plus nécessaires; un grand nombre de soldats périrent de froid ^ ; l'exemple du roi, qui partageait avec les siens et les privations et la fatigue, soutenait seul encore le courage des troupes. On raconte que le roi, un soir qu'il était assis au feu du bivouac pour se réchauffer, aperçut un vieux soldat engourdi par le froid, qui s'avançait en chancelant et comme sans savoir ce qu'il faisait, et qu'alors il se leva, lui prit ses armes et le fit asseoir sur sa chaise de campagne. Le vétéran, lorsqu'il eut reprit ses sens, reconnut son roi et se leva tout troublé. « Vois-tu, camarade », lui dit alors Alexandre en riant, « s'asseoir sur le siège du roi est une action qui mérite la mort chez les Perses ; mais toi, elle t'a rappelé à la vie ». Enfin on arriva devant la forteresse; elle était placée sur un rocher haut et escarpé, où l'on n'accédait que par un sentier étroit et difficile; de plus, un torrent rapide roulait au fond d'une gorge très profonde devant ce seul côté abordable. Alexandre, habitué à ne considérer aucune difficulté comme insurmontable, donna aussitôt l'ordre de couper des arbres dans les forêts de sapins qui couvraient les mon-

*) J'ai cherché autrefois, dans un article intitulé Alexanders Ziige in Turan (in Rhein. iNIuseum, 1833), à démontrer que cette Parœtacène pouvait être identifiée avec le pays de Vakhsch, et le rocher de Choriène avec la « forteresse ^\ c'est-à-dire Hissar. Sur cette Hissar, appelée aussi « la Joyeuse » (Hissar-Schadman) ou « la Haute » (Hissar-Bala) pour la distinguer de la Regar^de l'ouest ou « Basse-Hissar » (Hissar-Payan), on a maintenant des détails plus précis par l'expédition de Majev. Les extraits publiés par R. Kiepert montrent combien les environs immédiats sont pleins de torrents impétueux, de cirques de rochers, de gorges jusqu'au Vakhsch et jusqu'à l'escalier taillé dans le roc le long de l'étroit passage des eaux, escalier qui conduit au .< pont de pierre », Pouli-Sengi.

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laines (îiiviromianlrs et (rcii faire des éclicllcs, pour commcMivev par s'rmpaicr do la j^orj^o. On travailla iiuil et jour, ot, au j)rix d'iiiie |M'ine indicible, on arriva enliii au fond : au moyen de pilotis, on couvrit le lorreut d'un jdanciier ; on amoncela de la terre par-dessus; on remplit le ravin, et bien tôt les macbines uianœuvrèrent et lancèrent des j)rojectiles contre la forteresse. Cboriène, qui jusqu'alors avait regardé avec indillérence les travaux desxMacédoniens, comprit alors avec stnpcur combien il s'était trompé; la forme du roclier empêchait de faire une sortie contre les adversaires, et les Macédouiens étaient protégés par leurs tortues contre les projectiles qu'on leur lanc^ail d'en haut. Enfin, l'exemple des autres put le persuader qu'il était plus sur de s'entendre avec Alexandre que de pousser les choses à l'extrémité ; il demanda par un héraut à Alexandre de pouvoir s'aboucher avec Oxyartès,ce qui lui fut accordé, et Oxyartès sut lever facilement les dernières hésitations de son ancien compagnon d'armes. Cboriène parut donc, accompagné de quelques-uns de ses gens, devant Alexandre, qui le reçut de la façon la plus gracieuse et le félicita de confier plutôt son salut à un homme loyal qu'à un rocher. Il le retint près de lui dans sa tente, et lui demanda d'envoyer quelques uns de ceux qui l'avaient accompagné avec ordre de rendre la forteresse aux Macédoniens par un traité à l'amiable, promettant que le passé serait pardonné à tous ceux qui s'y trouvaient renfermés. Le lendemain, Alexandre, accompagné de cinq cents hypaspistes, monta lui-même visiter la place dont il admira la force, et rendit justice à Cboriène pour toutes les mesures de prudence et les dispositions qu'il avait prises en vue d'un long siège. Cboriène s'obligea à pourvoir l'armée de vivres pour deux mois, et fit distribuer par tentes aux troupes macédoniennes, qui avaient beaucoup souffert du froid et des privations pendant les derniers jours, du pain, du vin et de la viande salée prie sur les surabondantes provisions delà forteresse.

Alexandre rendit à Choriène la forteresse et le territoire environnant \ et il s'achemina lui-même vers Bactres, avec la

*) xa-. UTcapyo-v c'.vac ocriovTicp xai 7:pô(>03v (AbR1A.\., IV, 21, 9, Cf. IV, 21, 1

et ci-dessus, p. 445, t).Si Alexandre va du roc de Choriène à Bactres, le fait

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