‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 108 sur 231 · OL. cxin, J] uoxamc · texte numérisé non relu

OL. cxin, J] uoxamc

et conlrc l'insolonte résistance des seigneurs retranchés dans leurs forteresses au milieu des rochers. Maintenant la population était domptée, les seigneurs du pays châtiés, leurs forteresses détruites, et ceux qui enfin s'étaient soumis avaient reçu leur pardon. Un nombre considérable de nouvelles villes donnaient la force, l'appui et l'exemple à la vie hellénistique qui devait transformer même ces régions : on avait fondé une forme de gouvernement qui semblait répondre au tempérament particulier de ces contrées et à leur rôle militaire. Le mariage du roi avec la belle Roxane, la fille d'un de ces Peh- Icvanes de Sogdiane, fut alors célébré ^ et acheva cette grande œuvre. La première cause de cette alliance peut avoir été l'inrlination personnelle, mais ce fut tout autant une mesure de politique et comme un signe extérieur, un symbole de la fusion de l'Asie et de l'Europe, car Alexandre comprenait bien que cette fusion devait être la suite de ses victoires et la condition de la durée de ce qu'il voulait créer ; aussi cherchait-il à l'opérer graduellement dans un rayon de plus en plus étendu.

Il est vrai qu'il y avait des nécessités dont il fallait tenir grand compte dans cette entreprise, dans cette réalisation qui se poursuivait au fur et à mesure. Etant donné la nature des éléments qui devaient s'unir et se fondre, l'élément asiatique, moins souple, moins libre, mais plus fort par le poids des masses indolentes, devait d'abord l'emporter. Il fallait gagner cet élément, et, si la puissance occidentale ne voulait pas se contenter de le soumettre et de le dominer, mais voulait au

') Du moins, d'après Quinte-Curce (VIII, 4, 21), le mariage a lieu avant le retour à Bactres. Le nom corrompu Cohortanm pour Oxijarfes (ibid.) ne peut pas être défendu en invoquant la conjecture £v Xopxâvoj, substituée par Wesseling (in Plut., Vit. Alex., 47) à la leçon à'v tîv. -/ôpo) ou '/s/'^^'^*?^ qui paraît être celle des mss. Zumpt, du reste, en a déjà fait la remarque. D'après Quinte-Cjrce (VIII. 4, 25), au moment où trente jeunes fdles, parmi lesquelles Roxane, éclipsant toutes les autres par sa beauté, furent introduites au banquet de cérémonie, Alexandre, dans un soudain transport d'amour, \ta effusus est lit diceret', ad stahiliendum rejjmun pert'niere Persas et Macedones connubio jungiy hoc uno modo et pudorem victis et siiperbi'un victoribiis detrahi posse. Le sommaire de Diodore est moins brillant, mais probablement plus conforme à la substance du récit de Clitarque : m; 'A>i|avopoç... £Yr,[j.sv aijTr,v xai Ttov [■^'jdov uoXXojç ÏTZz'.(Jt Yr^\J.y.'. -à; xcov £7ïto-r,ixwv papodcptov Ouyaispaç.

\H'2 I.KS MACKDOMHNS {i||, 2

conirair*' rallirci' ri se lo «'(niciliiîr, il clail nùcessain' (|iic |,i manii'rodr voir, les préjui^és, losliabiLiidcs dos p(3Upl«!S (M'iciitaux in(li(]nass(Mil eux-mrincs la voie dans laquelle il i'allail, niaiclier [)onr Jiabiliier ces peuples à un j'éj^ime nouveau el leur apj)reudre à s'assimiler peu à jx'u la civilisation inliniment plus riclie cl i)lus développée des vainqueurs. De là celle j)oni[)e asiati<jue doul Alexandre s'enlourail; de là le coslume, à peu près semblable à celui des Mèdes, sous lequel il paraissait lorsqu'il n'élail pas sous les armes; de là le cérémonial el le luxe de la cour que TOrienlal demande à voir autour de ses maîtres, comme la « parure de l'Etat »; de là enfin la fable de la génération divine du roi, un conte dont il se moquait luimême avec ses intimes.

De leur côté, les Macédoniens, au milieu des ricbesses de l'Asie, de celle nouvelle vie pleine de merveilles dont chaque jour déversait sur eux les faveurs avec plus d'abondance, des continuelles fatigues du service des armes, de l'ivresse sans fin de la vicloire, de la gloire el delà domination, avaient perdu celle simplicité et ces goûts modestes dont, un siècle auparavant^ se moquaient encore les orateurs altiques ; l'enthousiasme pour leur roi, qui après comme avant combattait parmi eux, l'éclat merveilleux de son héroïsme, dont la splendeur se réfléchissait sur eux-mêmes, l'atlrait de la puissance, qui donnait à chacun dans sa sphère une haute opinion de luimême et le désir de nouveaux exploits, leur avaient fait oublier qu'ils auraient pu être des laboureurs et des bergers paisibles dans leur pays. Et dans la patrie elle-même, les bergers, les laboureurs, les habitants des villes, comme stupéfaits de voir leur petit pays élevé soudain au faîte de la gloire et de la grandeur historique, apprenaient vite, en entendant les merveilleux récils de ceux qui revenaient en Macédoine et en voyant les richesses de l'Asie affluer chez eux, à se considérer comme le premier peuple du monde ; la grandeur de la royauté que jadis ils avaient vue vivant près d'eux et familièrement avec eux sur un coin de terre croissait à l'infini, en proportion de la distance de Babylone, d'Ecbatane, de laBactriane et de l'Inde.

Le peuple des Hellènes enfin, — séparé sous le rapport géo-

Page 1