OL. cxiii^ 1] conspiration des pages
expressément donné son adhésion à Vàproskipiésis. Selon un autre récit non moins remarquable, Lysimaque, le garde du corps, et deux autres auraient signalé au roi l'attitude dédaigneuse du sophiste ainsi que des aphorismes qu'il aurait émis sur le meurtre des tyrans, paroles auxquelles il fallait d'autant plus prendre garde que beaucoup de jeunes nobles s'attachaient à lui, écoutaient ses paroles comme des oracles et le considéraient comme le seul homme libre parmi les milliers de soldats de l'armée \
D'après une disposition qui datait du roi Philippe, les fils des nobles macédoniens, dès qu'ils étaient parvenus à l'adolescence, étaient appelés pour commencer leur carrière, en qualité d' « enfants royaux - », près de la personne du roi; au point de vue militaire, ils étaient ses gardes du corps; en campagne, ils formaient son escorte immédiate; ils avaient la garde de nuit dans son quartier, lui amenaient son cheval, et se tenaient autour de lui à table et à la chasse. Ils étaient sous sa surveillance directe ; lui seul pouvait les punir et prenait soin de leur éducation scientifique; c'était surtout pour eux qu'avaient été appelés les philosophes, les rhéteurs et les poètes qui accompagnaient Alexandre.
Parmi ces jeunes nobles se trouvait Hermolaos, fils de ce même Sopolis qui avait été envoyé de Nautaca en Macédoine pour y faire des recrues ^ Hermolaos, admirateur zélé de Callisthène et de sa philosophie, avait embrassé, parait-il, avec enthousiasme les opinions et tendances de son maître ;
^) Ces différentes versions se trouvent soit dans Arrien (IV, 12), soit dans Plutarque, Cf. C. Mûller, Script, de relus Alex., p.2sqq. Pour se faire une idée de la confusion qui règne dans cette histoire et de la façon dont elle a été falsifiée, il suffit de dire que, si l'on en croit Justin (XV, 3), ce Lysimaque qu'on cite ici comme un adversaire de Callisthène était au contraire le plus fidèle de ses amis, et qu'il a été pour ce motif jeté devant un lion par ordre du roi. C'est là une historiette dont Quinte-Curce (VIII, I, 17) fait bonne justice,
-) Hœc cohors velut seminarium ducum prxfectorumque apud Macedoncs fuit; hinc habuere posteri reyes, etc. (Curt., VIII, 6, 5).
3) Arrian., IV, 18, 3, Quinte-Curce (VIII, 7, 2) le mentionne comme étant encore présent au camp ; car il est à peu près certain que le père d'Hermolaos n'était autre que l'ancien commandant de l'escadron d'Amphipolis, actuellement Pun des hipparques de la cavalerie.
'i!)0 i.KS coNji ni^.s fin, 2
il voyait Jivcc un iiircoiilf^nlciiinil jiivénilo ce nirlan^i; <]r rrlriiKMil. perse; cl licllriiicpic cl la iiiisir k l'ccarl (li;s coii- Imnes maccdonicmics l'n jour de chasse, comme un sjni^lior eiilrail dans la vareiUK; cl se diii«^^eaiL du côlc où le roi, qui (raju'èsla coulumcilc hicour avait le ])remier coin), l'attendait avec sa lance, le jeune homme se permit de frapper le premier cl al)attit la hèle. Kn toute autre circonstance, le roi n'aurait peut-être pas fait at lent ion à cette infraction à la consi^'-ne, mais, comme le coupable était Ilermolaos, il pensa (pie la faute avait été commise à dessein, et il la punit avec une sévérité proportionnée, en faisant fouetter celui qui l'avait commise et en lui enlevant son cheval. Ilermolaos ne sentit j)as son tort; il ne sentit que l'oirense révoltante qui lui était faite. Son ami de cœur était Soslratos, fils du Tymphéen Amyntas qui, avec ses trois frères, avait été soupçonné de complicité dans le procès de Philotas et qui, pour prouver son innocence, avait cherché la mort dans un comhat; il s'ouvrit à ce Sostratos, lui disant qu'il était dégoûté de la vie s'il ne pouvait se venger. Sostratos fut facilement gagné: n'était-ce pas Alexandre qui déjà lui avait ravi son père et qui maintenant avait outragé son ami? Les deux jeunes gens mirent encore dans le secret quatre autres adolescents de la troupe des enfants nobles ; c'étaient Antipater, fils de l'Asclépiodore qui était devenu lieutenant de Syrie; Épimène, fils d'Arséas, Anticlès, fils de Théocrite, et le Thrace Philotas, fils de Carsis\ Us se concertèrent pour massacrer le roi pendant son sommeil, dans la nuit où Antipater serait de garde.
On raconte que, cette nuit-là, Alexandre avait soupe avec les amis et était resté plus longtemps que d'habitude dans leur compagnie. Il était plus de minuit, et le roi voulait se retirer, quandune devineresse syrienne qui le suivait depuis des années cl dont il avait d'abord fait peu de cas, mais qui, l'événement
1} ^I^iAfoTav ToO Kâpatoo; ToO 0jiax6; (Arrian. , IV, 13, 4). Était-il par hasard de la maison des princes de Thrace ? Quinte-Curce (VIII, 6, 7) ne donne que le nom de Philotas. C'est à ce Philotas, et non pas au fds de Parménion, que doit s'appliquer un passage où Arrien (IV, 10, 4) rapporte que, au dire de certains, Callisthène avait rappelé à Philotas les honneurs rendus à Athènes à la mémoire des tvrannicides.