‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 107 sur 231 · OL. cxiii, 1] la par^tacène · texte numérisé non relu

OL. cxiii, 1] la par^tacène

plus g^rande partie de l'armée, tandis qu'il envoyait Cratère plus loin avec 600 hommes de la cavalerie, avec son régiment et trois autres encore vers la Parai tacène, contre Catanès et Haustanès, les seuls révoltés qui restassent encore. Les Barbares furent défaits dans une sanglante bataille : Catanès fut tué; Haustanès, prisonnier, fut conduit devant Alexandre; le pays fut obligé de se soumettre, et bientôt Cratère vint avec ses troupes rejoindre le roi à 13actres \

Qu'on nous permette de revenir ici sur une remarque que nous avons faite plus haut ^; incertaine comme elle l'est, elle n'a d'autre but que d'appeler l'attention sur un point important pour l'intelligence des événements. Un écrivain postérieur, qui a travaillé d'après d'excellentes sources, donne, à l'occasion de la répartition des satrapies pendant l'été de 323, l'indication suivante : à savoir, qu'Oropios eut la royauté en Sogdiane, non comme un héritage paternel, mais en vertu d'une donation d'Alexandre; puis que, s'étant enfui à la suite d'une révolte, il perdit sa puissance, et que la Sogdiane revint de cette façon au satrape de Bactriane '\ Aucun autre écrivain ne mentionne cette circonstance ; mais, à la façon dont procèdent nos auteurs, ce n'est pas là un motif pour élever des doutes

semble indiquer que ce roc n'était pas au-dessus de Hissar dans la direction de l'est, et qu'Alexandre n'a pas suivi en descendant la rivière de Hissar (car alors il aurait marché de Khoulm sur l'Inde), mais qu'il est descendu dans la vallée du Sourkhân, a passé près de « l'ancienne forteresse de Termez », comme l'appelle Chereffeddin, et s'est dirigé, après avoir franchi rOxus, sur Balk {k Bàxxpa. Arrïan., IV, 22, I) ; il y fut rejoint ensuite par la colonne de Cratère (IV, 22, 2), et l'armée part enfin ex Bâxtpœv pour rinde (IV, 22. 3). Il faut prendre garde qu'Arrien, aussi bien à l'issue de la campagne qu'à l'entrée des troupes sur le territoire bactrien, ne mentionne que Ta Bâxxpa, tandis qu'ailleurs (IV, 1,5 IV, 7, 1. IV, 16. 6) il ne cite que Zap c'aaua.

*) Arrian., IV, 22, 1. Jusqu'où les troupes d'Alexandre ont-elles remonté dans l'intérieur du pays, c'est ce qu'il est dilficile de savoir. Marco Polo, Baber et d'autres rapportent que les princes de Badakschan et de Dervaz se vantaient de descendre de Sekander Filkoûs (Alexandre fils de Philippe). WoLFF, l'étonnant voyageur, en a entendu dire autant dans la Petite-Kaschgarie par les princes du pays {Asiat. Journal, 183ii. May. App. p. 15).

^) Voy. ci-dessus, p. 445.

^) Le passage de Dexippos est ainsi conçu... tV ôè Soyotavcov paaO.sîav

'Oprf'u'.oç sr/£v oO Ttâxptov e"/a)V àp-/r,v àXka ôovxoç aù-coO 'AXsIâvôpo-j • inû ôè Tu^r) xi4 a'jT(î) auv£7ie<Tcv è-TiavacîTâcrctoç a'iTÎav çpeûyovxt TrapaXuOrjvat xî); àpxrjç, etc.

Pour plus amples détails, voy. Hermès, XI, p. 463.

480 Î.A MAIir.FlK TRANSOXlANtOlIE IIII, 2

sur <'o rcns('i<^n('m('iit. Il n'esl j)liis possible de roconiiaître (|iiel nom se (•aclie sous celui d'Oropios, (jui est cerlainomenl eiToné; c'est, peul-êlre celui d'un de ces grands qui, aprîis une courageuse résistance, firent leur paix avec Alexandre el se soumirent, tels que ce Clioriènc * ou ce Sisimilhrès auquel, d'après le rapport de Q.-Curce, le roi rendit sa puissance en lui donnant même l'espérance d*en obtenir une plus 61endue^

Si ces observations sont jusles, c'est qu'alors Alexandre essaya ici, pour les Marches de son empire dans les contrées oxianiques, le même système que nous le verrons employer sur une plus grande échelle dans les contrées de l'Inde. La Sogdiane devient la marche Iransoxianiquc, sous un roi dépendant de l'empire; cette région, ainsi que les villes libres hellénistiques échelonnées jusqu'au Tanaïs et la grande satrapie de Bactriane, qui s'étend en arrière et qui comprend aussi la contrée populeuse de la Margiane, protègent à la fois et le côté de l'empire voisin des hordes errantes du désert, et les grandes routes dllécatompylos, d'Alexandrie d'Arie, celle de l'Inde qui traverse le Caucase et la route commerciale de la Haute- Asie par la Ferghana. On comprend pourquoi Alexandre ne voulut pas adjoindre à son royaume la Ferghana elle-même, le Khôkand actuel : il se contenta d'avoir par Khodjend le défilé en son pouvoir; l'annexion d'un autre territoire avancé n'aurait fait qu'affaiblir la frontière septentrionale de son empire et sa force défensive.

Deux ans s'étaient écoulés depuis qu'Alexandre était arrivé dans ces contrées et avait commencé une entreprise qui semblait avoir réussi d'autant plus complètement qu'on avait eu à surmonter de plus grandes difficultés. Cette entreprise avait coûté suffisamment de peines, de mesures sanglantes, de combats sans cesse renaissants contre des masses révoltées ^

^) Après avoir énuméré les fournitures considérables que Choriène fait à l'armée avec les provisions accumulées dans son fort, Arrien ajoute (IV, 2\ , 10) : £v6ev Iv tijjiy; {jlSXXov tw 'A)>e^àvSp(j) rjv wç où Tipoç ^tav (iôcXXov yj xaxà YV(j6|jLr,v evoouç xr,v Tréxpav,

2) Cf. ci-dessus, p. 444.

^) Diodore (Epit. XVII), compte jusqu'à une àTcoo-raatç xpÎTY) SoyStavojv. La defectio altéra de Qainte-Gurce (VIII, 2, 18) laisse deviner que son guide grec s'est servi de Clitarque avec beaucoup plus de liberté que Diodore.

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