‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 110 sur 231 · OL. cxTTi, 1] l'entourage d'alexaxdre 48o · texte numérisé non relu

OL. cxTTi, 1] l'entourage d'alexaxdre 48o

puissance athénienne ? Est-ce que Thasos n'avait pas proposé en ambassade solennelle l'apothéose et l'érection d'un temple en l'honneur d' « Agésilas le Grand ' », ainsi qu'on le nommait ? Combien plus grandes n'étaient pas les actions d'Alexandre ? Callisthène citait sans scrupule dans son histoire l'oracle d'Ammon, qui avait désigné Alexandre comme le fils de Zens, et celui des Branchides de Milet, qui avait donné la même réponse -. Lorsque plus tard on proposa dans les États helléniques de lui décerner les honneurs divins, ce ne fut pas dans l'intérêt de la religion, mais bien par esprit de parti que la motion fut parfois rejetée.

Ceci posé, on peut se faire une idée approximative de l'entourage d'Alexandre. Ce mélange varié des intérêts les plus divers, le jeu dissimulé des rivalités et des intrigues, cette perpétuelle succession de festins et de combats, de fêtes et de fatigues, de superflu et de privations, de discipline rigoureuse en campagne et de jouissances effrénées dans les cantonnements, puis la marche en avant à travers des contrées sans cesse nouvelles, sans souci de l'avenir et sans rien d'assuré que le présent, tout se réunissait pour donner à l'entourage d'Alexandre cette physionomie aventureuse et fantastique qui convenait à l'éclat merveilleux de ses marches triomphales. A côté de sa personnalité prépondérante, peu d'individus se font distinguer parmi la foule; leurs rapports avec le roi constituent leur caractère^: tel est le noble Cratère, qui, dit-on, aimait le roi, et le doux Iléphestion, qui aimait Alexandre: tels le Lagide Ptolémée, serviteur dévoué et toujours prêt à faire son devoir, le paisible Cœnos, inébranlable dans sa fidélité, le revêche Lysimaque. Les types généraux sont plus connus ; on voit les nobles macédoniens aux allures militaires, arrogants, impérieux, orgueilleux jusqu'à en être cassants; les princes asiatiques cérémonieux, somptueusement vêtus ^

') Plut., Apophth. Lacan. [AgesiL, 25].

-) Callisthen., /"/"«gm. 36.

3j Alexandre s'emporta un jour contre Héphestion, qui s'était brouillé avec Cratère : il lui dit, suivant Pliitarque {Alex., 47), que, le jour où on lui enlèverait Alexandre, il ne serait plus rien, et qu'il était bien fou s'il ignorait cela .

4H(i (.AU.iSTFrKM: i:t anax \nni'i-: ||||, 2

jiassrs m.'iîlros dans les arts du luxe, <l(' rohsùquiosilc el do riiilrimic ; l(»s llellnnos, en |)arl,io, cmidoyrs dans le cabiin'l, du roi, roinmc- bjnni'iH^ de (lardia, ou 0('cup(;s à d'autres travaux tecluiiqucs; d'aulnîs ('laicnl des poî'tes, des artistes, des philosoplies i\ la suilr du roi, ([ui, même sous les armes, n'oubliait pas les Muscs et n'épargnait ni les présents, ni les faveurs, ni la condescendance pour distinguer ceux auxquels il enviait la gloire de la science.

Parmi les Hellènes qui suivaient Alexandre, on distinguait particulièrement doux lettrés qui, par un enchaînement singulier de circonstances, avaienl acquis une certaine importance dans les relations de la cour. L'un était l'Olynthicn C.allistbène, dont nous venons de parler; disciple et neveu du grand Aristote, qui l'avait envoyé à son royal élève, il accompagna le roi en Orient pour faire passer, en qualité de témDin oculaire, les hauts faits d'Alexandre à la postérité : on lui attribue cette parole, « qu'il était venu près d'Alexandre, non pour s'acquérir de la gloire, mais pour le rendre glorieux; que, si l'on devait croire un jour qu'il y avait dans Alexandre une nature divine, ce ne serait pas sur la foi des mensonges que débitait Olympias sur sa naissance, mais que cela dépendrait de ce qu'il dirait au monde dans son histoire » . Les fragments de cette œuvre montrent combien il a célébré le roi; en parlant de cette marche sur les grèves de Pamphylie rapportée plus haut \ il dit que les vagues de la mer s'abaissèrent comme pour faire l'adoration (7:pc7y.Jvr,(7'.ç) devant Alexandre; avant la bataille de Gaugamèle, il nous montre le roi levant les mains vers les dieux et s'écriant que, puisqu'il était le fils de Zeus, ils eussent à le soutenir et à décider la victoire en faveur des Hellènes. Sa haute éducation, son talent de narrateur, son maintien grave, lui donnaient même du prestige et de l'influence dans les cercles militaires. Anaxarque d'Abdère, r« eudémonique », était tout différent; c'était un homme du monde, toujours obséquieux envers le roi et lui étant souvent à charge. Un jour d'orage, on rapporte qu'il adressa cette question à Alexandre : « Est-ce donc toi qui tonnes, ô fils de

^) Voy. ci-dessus, p. 224,

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